Le destin des chevaux de course

Les chevaux réformés des courses sont majoritairement des Pur-Sang et des Trotteurs élevés par les Haras Nationaux. Pour pouvoir courir, les chevaux doivent obligatoirement passer des épreuves appelées qualifications. Ces épreuves consistent à courir une distance de 2000 mètres, au trot pour les trotteurs et au galop pour les galopeurs, en un temps limite de 2 minutes.

Elles sont mises en place par la Société du Cheval Fançais. Elles sont en quelques sortes, l'examen de passage du cheval de course afin d'obtenir son permis de courir. Il n'y a aucune prise de pari pour ces qualifications. Le cheval est donc disqualifié s'il manque de vitesse ou encore s'il prend le galop sur plus de 5 foulées (pour le trotteur). Si le cheval échoue, l'entraîneur pourra lui refaire passer une autre épreuve de qualification. Néanmoins, il faut savoir que, bien souvent, le cheval est réformé après son premier échec, donc un cheval réformé des courses l'est souvent jeune, entre 2 et 6 ans, et en pleine santé.

Réforme est souvent synonyme d'abattage !

Bien sûr, ce n'est pas le sort de tous... Pour la plupart, les juments sont vouées à la reproduction. Mais, que deviennent les mâles et hongres de modeste qualité, pour la plupart inclassables dans la filière hippique traditionnelle ? La responsabilité des propriétaires de chevaux de course est directement engagée. Celles des sociétés de courses aussi, car ce sont elles qui délivrent le droit de courir.

Alors, lorsque le cheval est disqualifié, les propriétaires le vendent aux abattoirs, et, en attendant leurs passages, le mettent dans un pré sans aucun soin, à l'abandon total. Les chevaux sont ensuite entassés dans les camions lorsqu'ils sont nombreux. Ils effectueront alors leur dernier trajet avant de finir dans nos assiettes.

En France, plus de 20 000 chevaux sont abattus pour la viande chaque année. Ce chiffre comprend les chevaux de trait, élevés majoritairement dans cette optique. Parmi les chevaux de courses envoyés à la boucherie, 80% sont des trotteurs âgés de moins de 10 ans et 20% des poulains de moins de 2 ans.

Il faut savoir que la consommation de viande équine comporte un risque de Trichinellose. C'est une maladie transmise à l'homme si la viande n'est pas bien cuite.

France Galop a créé un fonds de reconversion destiné à sauver des chevaux de course de l'abattoir. Le propriétaire s'acquitte d'une prise en charge minimum de 75 euro et offre le cheval à la Ligue Française de Protection du Cheval. Cette dernière évalue l'état du cheval et l'oriente vers une retraite définitive ou une reconversion en loisir.

Partenariat LFPC France Galop :
atteindre

Le monde des courses en Corse

Sur notre île, on compte quatre hippodromes : deux en Haute-Corse (Biguglia et Prunelli di Fiumorbu) et deux en Corse du Sud (Ajaccio et Zonza).
Pratiquement six courses par hippodrome se déroulent chaque année, soit 24 courses de Mars à Octobre. Environ 70 propriétaires y font courir leurs chevaux (67% de galopeurs et 33% de trotteurs).

L'équipe d'Equitable-Corse s'est rendue à l'hippodrome de Biguglia, le dimanche 13 septembre 2009, afin de mieux connaître les acteurs du monde des courses en Corse.

Nous avons été agréablement surpris par l'accueil qui nous a été réservé. Le directeur, M. Jacques Brouard, nous a soutenu dans nos démarches pour faire connaître l'association dans ce milieu et enquêter sur un panel représentant 22% des propriétaires qui ont, volontiers, répondu à notre questionnaire.
Nous avons même reçu des adhésions de professionnels de la filière désireux de soutenir notre combat contre la maltraitance des équidés...

Etaient présents 32 propriétaires (presque la moitié des propriétaires insulaires) : 69% de galopeurs et 31% de trotteurs; l'échantillon représentatif parfait !

Après dépouillement des 16 questionnaires remplis (soit 50% des acteurs présents), les conclusions sont les suivantes :

En conclusion, nous sommes plutôt satisfait des réponses apportées mais restons perplexes sur la provenance des chevaux envoyés à l'abattoir chaque année...

Ce qu'il faut retenir de cette étude, c'est que les réformés des courses de Corse doivent être achetés ou adoptés avant leur retour sur le continent où un triste sort les attend !

Equitable-Corse travaille actuellement à la mise en place d'un réseau de professionnels et de particuliers qui permettra, en mettant en relation les différents intervenants, de sauver des équidés de la boucherie.