n°14 - octobre 2010

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Editorial | Intervention du maréchal-ferrant | Un bel âge | La phrase du mois | Le jeu
Une course originale | La photo du mois | Actualité | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Voilà, c’est fait.

La première édition du concours d’endurance de Calvi-Calenzana s’est déroulée le 26 septembre.

De cette journée, je retiens avant tout un nombre qui nous a comblés : 71. C’était le nombre d’engagés. Comme, je l’imagine, tous les nouveaux organisateurs, nous avons passé le week-end précédent l’épreuve dans le stress, tout particulièrement concernant le nombre de concurrents en 60km et 90km. En effet, nous avions organisé notre concours sur deux boucles : une de 20km, l’autre de 30km. Et c’est justement la boucle de 30 km qui nous a causé le plus de soucis : elle traversait de nombreuses propriétés privées et comptait 26 portails, donc pratiquement autant de personnes à contacter pour obtenir les autorisations de passage… De plus, elle traversait ou empruntait des routes départementales et a donc nécessité la mobilisation de nombreux bénévoles et de moyens pour assurer la sécurité. Nous savions déjà que nous pouvions compter sur les engagements des clubs de Balagne sur 20km. La question se posait alors : s’il n’y avait pas d’engagés en 90km et peu en 60, ouvrions-nous quand même la boucle de 30km ou reportions-nous la course sur la boucle de 20 km ? Question vitre tranchée : par égard à tout le travail fourni sur ce parcours, notamment par Sandra, et par rapport au soutien reçu de la commune de Calenzana, il fallait l’ouvrir.

Au final, ces inquiétudes étaient inutiles : nous avions 2 engagés en 90 km et 10 en 60km. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont fait le déplacement et ont soutenu notre action, et merci pour leur tolérance envers notre manque d’expérience.

Je ne ferais pas le bilan sportif de ce concours. Je tiens plutôt à saluer l’accueil qui nous a été réservé tout au long des étapes de l’organisation. En commençant évidemment par les propriétaires du camping Paradella, qui ne nous connaissaient pas du tout et nous ont ouvert leurs portes en grand lorsque nous les avons sollicités, s’inquiétant constamment de savoir si nous avions besoin de quelque chose. C’est uniquement sur cette base que nous avons déposé notre date au calendrier (j’en profite pour remercier encore Thierry Angot d’avoir modifié la sienne).

Une fois les parcours reconnus, nous avons contacté les propriétaires des terrains les uns après les autres. Pour les bergers, la date n’était pas idéale car c’est la période de mise bas des brebis. Pourtant, tous ont accepté de parquer leurs bêtes ailleurs pour le déroulement de la course. Les chasseurs ont également joué le jeu en évitant le coin ce jour-là.

Quant aux bénévoles, prévus ou recrutés sur le tas (entre le site et le parcours, ils étaient plus de 60 !), je ne peux que les féliciter pour tout le travail accompli, leur patience (pas évident de passer la journée le long d’une route à attendre des chevaux qui passent toutes les trois heures ou d’aller enlever des balises quand la nuit est tombée) et leur bonne humeur. Avec une mention particulière pour Laurence, venue spécialement d’Ajaccio, même malade.

Merci, bien sûr, aux institutions, commerçants et entreprises qui nous ont soutenus financièrement, par le prêt de matériel ou en nous rendant service, parfois au pied levé.

A la parution de cet article, nous n’aurons pas encore fait notre débriefing. Nous savons que nous devons améliorer certaines choses mais nous avons vécu un beau concours et, au vu des sympathiques messages que vous avez pris la peine de nous faire parvenir, nous pensons avoir partagé ces bons moments avec vous. Merci à tous.

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Intervention du maréchal-ferrant

par Alexandre Azevedo

En août dernier, Carine Poletti est tombée par hasard sur un petit troupeau de chevaux dont l’un d’entre eux présentait une déformation au niveau d’un antérieur. Le propriétaire se trouvant sur place, elle s’est présentée à lui. Ce dernier ne connaissait pas notre association et cette rencontre tombait à pic : ce cheval avait été blessé, longtemps auparavant, par un autre cheval et, du fait de cette blessure, il ne posait plus son pied normalement et avait besoin d’un bon parage. Malheureusement, le cheval était assez sauvage et cette intervention était délicate. Il a donc sollicité notre aide. Carine s’est adressée à Alexandre Azevedo, maréchal-ferrant en Balagne, qui a immédiatement accepté de se déplacer.
Malgré le handicap résultant de cette blessure, impressionnant à voir, le cheval a sauté la clôture quand il a vu qu’on voulait l’attraper. Voici l’analyse d’Alexandre Azevedo, à qui Carine et son mari ont prêté main forte :

intervention maréchal-ferrant
Position du cheval quand il s’appuie sur ses deux membres

Le cheval ne semble pas souffrir, vu le mal qu’il nous a donné pour se laisser attraper.

Il présente une calcification osseuse de l’ensemble des os du genou. Toute la partie inférieure ne présente ni ossification, ni tare molle : tendon, boulet, paturon et boite cornée sont d’une constitution irréprochable.

intervention maréchal-ferrant
Sur la partie arrière, 5 centimètres de talon sont en trop (soit environ la moitié du talon)

En raison du choc et de l’apparition de cals osseux, l’articulation du genou ne s’ouvre plus que sur un angle de 150° environ. Il était donc impossible au cheval de poser le pied correctement : il devait poser la pince (partie avant du sabot) sur le sol, le talon, n’étant plus au contact du sol, ne pouvait s’user naturellement.

intervention maréchal-ferrant
En rouge : sole
En jaune : sillon circulaire (ligne blanche)
En bleu : surface d’usure de la boite cornée

Par chance, l’usure du pied n’atteint pas le bourrelet périoplique ou couronne (partie vivante du pied), ce qui aurait entraîné des complications.

intervention maréchal-ferrant

Sur cette photo, on se rend compte de l’usure du pied.

intervention maréchal-ferrant
Surface plantaire

On peut constater que le pied s’est usé jusqu’à la pointe de la fourchette.

intervention maréchal-ferrant
Il n’y pas d’heure pour s’occuper de nos dadas ! La nuit est tombée très vite, impossible de prendre une photo de toute l’avant-main.

Le membre s’est atrophié, principalement au niveau de la partie supérieure du scapulum (os de l’omoplate). Ce dernier a basculé sous le garrot. Le cheval présente, sur le membre opposé, une hypertrophie du biceps et du triceps brachial (développement surdimensionné), due à la sollicitation permanente pour soulager le membre malade.

Cet entier a, tout de même, le poil luisant et l’œil vif, signes de bonne santé. Malgré ses difficultés pour se déplacer, ce cheval corse, d’un joli modèle, continue à saillir en liberté ses compagnes et il a engendré quelques beaux poulains.

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Un bel âge

par Laetitia Taillade

Toutes les demandes d’interventions que nous recevons de débouchent pas forcément sur la découverte d’horreurs, heureusement.

Fin août, nous avons été contactés par une adhérente car une de ses connaissances, en vacances sur notre île, a vu un cheval très maigre et lui a fait parvenir la photo, avec quelques indications sur l’endroit où le voir, dans l’Extrême Sud.

cheval dans l'Extreme Sud

Nous y avons dépêché deux autres adhérentes qui ont eu un peu de mal à le trouver car il avait été déplacé. Il se trouvait désormais avec un autre cheval et un âne, tous deux apparemment en bonne santé et bien nourris. Elles ont été à la rencontre du propriétaire qui les a rassurées : le cheval maigre approche les 40 ans, ce qui explique son état physique. Malgré de bons soins (il avait reçu la visite du vétérinaire encore peu de temps avant) et la nourriture, il a fondu, ce qui n’est pas surprenant à cet âge-là. Ce qui est surprenant, en revanche, c’est sa longévité : l’espérance de vie d’un cheval se situe, en général, entre 20 et 30 ans.

Celui-ci est donc en fin de vie, mais tant qu’il mange et ne présente pas de signe de souffrance, ses propriétaires sont heureux.

Merci à toutes les personnes qui se sont mobilisées et restons vigilants : pas tous les équidés n’ont la chance de finir leur vie aussi paisiblement.

Le record de longévité chez un cheval est détenu par Old Billy (baptisé simplement Billy à sa naissance, renommé bien plus tard). Né à Woolston, en Angleterre, en 1760, il est mort le 27 novembre 1822, à l'âge de 62 ans, après une vie qui ne fut pas de tout repos, puisque passée à tracter des barges sur les chemins de halage.

La race de Billy est incertaine : il ressemblait à un Cob ou un Shire, noir avec une liste blanche. La seule image connue de lui est une lithographie de 1820, sur laquelle on le voit avec l’homme qui le connaissait depuis 59 ans. Deux ans après sa mort, sa tête aurait été exposée au musée de Manchester mais l’histoire ne dit pas ce qu’on a fait de cette tête pendant deux ans.

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La phrase du mois

Proverbe arabe

"Tout homme à cheval a un pied dans la tombe; mais il n'est de paradis qu'à cheval !".

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Le jeu, un indicateur de bien-être ou de mal-être ?

Publié par www.lacliniqueducheval.fr

Le jeu est un élément important de la vie du jeune mammifère, il fait partie intégrante des éléments de son développement comportemental. Des études réalisées chez plusieurs espèces montrent qu’une absence de jeu ou une diminution du temps consacré au jeu pendant le jeune âge est un indicateur potentiel de mal-être.

Le jeu, indicateur de bien-être chez le poulain

L’absence de jeu chez un jeune animal est également souvent observée lors d’attachement non « sécurisé », lorsque le jeune consacre toute son attention à sa mère et est par conséquent peu ouvert aux sollicitations de son environnement et de ses congénères. Ainsi, chez le poulain, des interférences autour de la naissance ou de la première tétée peuvent entraîner un attachement excessif à la mère et des fréquences de jeu plus faibles que chez les autres poulains. Mais si le jeu est un indicateur positif de bien être chez le jeune, qu'en est-il chez l’adulte ?

Un signal d'alerte chez les chevaux adultes

Divers études se sont intéressées à la fréquence du jeu chez les individus adultes. Il apparaît que les comportements de jeux sont plus nombreux dans certaines conditions : privation de nourriture chez le chat, remise en groupe après un isolement social pendant un certain temps (de jeunes chevaux maintenus seuls pendant leur développement social jouent plus que leurs congénères lors de la remise en contact social), forte densité… Ainsi, le jeu est plus fréquent chez les animaux captifs que chez les individus sauvages vivant en liberté. Ainsi, en milieu naturel, le jeu ne se rencontre régulièrement que jusqu’au stade de « jeune adulte », il reste occasionnel et limité à certains individus au stade adulte. De plus, le jeu peut également se transformer en comportement compulsif, comme le hamster qui tourne sans relâche sur sa roue dans sa cage… Plusieurs études ont été menées chez des poneys et des chevaux afin d’évaluer ce que reflète le jeu chez l’équidé adulte. Ces études indiquent que chez l’adulte, le jeu n’est pas un indicateur de bien-être et doit au contraire intriguer voire alerter : le cheval adulte joue-t-il par ennui (peu de fourrage, paddock vide, absence de congénère) ? Par stress social ? En raison d’un état physiologique dégradé ? Enfin, l’expression de jeu dans la relation homme-cheval doit inciter à la prudence, car on observe fréquemment dans la nature une transition rapide entre les « poursuites » et le passage à l’agression… Ainsi, si le jeu est un indicateur positif chez le jeune, il ne l’est pas chez le cheval adulte.

Source : M. Hausberger, C. Fureix, M. Bourjade et al, Le jeu : indicateur de bien-être ou de mal-être ? 36° journée de la recherche équine, 4 mars 2010, Paris.

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Une course originale

 

Depuis 7 ans, une course de chevaux bien particulière est organisée, en novembre, à Birmingham (Royaume-Uni) : la "Pantomime Horse Grand National", qui se court sans cheval !

Pour cette parodie de la célèbre course "Grand National" d'Antree, les concurrents, qui ont revêtu un déguisement comprenant la tenue de jockey et la monture en peluche, s'affrontent sur un parcours d'environ 550m, ponctué de ballots de paille à sauter, dans les rues du centre-ville.

course de Birmingham

course de Birmingham

Hommes ("colts") et femmes ("fillies") courent séparément. Les paris sont évidemment ouverts et les revenus de la manifestation, entrées, paris et sponsorings, sont reversées à des actions caritatives locales. L'édition 2009, remportée par James Bamber et son cheval "Hoof Hearted" pour les hommes et Nicki Mills montant "Spank The Donkey" (littéralement "fesser l'âne") pour les femmes, a permis de réunir 4000 £, soit environ 4700 €.

course de Birmingham

course de Birmingham

Equitable-Corse, qui souhaite organiser une course amateur, pourrait bien s'en inspirer, d'autant qu'aucune monture ne risque l'abattoir...

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La photo du mois

 

photo du mois

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Actualité

Publiée par la Voix du Nord, le 25 septembre 2010, transmise par la Conseil du Cheval en Corse

Suite au décès d'un cheval, une jeune entrepreneuse poursuivie pour maltraitance

La jeune locataire d'une ferme, 19 ans, a créé en octobre 2009 sur la commune de Licques une entreprise spécialisée dans la pension de chevaux. Son site internet, ainsi que les annonces passées parlent de débourrage de chevaux effectué avec douceur, de remise en confiance de l'animal, de pension dans des box individuels... Mercredi, la jeune femme devait répondre de maltraitance envers des animaux.

Un cheval mort

L'endroit est idyllique : une pâture de 4 000 m² et des boxes prévus pour accueillir deux, voire trois chevaux. Mais pas huit comme c'était le cas en comptant ceux appartenant à la propriétaire. Le tribunal parle de négligence, d'incompétence et se demande si la prévenue avait les capacités matérielles et financières pour s'occuper des chevaux.

Cette affaire est arrivée aux oreilles des services judiciaires suite au dépôt de plainte d'un propriétaire pour la mort de son cheval. Un cheval qui en l'espace de quelques mois avait perdu près de 300 kg et qui malgré l'intervention du vétérinaire n'a pu être sauvé. L'enquête de voisinage réalisée par les gendarmes accable la jeune femme : « Chevaux mal nourris », « conditions inacceptables », avec des propriétaires de chevaux qui ont retiré leur bête « parce qu'elle ne sortait jamais du box », « parce qu'elle était amaigrie »... Il aura fallu la mort d'un cheval pour que les services vétérinaires interviennent. Pour qu'ils trouvent déplorable l'accueil fait aux chevaux mais aussi les conditions faméliques des chiens et des chats de la propriétaire retrouvés dans leurs excréments.

La prévenue se défend. Elle reconnaît avoir laissé à l'abandon, faute de temps, les chiens et les chats. Mais pas les chevaux : « Je ne les ai jamais laissés sans nourriture, c'est faux. J'ai tout fait pour des bêtes que j'aime et respecte. J'ai toujours voulu faire en sorte que ma vie tourne dans l'univers du cheval. J'ai juste été débordée et ça, je me le reproche. » Interrogée sur la mort d'un cheval, elle explique que celui-ci « n'a pas eu l'intelligence de s'abriter et qu'il est mort, dans un orage, d'une crise cardiaque ».

Toutes les questions tournent autour de la jeunesse de la prévenue, du manque de diplôme et d'agrément spécifique. Face à elle, les parties civiles : le propriétaire du cheval, mais aussi la fondation Bardot, la ligue de la protection des animaux, la LPA, la fondation Stéphane Lamare, la société de défense des animaux et la société d'assistance aux animaux... Tout le monde est là et réclame 30 000 E.

Amateurisme

Le parquet parle d'amateurisme et d'incompétence dans un métier qui demande une connaissance très approfondie. La procureure demande une peine de quatre mois de prison avec sursis et l'obligation d'effectuer un travail d'intérêt général de 180 heures dans un délai de dix-huit mois (délibéré le 30 septembre). Pour la défense maître Hamani, qui demande la relaxe, estime « qu'il est facile aujourd'hui de crier aux loups. Mais au moment des faits, personne n'a levé le petit doigt pour lui venir en aide ou pour aviser les services compétents s'ils pensaient qu'il y avait maltraitance ! ».

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Dans la presse

publié par Cheval Magazine

parachute

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