n°19 - mars 2011

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Editorial | La Corse bien représentée à Avignon | Professions en danger | La phrase du mois
La viande chevaline en France | A suivre | La photo du mois | Félicitations | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Notre association a tenu sa deuxième assemblée générale récemment.

Le bilan moral met en évidence une baisse du nombre d'adhérents. Nous étions environ 150 à la fin de 2010 et plus que 80 fin janvier 2011. Parmi ces 80 membres, nous découvrons de nouveaux adhérents que nous ne connaissons pas encore, qui nous ont rejoints spontanément pour soutenir la seule association de protection des équidés en Corse. Et, chose surprenante, quelques uns vivent sur le continent.

C'est donc dans le renouvellement que le bât blesse. Certains sont peut-être déçus des résultats que nous obtenons, ou plutôt du manque de résultat dans certains cas. Il est vrai que nous n'avons pas toujours pu trouver de solution. Quand, par exemple, on nous signale un cheval dont les pieds sont très longs, qui se trouve loin de toute route, dans un lieu accessible uniquement par une piste (voire un sentier) défoncée, longue de plusieurs kilomètres, nous ne pouvons pas envoyer de maréchal-ferrant, malgré la bonne volonté de ceux à qui nous faisons appel.

Les cas d'équidés laissés en permanence à l'attache sont également très compliqués à résoudre.

En 2010, nous avons répondu à une dizaine de demandes d'interventions. Heureusement, il s'agissait souvent de fausses alertes. Nous avons fait intervenir deux maréchaux-ferrants. Nous avons fait adopter deux chevaux de plus de 25 ans et placé cinq chevaux pouvant être montés. Une jument est en famille d'accueil.

Plusieurs adoptants, à qui nous demandons systématiquement une adhésion à l'association, n'ont pas semblé bon de renouveler. C'est décevant car nous pensions que ces personnes étaient sensibles à la cause animale. Mais l'essentiel est qu'ils soignent correctement les chevaux qu'ils ont souhaité prendre en charge. Hors, depuis le début de l'année, on nous demande de replacer plusieurs de ces animaux pour diverses raisons. Nous n'avons pas à porter de jugement et le bien-être de ces équidés, et des autres, reste notre priorité mais notre moral s'en ressent.

La bonne nouvelle, c'est que, à la lecture du compte-rendu de l'assemblée faisant apparaître la baisse du nombre de membres, une adhérente de la région parisienne et sa fille ont décidé de se mobiliser pour Equitable-Corse en faisant connaître notre association autour d'elles. Elles nous ont déjà fait parvenir quatre nouvelles adhésions ! Grand merci pour cet exemple à suivre...

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La Corse bien représentée à Avignon

par Florence Leca

La 26ème édition de Cheval Passion a réuni plus de 1000 Chevaux et 100 000 passionnés d'équitation au parc des expositions d'Avignon.

La Corse a été représentée par 9 cavaliers de la Ferme Équestre Le Ranch Sagone, Jean-Marc Malatesta, Françoise Malatesta, Serena Malatesta, Alain Castellani, Sabine Laune, Christophe Laune, Claire Duval, François Moratti et Alexandra Panicali. Une équipe qui s'est démarquée à la Coupe Cheval Passion d'équitation western, l'épreuve de Barrel Racing a été remportée par une cavalière de talent, Françoise Malatesta qui a réalisé sa course en 15,77 secondes. Aux championnats du monde, les temps moyens sont de 14,80 à 15,50 secondes . Lors de l'épreuve de Pole Bending, l'équipe corse s'est imposée avec brio dans le classement, avec en deuxième position Jean-Marc Malatesta, en troisième position Alain Castellani et en cinquième position Christophe Laune.

les cavaliers corses
Les cavaliers corses

Françoise Malatesta
Françoise Malatesta

Tri du bétail
Tri du bétail

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Les professions de dentiste équin et d’ostéopathe équin en danger

Transmis par Joël Poli

Communiqué de la Fédération Européenne de Ostéopathe pour Animaux (FEOA)

Le Conseil des Ministres français a adopté, le 19 janvier dernier, une ordonnance relative aux conditions dans lesquelles certains actes peuvent être réalisés par des personnes n’ayant pas la qualité de vétérinaire. Ce texte redéfinit le champ de l’exercice de la médecine et de la chirurgie des animaux.

Mais cette ordonnance prévoit une redéfinition excessivement large et floue de l’acte de médecine des animaux en prévoyant que « … on entend par : acte de médecine des animaux, tout acte ayant pour objet de déterminer l’état PHYSIOLOGIQUE d’un animal ou d’un groupe d’animaux, ou son état de santé, de diagnostiquer une maladie, y compris COMPORTEMENTALE… » !!! Or, cette définition repose sur une profonde contradiction puisque l’état physiologique, c’est-à-dire la science du physique, se distingue radicalement du traitement et du diagnostic de la maladie, qui relèvent de la pathologie, soit de la science des maladies. La physiologie, qu’elle soit de la reproduction ou de la nutrition, est une science zootechnique. Par cette ordonnance, les vétérinaires s’approprient donc le monopole de ces actes zootechniques.

Le danger d’une telle définition est le risque d’exclusion des différents prestataires de services indispensables à la filière, tels que les dentistes équins, ostéopathes, comportementalistes … Elle prive le monde du cheval du libre choix de son praticien. Une ordonnance entrant en vigueur dès sa publication mais ne prenant valeur législative qu’après sa ratification, la filière entend attirer l’attention des pouvoirs publics, non seulement sur l’incohérence et les dangers d’insécurité juridique d’une définition de l’acte de médecine des animaux reposant sur la notion d’état physiologique, mais sur les abus d’une telle situation de monopole : la mort annoncée de métiers indispensables à la filière et la perte des libertés individuelles des amoureux des chevaux.

Nous conclurons ce communiqué en faisant part de nos inquiétudes sur le bien fondé de cette manoeuvre monopolistique, dont les motivations profondes semblent être assez éloignées du bien être de l’animal, à en croire cet extrait du compte-rendu de la réunion de la commission « Exercice illégal et Ostéopathie », en date du 25 mars 2005, au siège du Conseil de l’Ordre des Vétérinaires : « …il semble y avoir un enjeu économique important dans la pratique de l’ostéopathie… il va falloir persuader le ministère d’un enjeu aujourd’hui très mal appréhendé… »

Une polémique entretenue

Certains vétérinaires affirment que l'entretien des dents de chevaux est de leur seule compétence et que l'intervention d'un dentiste équin relève de l'exercice illégal de la médecine vétérinaire (les nôtres, faute de temps, laissent volontiers cet acte aux dentistes équins). Pourtant, dès lors que le dentiste équin ne pratique pas de chirurgie ni de sédation, l’entretien dentaire courant sur les dents des chevaux n'est pas illégal, comme tendent à le prouver deux jugements rendus suite à des plaintes engagées par les instances vétérinaires, l’un en Belgique, l’autre en France :

« … les activités qui sont limitées à l’entretien habituel des animaux telles la régularisation de la table dentaire d’un cheval par la technique du râpage ou le détartrage, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’administration de médicaments ou à une intervention chirurgicale. »
Cour d’Appel de Liège, le 05/11/2008

« Il résulte, tant de l’instruction que des débats que l’activité de dentiste équin consiste, non pas à soigner des pathologies mais à entretenir la dentition des chevaux par le nivellement de ses dents et l’enlèvement d’éventuelles surdents ou dents de loups.
Ces actes qui entrent dans la catégorie des actes de soins, d’hygiène et de confort courant, comme ceux pratiqués par les maréchaux-ferrant dans le cadre des opérations habituelles de parages de pied, ne sont pas des actes de nature médicale relevant du monopole vétérinaire. »

Tribunal de Grande Instance de Caen, 21/08/2009

Pétition

L'ACMV (Association Contre le Monopole Vétérinaire)a lancé une pétition contre le monopole vétérinaire sur son site :
http://www.nonaumonopoleveterinaire.com/

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La phrase du mois

par Duc de Newcastle

"L'art doit toujours suivre la nature et jamais ne s'y opposer"

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La viande chevaline en France

Extrait d'un article signé Bertrand Neveux, publié par le Bulletin de la LFPC, 1er trimestre 2011.

Il est difficile de se faire une idée du marché de la viande chevaline en France. Et pourtant, certaines données permettent de mieux cerner cette filière : 33 824 équidés ont été abattus en 1999, 15 465 en 2009. Sur 16 060 chevaux de traits nés en France en 2008, 90% ont été exportés vifs, 2% sont devenus des chevaux de loisirs et 1 285 ont été abattus en France pour leur viande (sur un total de 16 068 abattages).

35% des chevaux abattus en France sont d'origine française. Cela permet d'estimer à quelques 4 000 les réformés destinés à la boucherie française. Cela ne comprend donc pas les exportations de chevaux réformés vivants.

En outre,la France a importé, en 2009, 83 000 carcasses.

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A suivre

par Laetitia Taillade

Laetitia Cenni fait partie des lauréats du concours Equidéfi 2010, dans la catégorie "Recherche et Développement d'entreprise". Son projet, baptisé Equiortie, est de développer une gamme d'alimentation biologique à base d'ortie cultivée à destination des équins.

Cette jeune éleveuse de Pur-Sang Arabes a pour but de produire des chevaux de qualité grâce à des méthodes naturelles.

Ainsi, dans son élevage normand, les étalons vivent en prairie tout au long de l'année avec les juments. Ils détectent eux-mêmes le moment propice pour les saillies, assistent parfois aux naissances, protègent et éduquent leur progéniture.

Cet intérêt pour les méthodes naturelles l'a amenée à explorer de nouvelles pistes concernant l'alimentation des équidés. C'est ainsi qu'elle a redécouvert les vertus de l'ortie, Urtica dioïca. Selon Laetitia Cenni, "c'est un aliment très riche, qui contient beaucoup de protéines, comme la viande. En tant que complément alimentaire, il peut se substituer en partie aux aliments industriels, composés essentiellement de céréales. Il permet de prévenir des maladies et d'améliorer les performances du cheval, grâce, entre autres, à une meilleure production de lait chez la jument et des vertus de tonique sanguin."

ortie

Dans son élevage, elle cueille, broie et fait sécher les orties sauvages qui sont distribuées en fourrage complémentaire à ses chevaux.

A printemps prochain, elle devrait démarrer une culture biologique d'orties dont la première récolte se fera l'année prochaine.

Elevage Alifa Arabians
sources : Ouest France
La Manche libre

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La photo du mois

 

photo du mois

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Félicitations

par sandra Mazzoni

Le travail de notre amie cavalière et apicultrice Anne-Marie Graziani a été récompensé au dernier salon de l'agriculture puisque son miel de châtaigner AOP Corse, Sole d'Apa, a obtenu une médaille d'or au concours général. Bravo !

miel

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Dans la presse

publié par JSSNews.com le 22 février 2011

Les chevaux, victimes oubliées de la révolution d’Egypte

Il y a plus de dix jours que les Egyptiens ont réussi à se déchaîner d’une dictature vieille de 30 ans, après des semaines de rassemblement sur la place Tahrir pour dire à Moubarak de laisser la place. Selon Human Rights Watch, un peu moins de 300 manifestants ont été tués au cours de la révolte… Mais d’autres victimes ne sont jamais comptabilisées. C’est le cas des chevaux: environ 3000 d’entre eux, exploités et d’habitude mal nourris, ont été abandonnés à leur sort ou ont été retrouvés morts, après la révolution !

La Société Egyptienne de la Miséricorde envers les Animaux (ESMA), une sorte de SPA locale, a constaté que “quelques 3000 chevaux utilisés pour transporter les touristes vers les pyramides ont souffert ou sont morts, depuis que leurs propriétaires n’avaient plus les moyens d’acheter de quoi nourrir ces animaux.”

Puisque les protestations ont perturbé l’industrie du tourisme, beaucoup de propriétaires, dont la seule source de revenu étaient les chevaux, ont donc dû abandonner leurs animaux au profit de la révolution. Résultat: des centaines de chevaux morts de faim, eux-même dévorés par les rats de la ville.

L’ESMA explique par ailleurs que “de nombreuses routes ont été bloquées au Caire au cours des manifestations du Caire. Ainsi, de nombreux propriétaires qui pouvaient nourrir leurs animaux n’ont pas pu se déplacer pour faires les quelques centaines de mètres qui les séparaient des écuries.”

L’association de défense des animaux rapporte même qu’un “cimetière de fortune” à été créé pour ces chevaux. “Déjà plus de 50 d’entre eux ont été enterrés. Et c’est sans compter un nombre important de chameaux morts de faim. Mais le plus pénible, cela reste les poulains morts à côtés des juments.” explique l’ESMA.

Un bénévole de l’association, a expliqué avoir besoin d’argent pour aider à soigner et nourrir ces bêtes. “Nous avons déjà remis 450 seaux de nourriture à ces animaux. Ils attendaient tous en ligne. A la queue-leu-leu. Cela fait vraiment de la peine à voir. La situation est catastrophique!”

Et c’est sans parler des actes de cruauté que certains chevaux ont subis. Lors de la révolution, des pro-Moubarak, à cheval, ont traversé la foule. Les manifestants ont fait tomber les cavaliers et ont battu, à mort, les chevaux.

Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

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