n°20 - avril 2011

tous les numéros d'é-kilibre fleche lien

Editorial | Petites erreurs alimentaires à éviter… | Asinerie | La phrase du mois
Endurance  vue des coulisses | La photo du mois | La médecine naturelle menacée | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Lorsque nous plaçons un équidé, nous demandons à son nouveau propriétaire de signer un contrat par lequel il s'engage envers l'association. Nous avons deux types de contrat : un contrat d'adoption, dans le cas des chevaux donnés à l'adoption (équidés abandonnés, équidés retraités replacés à la demande de leur ancien propriétaire...) et un contrat de suivi dans le cas d'équidés vendus par leur ancien propriétaire par notre intermédiaire. En général, il s'agit de chevaux, réformés des courses ou pas, destinés à la boucherie et cédés au prix de la viande.

Dans les deux contrats, le nouveau propriétaire s'engage notamment à bien traiter l'équidé et lui apporter tous les soins nécessaires. Il nous autorise à rendre visite à l'équidé à tout moment pour vérification. Nous lui demandons également de cocher la case "n'est pas destiné à l'abattage pour la consommation humaine" lors de demande de carte d'immatriculation, afin que l'équidé ne puisse plus être envoyé à l'abattoir.

Le contrat d'adoption stipule que l'animal ne pourra être cédé sans notre accord et nous donne le droit de le reprendre en cas de mauvais traitements.

Le contrat de suivi précise, lui, que l'association devra être informée en cas de vente de l'équidé et que le nouvel acquéreur devra signer le même contrat.

Toutes les associations de protection animale s'appuient sur ce type de documents. Nous avons eu l'occasion récemment de prendre connaissance de celui que fait signer une association sur le continent qui est beaucoup plus restrictif : il stipule que le cheval ne devra pas être utilisé dans un but lucratif, qu'il ne pourra, en aucun cas, être revendu, échangé ni faire de la reproduction. Il devra aussi être parqué près du lieu d'habitation.

Partant simplement du principe que les personnes qui s'adressent à Equitable-Corse pour adopter ou acquérir un équidé, donc par là-même participer à son sauvetage, sont sensibles à la cause animale, nous sommes surpris par le fait que certains acquéreurs rechignent à signer le contrat de suivi : s'ils s'engagent à bien traiter l'équidé qu'ils ont sauvé, il nous semble naturel que, s'ils sont amenés à le revendre, le bien-être de l'animal chez son nouveau propriétaire soit toujours une priorité pour eux...

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Petites erreurs alimentaires à éviter…

par Cécile Challulau, vétérinaire

Un petit récapitulatif de l'appareil digestif du cheval : c'est un herbivore monogastrique, c'est-à-dire qu'il n’est fait que pour manger des végétaux et qu'il n'a qu'un seul estomac, à la différence des autres herbivores, les ruminants.

Le régime alimentaire du cheval sauvage se limite à manger de l'herbe, des feuilles d'arbustes, des fruits s'il en trouve, des mousses et des lichens s'il n'a rien d'autre. Le cheval sauvage mange toute la journée et une partie de la nuit. Il a un petit estomac et est obligé de faire plusieurs petits repas dans la journée.

Nos chevaux domestiques, chevaux de sport, de balade , de course, ont été sélectionnés génétiquement pour les besoins de l'homme. De ce fait, un cheval de course, Pur-Sang ou Anglo-Arabe, n'aura pas les mêmes besoins alimentaires qu'un cheval corse !

L'erreur principale à ne pas commettre est de nourrir un cheval rustique comme un cheval de course, ce qui l’amènerait vers l'obésité avec tous les problèmes que cela engendre, sans parler du plus gros risque : la fourbure par accumulation de toxines.

Ce cas est fréquent chez les ânes et mulets qui servent de "tondeuse" : en croyant leur faire du bien, on les sur-nourrit et on les rend obèses.

Le cas inverse est de sous-alimenter un "réformé des courses", trotteur ou galopeur … Ces chevaux sont créés pour être de grand sportifs, avec une alimentation très énergétique pour palier leur métabolisme très élevé . Croire qu'acheter "au prix de la viande" un réformé pour le sauver de la boucherie et le laisser se débrouiller dans un terrain plus ou moins nourrissant en pensant qu'il aura échappé au pire est une erreur. Ces chevaux ont besoin d'une nourriture adaptée et, surtout, d'un entretien sportif quotidien minimum. Le longer 20 à 30 minutes par jour pourrait être suffisant. J’insiste sur le fait que nourrir correctement ce type de chevaux ne suffit pas !

"Récupérer" un cheval maigre est délicat. Le nourrir sans faire de visite de contrôle peut lui être fatal, il faut se poser les bonnes questions, se demander pourquoi il est maigre, et, surtout, ne pas vouloir le faire regrossir trop vite.

Un cheval avec des surdents ou pointes dentaires ne pourra pas prendre beaucoup d’état par rapport à la quantité de nourriture que l'on peut lui donner. De même, s'il n'est pas vermifugé, vous nourrirez plus les vers que le cheval. Attention, un cheval qui n'a jamais été vermifugé est à vermifuger avec précautions !

Je rappelle que le cheval a un petit estomac. Lui donner à manger plusieurs fois par jour est donc plus adapté à sa physiologie qu'un seul gros repas : le cheval n'est pas un gros chien !

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Asinerie

par Laetitia Taillade

L'asinerie de notre dynamique adhérente Paule Schlemaire, Alta Rocc'ânes, a depuis peu son site internet. Vous y retrouverez ses compagnons aux grandes oreilles ainsi que tous les services qu'ils sont prêts à rendre.

http://www.altaroccanes.com/

Alta Rocc'anes

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La phrase du mois

par Salomon de la Broue, écuyer ordinaire de la Grande écurie du roi, auteur du premier traité d'équitation en français (1593)

"Le libre consentement du cheval amène plus de commodités que les remèdes par lesquels on tâche de le contraindre"

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Endurance  vue des coulisses

par Laetitia Taillade

Les 12 et 13 mars derniers avait lieu la première édition du raid équestre international "I tre fiume" organisé par Zappa Horse Endurance, à Sainte-Lucie de Porto-Vecchio, fortement gâché par la pluie diluvienne qui a contraint les organisateurs à annuler la deuxième journée, celle de la CEI*et de l'épreuve Amateur grand prix 90km.

Je ne reviendrai pas sur l'aspect sportif de la course, mais plutôt sur le concours que j'ai vécu en tant que bénévole.

Je me doutais bien qu'une CEI** de 130 km demandait beaucoup de travail et mobilisait bien du monde, rien que pour ouvrir, nettoyer et baliser les quatre boucles que les concurrents devaient parcourir dans la journée. Mais, dès mon arrivée, j'ai été impressionnée par les moyens, humains et techniques, mis en œuvre.

Côté officiels, on comptait un juge international (italien), assisté de deux juges nationaux, une déléguée technique (italienne), un steward, un speaker et pas moins de huit vétérinaires (six pour les contrôles de l'aire véto, un pour les soins, un pour les contrôles anti-dopage).

Côté technique, une équipe de spécialistes autrichiens gérait le chronométrage et l'informatique, tandis qu'une équipe de sonorisation se chargeait de la musique. A chaque arrivée, les concurrents se voyaient délivrer un ticket avec code barre contenant toutes les informations sur les horaires, code barre lu et enregistré à leur entrée dans l'aire vétérinaire.

Mais je devrais plutôt dire "les aires vétérinaires" car un deuxième site avait été mis en place, pour les arrivées des deuxième et troisième boucles. Dès que le dernier concurrent a pris le départ de la deuxième boucle, officiels, techniciens, maréchal-ferrant et bénévoles ont migré sur ce site délocalisé où nous attendait la pluie. En tant que secrétaire vétérinaire, je faisais partie du voyage et je dois remercier "nos" vétérinaires d'avoir eu pitié de nous : pour que nous puissions noter les résultats sans que nos papiers ne se transforment en éponges, ils laissaient certaines à l'abri d'une tente et affrontaient seuls la pluie. Très élégante avec son sac plastique sur la tête, Cécile Challulau, accompagnait les autres secrétaires pour les abriter sous un parapluie (message personnel à l'attention de Cécile : j'ai hésité, mais je ne diffuserai pas la photo).

Un petit coup de chapeau à Amélia et Lisa, qui se sont portées très efficacement au secours d'un 4x4 ensablé alors que nous nous contentions d'observer les vaines manœuvres du conducteur.

Vous l'aurez compris, j'ai particulièrement apprécié la bonne ambiance qui régnait au sein du pool vétérinaire.

Pour en savoir plus sur l'épreuve en elle-même, je vous invite à visiter le site internet www.zappahorse.com sur lequel vous pouvez visionner le film tourné sur le parcours.

Endurance
image extraite du film de Muriel Bottati

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La photo du mois

 

photo du mois

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La médecine naturelle menacée

extrait du site www.defensemedecinenaturelle.eu

Après le 30 avril 2011, de nombreux produits et compléments alimentaires à base de plantes vont devenir illégaux en France.

Pourquoi ? Parce qu'une nouvelle directive européenne, la THMPD (Traditional Herbal Medicinal Products Directive) va être transposée en droit français.

Cette directive impose aux produits thérapeutiques à base de plantes de passer par une procédure d'agrément simplifiée par rapport aux médicaments normaux, mais néanmoins extrêmement lourde pour des petits producteurs qui n'ont pas les moyens financiers, ni les bataillons d'avocats des grands groupes pharmaceutiques.

Cette directive, qui date de 2004, a déjà été partiellement transposée dans notre droit en 2008, en imposant cette procédure aux nouveaux produits entrant sur le marché européen.

La Médecine traditionnelle Chinoise (MTC) et l'Ayurveda (médecine indienne), ont été particulièrement touchés. Les patients et citoyens européens ont été privés de centaines de produits, qui auraient pu potentiellement soigner leurs maladies, sans qu'ils s'en aperçoivent.

Mais cette directive épargnait jusqu'à présent les produits qui étaient déjà commercialisés depuis longtemps sur notre continent, en particulier évidemment les plantes européennes bien connues.

Or, à partir du 30 avril, tous les produits à base de plantes, et portant des allégations thérapeutiques, même reconnues depuis des centaines ou des milliers d'années, vont devoir passer par cette procédure. On estime que cela coûtera aux fabricants entre 100 000 et 150 000 euros de faire agréer un seul produit.

Sans aucun doute, des centaines, voire des milliers de plantes vont disparaître des rayons des distributeurs. Et pour quel bénéfice ? A qui profite le « crime » ?

Toujours est-il que les multinationales pharmaceutiques peuvent se frotter les mains.

C'est pourquoi des patients et des citoyens se sont organisés pour résister et nous avons lancé une pétition que vous pouvez signer.

Pour signer la pétition, cliquer ici

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Dans la presse

publié par leparisien.fr le 23 février 2011

Et maintenant, le gaz de fumier de cheval !

A Ecuelles, près de Fontainebleau, un projet d’usine de production de gaz à partir du fumier de cheval pourrait permettre d’économiser un million de litres de fioul par an.

Valoriser les 30000 t de fumier de cheval produites dans la région de Fontainebleau, dans les nombreux centres équestres, grâce à une usine de méthanisation construite dans la zone industrielle d’Ecuelles, dès 2012 : voilà le projet, unique en Seine-et-Marne, lancé cette semaine par différents partenaires : l’Ecole des mines de Fontainebleau, l’association de la Réserve de biosphère, la communauté de communes de Moret Seine et Loing et l’entreprise Naskeo Environnement basée dans les Hauts-de- Seine.

« L’idée est venue après la présentation d’un projet d’usine du même type, qui concerne un élevage de 500 vaches, à Chaumes-en-Brie, en 2010. On m’a dit : valoriser du fumier de cheval, ce n’est pas possible. Après une étude des chercheurs de l’Ecole des mines, il est apparu que le projet était viable », confie Jean Dey, président de la Réserve de Biopshère de Fontainebleau et vice-président du conseil général, chargé de l’environnement. Tout est parti d’un constat. La région de Fontainebleau concentre la plupart des centres équestres, avec près de 3000 chevaux et un potentiel de 30000 t de fumier à exploiter. Comme par exemple le centre sportif d’équitation militaire. Autant de matière organique qu’il est tentant de transformer en énergie.

Une dizaine d’emplois à la clé

L’entreprise Naskeo a déjà rendu une première étude positive. « Il est possible de produire du biogaz à partir du fumier équin, pour le revendre ensuite à Gaz de France. On pourrait ainsi économiser 1 million de litres de fioul par an, avec une énergie 100% renouvelable » souligne Jean-Michel Martin, de la Réserve de biosphère. Le site d’implantation de la future usine est déjà choisi. Ce sera la zone industrielle des Renardières, derrière la déchetterie professionnelle expérimentale, qui ouvrira dans quelques jours. Un point stratégique, puisque situé le long de l’ex-N 6, entre Fontainebleau et Montereau. « Le but est de mettre en place des circuits courts pour récupérer le fumier dans les centres équestres situés dans un rayon de 30 km au maximum », précise Jean Dey. Coût du projet : 7,5 millions d’euros, avec un retour sur investissement en huit ans. Avec une dizaine d’emplois à la clé. Outre le biogaz, l’unité produira aussi du terreau.

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