n°28 - décembre 2011

tous les numéros d'é-kilibre fleche lien

Editorial | Photos choquantes | Dressage : saignement éliminatoire | La phrase du mois | La star de l'endurance équestre junior
Métiers : évolution de la loi | La photo du mois | Le cheval dans l'Histoire | Actualités | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Le respect de la loi

En tant qu'association, nous sommes tenus de respecter la loi.

Pourtant, bien des fois, nous avons été tentés d'intervenir en passant outre : quand on trouve un animal en souffrance, on a plus envie de le secourir immédiatement que de se lancer dans des procédures.

Mais de ce respect de la loi dépendent notre crédibilité et notre pouvoir d'intervention.

Il nous arrive de le regretter.

Au printemps dernier, nous avons été sollicités pour un cheval en divagation qui s'était installé sur une exploitation agricole, près de Bonifacio. L'exploitant était d'accord pour s'occuper du cheval, le temps de trouver une solution mais ne pouvait le garder parqué. Une de nos adhérentes s'est rendue sur place à deux reprises : une première fois pour prendre des photos du cheval, une deuxième fois avec une vétérinaire pour vérifier s'il était pucé. Il s'agissait, apparemment, d'un jeune galopeur entier très docile, boiteux, dont les crins avaient été coupés récemment et qui se laissait toucher facilement. Chose étrange pour un cheval de course : il n'avait pas de transpondeur lisible…

Le fait qu'il soit entier ne nous a pas permis de lui trouver un accueil provisoire, nous l'avons laissé sur place, pensant que ce n'était que pour quelques jours, et entamé les démarches obligatoires, tout en diffusant largement l'information pour retrouver son propriétaire.

Nous avons demandé au maire de la commune de prendre les mesures nécessaires consistant à un affichage public. Huit jours plus tard, si le propriétaire ne s'était pas manifesté, il pouvait nous confier officiellement l'équidé par arrêté. Malheureusement, le sort de ce beau cheval a laissé l'élu indifférent : la procédure n'a jamais été entamée, malgré diverses interventions. Entretemps, nous avons obtenu quelques informations par le bouche à oreille : le cheval aurait couru mais aurait été arrêté suite à une boiterie et donné. Il aurait donc dû être pucé mais certains doivent savoir comment désactiver la puce. S'est-il échappé ou a-t-il été volontairement lâché ? Nous ne le saurons jamais. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'a pas été recherché.

Pendant ce temps, le galopeur s'est trouvé une copine sauvage, bien ronde car elle savait se débrouiller seule, et il ne s'est plus laissé approcher. Notre vétérinaire était optimiste, pensant que sa copine allait lui enseigner la débrouille.

Hélas, l'exploitant agricole nous a récemment appris le décès du cheval.

Si nous n'avions pas respecté la loi, si nous l'avions pris au moment où il se laissait faire, alors que personne ne le recherchait, il serait toujours vivant, occupé à saillir les juments de l'adoptant qui s'était proposé par la suite. Que de regrets…

Ceci n'est malheureusement pas le seul exemple des conséquences des limites qui nous sont imposées.

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Photos choquantes : elle pose nue dans la carcasse de son cheval

article transmis par le Conseil du Cheval en Corse, publié par www.sharknews.fr le 2 novembre 2011

Les femmes nues ont toujours inspiré les artistes et les photographes. Les animaux aussi sont un thème d’inspiration récurrent. Un couple barré de l’Oregon, a décidé de mêler ces deux thèmes artistiques… à sa façon.

L’histoire commence plutôt normalement. Pour achever les souffrances de leur cheval à la santé défaillante, Elizabeth Herrick et son petit ami Joshua Washborn décident de l’abattre d’un coup de fusil.

C’est ensuite que cela dégénère. Le couple ouvre les entrailles du cheval. Nue, la jeune fille de 21 ans se glisse dans la carcasse ensanglantée du cheval pour une série de photo d’un genre nouveau.

D’autres clichés montrent le couple, sourire jusqu’aux oreilles, en train de poser avec un organe de cheval dans les mains.

Pour justifier son geste, la jeune fille a simplement expliqué vouloir ne faire plus qu’un avec son cheval. Une expression qu’elle a apparemment prise au sens propre.

Les deux tourtereaux ont ensuite mangé leur cheval adoré, sûrement une autre manière de ne faire qu'un avec lui. Quant à la mère d'Elizabeth, elle a simplement jugé que sa fille avait fait preuve de curiosité en se livrant avec séance photo macabre.

Après que les photos morbides se soient retrouvées sur Internet, le couple a été interrogé par la police. Mais les artistes de l’extrême n’ont pas été inquiétés puisque, selon les policiers, ils ne sont coupables d’aucune infraction judicaire.

Ils risquent en revanche d’avoir d’autres soucis. Dans cette région aux mœurs assez particulières, ils ont reçu de nombreuses menaces de mort par des individus les accusant de se livrer au satanisme.

Place aux artistes !

plusieurs photos avec les organes du cheval ou dans le cadavre

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Dressage : saignement éliminatoire

information transmise par Carine Poletti

Après certaines polémiques, la FEI met fin au flou juridique en déclarant tout saignement automatiquement éliminatoire.

Communiqué officiel du 19 octobre 2011 :

La commission de Dressage de la FEI dit non au sang

La FEI n'a jamais autorisé et n'autorisera jamais un cheval avec du sang n'importe où sur son corps à rester dans la lice de dressage.

Le règlement actuel du dressage n'évoquant pas spécifiquement la question du sang, la commission de Dressage de la FEI, en juin de cette année, a proposé une nouvelle règle précisant que les reprises de dressage seraient immédiatement arrêtées si du sang apparaissait n'importe où sur le corps du cheval dans la carrière. La proposition de la Commission de Dressage, qui sera votée à l'Assemblée générale de la FEI le mois prochain, statue de façon très claire.

La seule exception proposée à cette règle concernerait les évènements de très haut niveau suivants: Jeux Olympiques, Jeux équestres mondiaux , championnats continentaux de niveau Grand Prix et les finales de Coupe du Monde. Si du sang est vu sur un cheval lors de ces événements de haut niveau, la reprise serait immédiatement arrêtée, mais des vétérinaires officiels de la FEI des examineraient le cheval à sa sortie de la carrière. Si le saignement d'une blessure mineure a déjà cessé et que le vétérinaire de la FEI confirme que le bien-être du cheval n'est pas en question, le cheval serait autorisé à continuer l'épreuve. Si le saignement ne s'est pas arrêté, ou que le vétérinaire FEI n'a pas pu confirmer que le bien-être du cheval n'est pas en question, le cheval serait éliminé.

C'est la seule exception qui a été proposée et elle aboutirait quand même à l'arrêt de l'épreuve si du sang était vu sur un cheval, mais elle autoriserait l'examen par un vétérinaire de la FEI spécialement désigné pour cette tâche. Tous les saignements durant d'autres évènements déboucheraient sur une élimination immédiate.

La commission de Dressage de la FEI a présenté cette proposition de règlement à toutes les fédérations nationales. La Commission a également informé les fédérations nationales de l'avis du Club International des Cavaliers de Dressage, du Club International Officiel de Dressage, de l'Association Internationale d'Organisateurs d’Événements de Dressage et d'autres parties sur cette proposition de règlement.

Les fédérations nationales sont en train d'examiner la proposition.

Comme toujours, les propositions de révisions des règlements sont présentées à l'approbation des fédérations nationales à l'Assemblée générale de FEI pour une mise en œuvre le 1er Janvier de l'année suivante.

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La phrase du mois

par Antoine de Pluvinel (1555-1620), précurseur de l'école d'équitation française

"Le cheval doit lui-même avoir de la joie dans l'équitation, autrement, le cavalier ne réussit rien avec grâce"

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La star de l'endurance équestre junior

par Zappa'Horse Endurance

Le dimanche 6 novembre 2011, sur les communes de Zonza (Ste Lucie de Porto-vecchio ) et de Lecci , s'est disputée la dernière manche du championnat de Corse d'endurance équestre, junior et senior. Après une saison riche en rebondissements, le titre suprême de championne de Corse junior a été décerné à une jeune cavalière de la région de Lecci, Celia Michelangeli, bien connue et appréciée dans le milieu équestre, licenciée à Zappa'Horse Endurance (association organisatrice).

Ce dimanche, 75 couples engagés sur les différentes épreuves, dont 17 concurrents sur l'épreuve phare de 90 km, vitesse libre et vitesse imposée (record battu), se sont affrontés durant toute la journée. La victoire est revenue à Celia Michelangeli, après avoir contenu plusieurs attaques en fin de parcours, pour terminer par un sprint final très disputé.

Cette belle journée se termina par une remise des prix très applaudie et par beaucoup d'éloges bien réconfortantes de la part de concurrents, sur la qualité du parcours. Suite à tous ces bons retours, le président, Jean Bottati, tenait à remercier les communes de Zonza et de Lecci, les agriculteurs, vignerons et propriétaires qui laissent libre accès sur leurs propriétés, ainsi que tous les bénévoles qui ont oeuvré pendant des semaines, pour offrir un circuit très prisé par les cavaliers.

Un grand bravo à notre championne Celia et un grand merci à vous tous...

Celia Michelangeli sur la course

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Métiers : évolution de la loi

information transmise par Anne Seffar

Les métiers de technicien dentaire équin et d'ostéopathe animalier sont désormais reconnus en France, sous conditions, selon le JORF n°0169 du 23 juillet 2011.

L'article L. 243-3 du code rural est ainsi modifié par Ordonnance n° 2011-862 du 22 juillet 2011 relative à l'organisation de l'épidémiosurveillance, de la prévention et de la lutte contre les maladies animales et végétales et aux conditions de délégation de certaines tâches liées aux contrôles sanitaires et phytosanitaires :

Outre les soins de première urgence autres que ceux nécessités par les maladies contagieuses, qui peuvent être réalisés par toute personne, des actes de médecine ou de chirurgie des animaux peuvent être réalisés par :

[…]

11° Les techniciens dentaires, justifiant de compétences adaptées définies par décret, autres que ceux répondant aux conditions du 7° , intervenant sur des équidés pour des actes de dentisterie précisés par arrêté, sous réserve de convenir avec un vétérinaire des conditions de leur intervention ;

12° Dès lors qu'elles justifient de compétences définies par décret, les personnes réalisant des actes d'ostéopathie animale, inscrites sur une liste tenue par l'ordre régional des vétérinaires et s'engageant, sous le contrôle de celui-ci, à respecter des règles de déontologie définies par décret en Conseil d'Etat.

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La photo du mois

 

photo du mois
Self-service à Arbo-Valley

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Le cheval dans l'Histoire

par Laetitia taillade

Dans le précédent numéro d'é-kilibre, nous faisions un inventaire des différents types de chevaux utilisés au Moyen-Age, du destrier à la rosse. Un cheval reste à présenter : la haquenée.

Calme et doux, c'était le cheval, ou majoritairement la jument, un peu lourd, utilisé par les dames aisées pour leurs déplacements. Un site web dédié au Moyen-Age en donne la définition suivante : "Jument réservée aux femmes et aux ecclésiastiques. Dressée à marcher à l’amble, monter une haquenée est un déshonneur pour un chevalier".

L'amble, allure naturelle chez la girafe et le chameau, est apprise chez le cheval. La haquenée était choisie et dressée par un écuyer pour qu'il ne mette jamais sa cavalière en danger.

L'habillement des femmes et le peu de liberté de déplacement dont elle disposaient à l'époque amenèrent à l'usage unique de la sambue : une sorte de fauteuil posé sur le dos du cheval, sur lequel ces dames s'asseyaient perpendiculairement à la route et dont le confort était très limité, d'où l'importance de l'amble.

sambue
sambues

Cette position ne permettant pas à la cavalière de diriger le cheval, celui-ci était mené en main par un domestique. Il existait même une version deux places de la sambue sur laquelle l'homme se plaçait à califourchon à l'avant et la femme assise les jambes à gauche à l'arrière. Pas question d'une petite promenade en solitaire !

Sources : www.equinfo.org
amazone2000.free.fr

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Actualités

transmises par le Conseil du Cheval en Corse, publiées par ww.cheval-savoir.com, novembre 2011

L'Equitation de tradition française reconnue par l'UNESCO

[…]C'est aujourd'hui officiellement chose faite : l'Equitation de tradition française vient d'être classée par l'Unesco en tant que Patrimoine immatériel de l'Humanité.

Ce dossier, porté par l’Ecole Nationale d’Equitation, composante avec les Haras Nationaux de l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation, soutenu par le Ministère de la culture, les Ministères de tutelle de l’lFCE et la délégation française à l’UNESCO, est le travail d’une équipe, rassemblée autour de Robert d’Artois, directeur de l’Ecole Nationale d’Equitation, directeur général adjoint de l’IFCE et du Colonel Jean-Michel Faure, Ecuyer en chef du Cadre Noir.

«Le respect du corps et de l'humeur du cheval»

En effet, l'équitation de tradition française a été retenue principalement parce qu'elle se définit par des principes et processus fondamentaux de l’éducation du cheval qui résident dans l’absence d’effets de force et de contrainte, le respect du corps et de l’humeur du cheval. La fluidité des mouvements et la flexibilité des articulations assurent que le cheval participe volontairement aux exercices. Le dénominateur commun des cavaliers réside dans le souhait d’établir une relation étroite avec le cheval, dans un respect mutuel visant à obtenir « la légèreté ».

Il a également été souligné que "la connaissance de l'animal (physiologie, psychologie et anatomie) et de la nature humaine (émotions et corps) est complétée par un état d'esprit alliant compétence et respect du cheval". Bien que l'équitation de tradition française soit exercée dans toute la France et ailleurs, la communauté la plus connue est le Cadre Noir de Saumur.[…]

Le cheval Curly reconnu par France Haras

L'Organisation Nationale pour le Curly de Loisirs et de Sport (On Curls) est heureuse d'annoncer la reconnaissance de la race North American Curly Horse (NACHR) par France Haras/IFCE (anciennement Haras Nationaux).

Les chevaux de race Curly pourront désormais avoir leur carnet français et leur pedigree, ainsi que l'accès aux concours, grâce à la convention qui vient d'être signée entre l'association International Curly Horse Organisation (ICHO), l'association française On Curls et l'IFCE.

Le règlement du registre américain ICHO/NACHR reste inchangé, tous les chevaux éligibles à l'ICHO/NACHR auront leur reconnaissance française et la possibilité de reproduire en race Curly Nord Américain.

Cette convention permet dès maintenant de valider les carnets OC, ONC ou OES des Curlies déjà présents en France et les transformer en carnets de cheval Curly Nord Américain. Dès 2012, les saillies et naissances se feront dans la race avec un test ADN. Pour prétendre à un carnet français, le cheval doit avoir préalablement son enregistrement américain ICHO/NACHR. L'association On Curls va mettre en place un service d'aide pour tous les propriétaires qui ont besoin d'enregistrer leur animal à l'ICHO/NACHR. Le contrôle et la validation de tous les papiers américains et français passera obligatoirement par le bureau On Curls. Ces deux rôles devraient respectivement revenir à la secrétaire et à la présidente de l'association. On Curls continue également ses missions de promotion et d'information sur la race.

crinière frisée
La spectaculaire crinière frisée du Curly, qui a la particularité d'être hypoallergénique. © Association Oncurls

D'origine américaine, le Curly possède une magnifique robe frisée en hiver et des crins frisés toute l'année. C'est un cheval très agréable et gentil, doué pour toutes les disciplines, classique, extérieur ou western. Son poil particulier est très bien toléré par les personnes habituellement allergiques aux chevaux. Lire à ce sujet l'article paru dans Cheval savoir n°8 de Mars 2010, comportant un encadré médical rédigé par le Dr.Vet. Jeroen Verschuren et le Dr. Jacques Laurent : L'American Bashkir Curly et ses secrets.

Le cheval Curly a le vent en croupe et surfe sur les vagues de son poil bouclé, puisqu'il interesse en ce moment les équipes de l'INRA, qui se penchent sur ses qualités hypoallergéniques, prouvées en pratique mais qui restent encore un mystère en génétique. Etude lancée et motivée par la branche scientifique d'On Curls en les personnes de Jeroen et Aline Verschuren.

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Dans la presse

publié par www.bulletins-electroniques.com, le 9 novembre 2011.

Le mystère du fort taux de fausses couches chez les juments résolu !

L'espèce équine présente un taux anormal de fausses couches dues à des causes chimiques, lorsqu'on la compare aux autres animaux domestiques. En moyenne, 40% des grossesses n'aboutissent pas, ce qui a déconcerté vétérinaires, éleveurs et biologistes pendant plus de quarante ans. L'équipe de Ludek Bartos [1], de l'Institut de Science animale de République tchèque [2], vient de publier dans la revue Behavioral Ecology and Sociology une étude sur le sujet. Il apparaît que les juments, lorsqu'elles sont séparées du géniteur de leur futur poulain et mises en contact avec d'autres mâles, qu'il s'agisse d'entiers ou de hongres, présentent un risque accru de faire une fausse couche. Il s'agit d'un mécanisme permettant en fait d'éviter une réaction négative de ces mâles envers des poulains qui ne seraient pas les leurs. Concrètement, lorsqu'une jument pleine sent l'odeur de l'urine du mâle dominant et que celui-ci n'est pas le père de son futur poulain, les phéromones contenues dans cette urine sont analysées par son organe de Jacobson. Cela induit un processus en série menant à des changements dans les profils de prolactine, puis, finalement, à la fausse couche. Cette découverte pourrait avoir des répercussions importantes sur les méthodes d'élevage.

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