n°39 - novembre 2012

tous les numéros d'é-kilibre fleche lien

Editorial | Son histoire, notre histoire | Un service innovant | La phrase du mois | Challenge Grand Sud
Connaissez-vous le Pushball ? | La photo du mois | La retraite à cinq ans | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Nos anciens

Même si j'ai l'impression de radoter, je vais encore revenir sur un sujet qui nous tient à coeur au sein de l'association : comment peut-on avoir l'idée de se débarrasser des chevaux quand ils ne sont plus montables, parce que trop vieux ou blessés ?

Avant qu'ils deviennent des "tondeuses inutiles", nous avons pourtant bien profité d'eux. Et certainement partagé avec eux des moments inoubliables. Alors offrons leur une belle retraite méritée.

C'est dans cet esprit que j'ai sollicité nos lecteurs pour qu'ils partagent avec nous ces tranches de vie avec leurs équidés qui ont atteint un âge respectable et pour lesquels ils sont toujours aux petits soins. Sans succès, malheureusement.

Je ne baisse pas les bras et je vais inaugurer ce qui deviendra, je l'espère, une rubrique régulière d'é-kilibre : "son histoire, notre histoire".

Pour envoyer vos histoires et photos, cliquer sur l'image :

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Son histoire, notre histoire : Queenie

par Laetitia Taillade

J'ai rencontré Queenie par hasard, il y a 18 ans. J'avais, depuis un petit moment, l'envie d'avoir "mon" cheval et ce fut elle. Un achat, je dois l'avouer, irréfléchi, tel qu'on le déconseille au titre d'Equitable-Corse. Cette croisée Anglo-Arabe de 12 ans avait un fort caractère, une énergie débordante et une certaine tendance à mordre. Heureusement, j'ai été très bien entourée dans l'écurie de propriétaires qui nous a accueillies et, malgré mon petit niveau en équitation, Queenie et moi avons su nous entendre.

Pendant plusieurs années, nous avons fait des balades et de la randonnée. Je pouvais toujours compter sur son pied sûr, comme la fois où une dune de sable s'est effondrée à notre passage et que Queenie a immédiatement remonté la pente, comme si de rien n'était. Je lui faisais toujours confiance pour retrouver les chemins que je ne reconnaissais pas. En rando, elle se choisissait un copain et le gardait jalousement jusqu'à la fin, éloignant fermement les chevaux qui auraient voulu s'interposer entre eux.

nos jeunes années
Nos jeunes années

La retraite est arrivée prématurément pour moi et donc pour elle : suite à une fracture du coccyx, j'ai arrêté de monter pendant plusieurs années. Nous avons ensuite repris ensemble de petites balades jusqu'à ses 25 ans. J'avais ramené Queenie à la maison et j'ai pris un jeune poney pour lui tenir compagnie. Cet ado, qui cherchait constamment à jouer, semblait la laisser indifférente mais j'ai compris que l'envoyer balader maintenait le moral de ma vieille mémère. Il y a deux ans, Tornado, un autre retraité, est arrivé à la maison et les deux "anciens" sont devenus inséparables.

Aujourd'hui, Queenie a 30 ans et plus beaucoup de dents mais elle est encore belle et en forme grâce à une alimentation adaptée. Au printemps dernier, elle a déménagé, avec ses compagnons, dans une terrain plus grand. Le troupeau s'est agrandi puisque j'y ai installé aussi ma jeune jument et le cheval d'une amie. J'appréhendais la cohabitation car mes deux juments ont un peu le même caractère possessif. Si la jeune Tara a effectivement interdit aux autres d'approcher son copain, l'inverse s'est produit : Tornado a veillé sur son amie comme un jeune entier. Malgré son âge, Queenie reste la dominante d'un troupeau dans lequel chacun a trouvé sa place.

Il y a un an, une colique a failli l'emporter mais elle a lutté et repris de l'état. Elle souffre d'une importante arthrose que rien ne soulage et boite énormément. Je me demande régulièrement si je ne m'acharne pas à la garder en vie pour mon propre plaisir. La réponse, c'est elle qui me la donne : le poil brillant, l'oeil vif, réclamant sa gamelle, elle est encore capable de s'enfuir au galop pour éviter de prendre son vermifuge…

nos jeunes années
Cet automne

Un livre vient de paraître aux éditions Zulma : "Comment s'occuper d'un cheval âgé" , de Natalie Pilley-Mirande et Jean-Marie Laudat

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Un service innovant

par Laetitia Taillade

Joël Poli, maréchal-ferrant et dentiste équin, n'exerce plus la maréchalerie en itinérance mais propose un nouveau service s'adressant à des équidés ayant des problèmes de pieds : le consulting. Il se déplace pour constater une éventuelle pathologie et préconise des solutions au propriétaire, qui seront à appliquer par le maréchal-ferrant traitant ou demanderont éventuellement l'intervention d'un vétérinaire ou d'un ostéopathe.

Après la séance de consulting, Joël Poli fait parvenir un dossier numérique au propriétaire, intégrant des photos de l'équidé, avec le diagnostic et les préconisations expliquées en détails, schémas à l'appui.

diagnostic

Ce dossier est un outil très pratique puisqu'il va permettre, dans un premier temps, au propriétaire de mieux comprendre le ou les problèmes et d'en suivre l'évolution. Ce support est facilement transférable aux autres intervenants ou éventuellement à des confrères éloignés pour avis.

Ci-dessous, un exemple de dossier de consulting en maréchalerie au format PDF à télécharger en cliquant sur l'image :

dossier

Joël Poli, la ferme aux ânes, tél : 06 17 94 95 60

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La phrase du mois

proverbe français

"Bien mérite d'aller à pied qui ne prend soin de son cheval"

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Endurance : Challenge Grand Sud

par Daniel Guglielmacci

Les résultats intermédiaires du Challenge Départemental « Grand Sud » :

résultats challenge

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Connaissez-vous le Pushball ?

par Carine Poletti

On attribue souvent aux américains un certain sens de la démesure. Est-ce dans cet esprit-là qu'a été inventé, en 1891 dans le Massachussetts, le Pushball ? Ce jeu dans lequel deux équipes de onze joueurs s'affrontent pour marquer des buts avec un ballon géant de 22 kg n'a connu qu'un succès temporaire, même dans sa version équestre.

pushball au début du siècle

La déclinaison du Pushball à cheval reprend de l'essor en Europe. Par sécurité, la taille du ballon résistant aux chocs doit être adaptée à celle des chevaux et doit atteindre au minimum le sternum de l'équidé, soit 75 cm de diamètre pour les Shetlands ou 1,30 m pour les poneys D.

A notre époque, ce sont des équipes de deux cavaliers montant des chevaux de même hauteur au garrot qui s'affrontent dans des matches qui durent deux fois 5 minutes. Un cavalier joue le ballon, l'autre garde le but, sous l'oeil attentif d'un arbitre qui doit surveiller notamment que les cavaliers ne touchent pas le ballon avec leurs mains ou leurs pieds.

pushball moderne en Suisse

Sources :
Wikipedia
Pushball on horseback
Fédération suisse d'élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes

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La photo du mois

La photo du mois est une vidéo, filmée par Eva Bighelli

Pour la visionner, merci de lire é-kilibre sur notre site : http://www.equitable-corse.com/ekilibre39.html

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La retraite à cinq ans

 

Avec un palmarès hors du commun, à 5 ans, le Pur-Sang anglais Frankel quitte les champs de course pour entamer une carrière de reproducteur en Angleterre.

Considéré comme le meilleur cheval du monde grâce à 14 victoires sur 14 courses, cet étalon qui a cumulé 3,6 millions de gains devrait rapporter encore beaucoup d'argent à son propriétaire puisque le prix de la saillie sera supérieur à 100 000 €. Un montant record, pour un cheval estimé à 125 000 000 €.

sur le piste
C'est à Ascot que le champion a reçu les dernières ovations du public

Sources : Wikipedia
eurosport.com

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Dans la presse

publié par larussiedaujourdhui.fr, le 23 octobre 2012.

Les Cosaques de retour à Paris

Des cosaques du Don participant à la randonnée équestre Moscou-Paris ont parcouru en 70 jours près de 3 000 km à cheval, traversant le territoire de six pays, avant d'achever leur périple avec un défilé solennel dans la dernière résidence de l'empereur Napoléon à Fontainebleau.

arrivée des cosaques

Un détachement de 23 cosaques, parti de Moscou le 12 août, a suivi le même itinéraire que les troupes russes il y a 200 ans, quand elles se lancèrent à la poursuite de l'armée en retraite de Napoléon. Peu avant la fin du périple, les participants ont déposé une gerbe au pied du monument à l'empereur français dans la ville Montereau. « Nous ne sommes pas venus ici pour célébrer la victoire à laquelle ont participé nos ancêtres. Nous avons fait ce voyage pour honorer la mémoire de tous les soldats qui sont morts à cette époque pour leur patrie », a assuré l'auteur de l'idée et meneur de cette randonnée sans précédent, l'éleveur de chevaux Pavel Mochtchalkov.

Durant l'élaboration de l'itinéraire, c'est lui qui a insisté pour que cette action ne se transforme pas en spectacle folklorique où l'on déplacerait les chevaux dans des camions spéciaux, mais permette de montrer les capacités de la race des chevaux du Don. Mochtchalkov est lui-même cosaque de père en fils, son grand-père l'a mis sur un cheval à l'âge de trois ans. Aujourd'hui, le retraité de 70 ans rêve de faire revivre la race des chevaux de Don, qui est sur le point de disparaître.

Historiquement, les Cosaques étaient chargés de préserver et de perpétuer la race, raison pour laquelle ils ne combattaient jamais sur des juments. Cependant, on ne compte aujourd'hui en Russie que 200 juments de race Don. « Afin de préserver la race, il faut tout un réseau de haras et un soutien de l'État. À cet égard, j'envie vertement mes collègues européens », a reconnu M. Mochtchalkov.

Les chevaux résistants et faciles à vivre ont été élevés spécialement pour les randonnées de longue distance. Napoléon lui-même rêvait d'en posséder dans son armée. Ce n'est pas surprenant : après avoir parcouru 3 000 km, les chevaux du Don n'ont perdu ni en grâce, ni en allure. Le public a pu s'en convaincre avec le spectacle final des cosaques, qui a eu lieu samedi 20 octobre au Stade équestre du Grand Parquet de Fontainebleau.

spectacle

Non seulement les chevaux n'avaient pas l'air fatigué, mais ils caracolaient parfois sous les Cosaques du fait de leur trop-plein d'énergie, montrant de tout leur être qu'ils étaient prêts pour de nouveaux exploits. Et quand les Cosaques ont montré un des éléments de l'art équestre, galopant le long des tribunes, l'épée dégainée, ils ont littéralement déclenché un tonnerre d'applaudissements.

La préparation de la randonnée et la direction du détachement de Cosaques ont été assurées pendant tout le chemin par l'ataman Alexander Kolyakine. Durant sa vie, il s'est essayé à de nombreuses professions : cinéaste, directeur du palais de la culture, projectionniste, conducteur de moissonneuse, maçon, conducteur, et même secrétaire du Komsomol. Pendant plus de 20 ans, il a entraîné des participants à des sauts d'obstacles, préparant plus de 1 500 athlètes.

Quand en 2011, on lui a pour la première fois présenté l'idée d'une randonnée Moscou-Paris, il y a immédiatement cru. « Etre cosaque c'est un état d'esprit, c'est être prêt à traverser toutes les épreuves, en respectant les traditions et les canons selon lesquels nos ancêtres ont vécu. Bien sûr, ce n'était pas facile. La fatigue s'est accumulée. Nos familles sont restées à la maison. La préparation a duré une année entière. Mais les gars ne m'ont pas déçu : personne ne s'est plaint, et pourtant il fallait parfois dormir à la belle étoile, rester sans dîner, gravir des pentes rocheuses escarpées », a raconté Alexander Kolyakine.

Les participants de la randonnée ont visité le cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois pour honorer la mémoire des Cosaques ayant fait le chemin douloureux de la Guerre civile et de l'émigration. Ils ont également visité le Musée du Régiment cosaque de la garde impériale dans la ville de Courbevoie (banlieue parisienne). Ce musée contient la plus grande collection au monde de reliques et de trophées accumulés au cours de 150 ans d'histoire du régiment, formé en 1775 sur ordre de l'impératrice Catherine II.

Enfin, certains membres de l'expédition ont décidé de se remémorer le bain historique des chevaux par les cosaques dans la Seine et ont plongé dans la rivière, malgré la pluie et la couleur hivernale de l'eau.

Maria Tchobanov

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