n°40 - décembre 2012

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Editorial | Malveillance | Races | La phrase du mois | Challenge Grand Sud
Championnat Equitation de Travail et Western | La photo du mois | Précisions | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Le filon ?

La reconnaissance de la race du cheval corse est une victoire pour tous ceux qui se sont engagés pour préserver cet animal et ses qualités.

Cela semble aussi être "le filon" pour d'autres. En effet, de nombreux projets d'élevage de chevaux corses voient le jour, les porteurs de projet sollicitant, évidemment, des aides à l'installation. C'est ainsi qu'une personne pleine d'ambition envisageait récemment de créer une structure demandant de gros investissements. Suite à une étude de rentabilité, elle avait prévu de vendre les poulains 4500 €, un prix justifié par la qualité des produits…

4500 € pour un poulain de 6 mois ! C'est, en général, le prix d'un poulain de sport, établi par rapport à ses origines. Egalement un pari risqué car il impossible d'estimer la qualité de l'animal avant plusieurs années. Certainement pas le prix d'un cheval de randonnée, même si, à long terme, un marché se développait hors de l'île.

Cette race corse est naissante, le nombre de reproducteurs encore limité. Il faudra quelques années avant qu'on puisse distinguer les bonnes origines des moins bonnes, en évitant la consanguinité.

Et, si mes souvenirs sont bons, la préservation des spécificités de la race (rusticité, qualité du pied) devait passer par un élevage en liberté en zone montagneuse, pas dans un haras.

On est en droit d'espérer que la reconnaissance de la race aura un impact direct et indirect sur le développement économique de la Corse, à condition de garder le sens des réalités…

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Malveillance

par Laetitia Taillade

Ce mois de novembre aura été placé sous le signe de la malveillance pour les centres équestres de l'île.

A la ferme équestre d'Arbo Valley, des selles et autre matériel appartenant aux propriétaires et au club ont été volées.

Le ranch U Niolu a Cavallu a subi d'importants dégâts, sans parler de la perte financière, lors d'un incendie qui semble bien volontaire et qui a détruit deux camions dans lesquels étaient stockés le foin et l'aliment, un box et une stalle. Heureusement, les chevaux ne s'y trouvaient pas…

Des actes inqualifiables, qui se reproduisent bien trop souvent.

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Races

par Laetitia Taillade

Les Haras Nationaux reconnaissent 27 races d'équidés dont le berceau est en France : 8 races de chevaux de sang, 9 races de chevaux de trait, 3 races de poneys et 7 races d'ânes.

Trois "populations" de chevaux sont actuellement en attente de reconnaissance en tant que race : le cheval Barraquand, le cheval d'Auvergne et le cheval de Megève.

Les origines du cheval Barraquand, ou cheval du Vercors, équidé rustique, fort et résistant, pourraient remonter à l'Antiquité. Sa trace se retrouve au Moyen-Age, dans les archives des communautés monacales. La race telle qu'on la connait aujourd'hui a été sélectionnée, vers 1900, par Jules Barraquand à Ambel (Vercors). A partir de 6 juments et étalons, il a développé un élevage qui comptait plus de 160 poulinières en 1914. Après la deuxième guerre mondiale, qui avait mis un frein à son expansion, son fils a tenté de redynamiser l'élevage de cet infatigable travailleur, utilisé en traction animale et à la monte. Comme tant d'autres, la race a décliné avec la mécanisation de l'agriculture.

En 1988, le petit-fils de Jules Barraquand, Jean-Louis Barraquand, avec d'autres passionnés, a entrepris de relancer la race considérée comme patrimoine régional, en reconstituant un troupeau et pratiquant la transhumance. Ils ont été rejoints par le parc naturel régional du Vercors et les fermes équestres du Vercors. En 2010, on recensait une dizaine d'éleveurs.

Barraquand

Toisant en moyenne 1,50m, de robe foncée, c'est un cheval polyvalent au caractère docile, endurant, adapté au terrain difficile, peu exigeant en nourriture.

Source principale : Wikipedia

Suite dans le prochain numéro

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La phrase du mois

par Sylvie Brunel, géographe et femme de lettres française (née en 1960)

"Aimer un cheval, ce n'est pas forcément le monter. C'est le caresser, le humer, le nourrir, prendre soin de lui. Le rendre heureux pour se rendre heureux soi-même."

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Endurance : Challenge Grand Sud

 

Le concours organisé par Zappa'Horse Endurance le 11 novembre à Sainte-Lucie de Porto-Vecchio marquait la fin de la saison d'endurance et la dernière épreuve du Challenge départemental Grand Sud. Le classement de ce challenge est le suivant :

1ère : Lisa FARCOT SANTONI
2ème : Bénédicte FRANCESCHI
3ème : Dominique FILIPPI
4ème : Pierre-Jérôme MEDORI
5ème : Klara CWOJDZINSKI

podium

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Championnat Equitation de Travail et Western

 

Les 24 et 25 novembre, le Paradisu Ranch a accueilli le championnat régional d'équitation western et d'équitation de travail.

Au cours de ces deux belles journées, une trentaine de cavaliers adultes et juniors, ont concouru dans des épreuves de dressage, maniabilité, barrel race, cattle penning et team penning, offrant au public spectacle et ambiance.

tri du bétail

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La photo du mois

 

"Police montée"

photo du mois

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Précisions

 

Suite à la publication dans la rubrique "dans la presse" du n° 39 d'un article intitulé "Les Cosaques de retour à Paris", notre lecteur Johan Bernardini nous prie d'insérer :

Je tiens a apporter une petite précision sur la campagne de Napoléon en Russie. L'un des seuls chevaux à être rentré vivant de cette campagne a été celui de l'empereur et son cheval était de race Corse...

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Dans la presse

publié par latribune.fr, le 28 novembre 2012.

Plus de 1.500 chevaux de courses menacés par une hausse de la TVA

Bruxelles exige que Paris augmente le taux de TVA des chevaux de courses à 19,6 %. Matignon doit rendre un arbitrage cette semaine. Si cette augmentation était acceptée, la plupart des petits propriétaires de chevaux de course mettrait la clé sous la porte. Soit un quart des propriétaires de chevaux en France.

C'est la mort du petit cheval... de course. Exigé par la commission européenne, le passage du taux de la TVA de 7 % à 19,6 % fait cabrer l'ensemble de la filière hippique française... C'est le branle-bas le combat dans le monde équestre d'autant que le temps presse pour trouver une solution satisfaisante entre la filière hippique et le ministre délégué chargé du Budget, Jérôme Cahuzac, pressé lui-même par l'administration fiscale d'appliquer la décision de Bruxelles. Car la France a deux mois pour appliquer un taux normal de TVA à ses chevaux de courses. Sinon, elle devra payer une amende supérieure à 10 millions d'euros, à quoi devrait s'ajouter une astreinte de 265.000 euros par jour de retard dans l'application de cette décision.
Attentif aux petits propriétaires, qui seront les plus touchés par cette hausse de la TVA, le président François Hollande suit le dossier, selon nos informations. L'actuel chef de l'Etat avait même accordé en avril dernier une interview à "Paris Turf" en pleine campagne présidentielle. "Cette filière d'exception doit être confortée dans toutes ses composantes", avait-il expliqué. Et d'enfoncer le clou : "Il faut trouver les moyens de permettre à notre élevage et à nos courses de rayonner encore davantage à l'international sans pour autant sacrifier le petit éleveur de l'Ouest, du Centre ou du Sud-Ouest, dont le maintien de l'activité est la raison même d'exister des sociétés de courses et tout particulièrement des sociétés mères". Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devrait rendre un arbitrage d'ici à la fin de la semaine.

Que veut le monde des courses ?

Schématiquement, la filière des chevaux de courses, qui est la plus touchée par cette hausse de la TVA, notamment celle du galop, propose une modification d'une instruction fiscale sur les gains de courses perçus par des propriétaires dont l'activité n'est pas considérée comme exercée à titre professionnel. C'est-à-dire tous les petits propriétaires. "Ils peuvent entrer, sur option, dans le champ d'application de la TVA selon les modalités du régime agricole, explique-t-on à "La Tribune". Soit un taux de TVA réduit de 7 %. Une astuce fiscale qui nécessite toutefois "une modification de la doctrine administrative de base mais aucune modification législative", précise-t-on. Que dit la doctrine administrative de base ? Que l'élevage de tous les animaux constitue une activité de caractère agricole, quelle que soit la provenance des aliments utilisés. Enfin, le propriétaire d'animaux, qui en confie l'élevage à l'exploitant d'un domaine agricole, exerce une activité de nature agricole au regard de la TVA.
Pour la filière des chevaux de courses, c'est l'exemple type du propriétaire non professionnel, qui confie à un entraîneur la préparation physique et l'entraînement de son cheval. Jérôme Cahuzac, embarrassé par ce dossier qu'il connaît bien, pourrait se laisser convaincre par cet argumentaire mais l'administration fiscale reste, elle, très à cheval sur la décision de Bruxelles. France Galop demande un arbitrage politique. Car la hausse du taux de la TVA va avoir un impact sur toute la filière. "L'augmentation de ce taux enclenche un processus mortel", assure le directeur général de France Galop, Hubert Monzat, qui estime que la filière "ne demande pas des mesures extraordinaires au gouvernement". Le coût pour l'Etat devrait être limité de 30 à 40 millions d'euros.

Une baisse d'au moins 1.500 chevaux à l'entraînement

Quels sont les conséquences pour la filière hippique si la hausse du taux de TVA est finalement adoptée ? Très brutales. Selon France Galop, sur les 3.614 propriétaires recensés, il apparaît que pour 1.705 d'entre eux (47,2 %), le montant additionnel de TVA à payer est supérieur à leurs gains actuels. Par ailleurs, pour 581 (16 %), la TVA additionnelle représente entre 50 % et 100 % de leurs gains. "Il est en conséquence quasi certain qu'un grand nombre de ces 1.705 propriétaires vont subir un impact financier tel du fait du changement de taux de TVA que, sauf à bénéficier d'un assujettissement dans des conditions identiques à celles des éleveurs hors sol, mettra un terme à son activité de propriétaire", assure France Galop. Hubert Monzat estime qu'un quart des propriétaires mettrait la clé sous la porte.
Résultat, il y aura une nette baisse du nombre de chevaux à l'entraînement (1.500 chevaux au minimum sur 11.000). Et si on applique le taux moyen d'une personne pour trois chevaux, c'est environ 570 emplois qui sont menacés, dont 350 directs sur les 76.000 que compte la filière équestre. Baisse du nombre de chevaux dit moins de partants dans les courses (5.400). Ce qui se traduit par une perte de chiffre d'affaires en paris hippiques de l'ordre de 270 millions d'euros, de recettes fiscales de l'ordre de 28 millions d'euros et de recettes pour l'institution des courses à hauteur de 39 millions d'euros. Enfin, le PMU pourrait perdre quant à lui entre 250 et 300 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Michel Cabirol

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