n°42 - février 2013

tous les numéros d'é-kilibre fleche lien

Editorial | Appel | Un âne hors du commun | La phrase du mois
Nouveau syndicat pour les exploitants équins | Les Haras Nationaux ont quitté la Corse | La reconnaissance de l'âne corse au point mort
La photo du mois | Humour asin | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Voilà, après l'Assemblée Générale Ordinaire du 13 janvier 2013 de l'association Equitable-Corse, je suis élu à la présidence de l'association que j’espère servir de mon mieux ! J'en profite pour remercier Carine Poletti d'avoir si bien tenu les rênes de l'association et je salue son travail effectué depuis la création de l’association en 2009, pour la faire connaître et fonctionner, dans le contexte de notre île, ce qui n'était pas de tout repos.

Puis, merci à tous nos adhérents, bénévoles, lecteurs et intervenants extérieurs pour leur soutien, leur participation, leur espérance et leur motivation tout au long de ces années !

Voila que l'année 2013 nous laisse présager à nouveau de nombreuses tâches à accomplir.

Equitable-Corse, c'est une aventure, nous avons les points de repère de notre route, nous connaissons la direction que nous voulons prendre, mais nous ne savons pas "où" et "quand" nous allons arriver … Il semblerait même que notre route ne soit que la trace de notre quête : tout faire pour rendre la vie meilleure à nos amis les équidés, surtout lorsqu'il sont abandonnés et rejetés, après de longues ou courtes années de dur labeur et loyaux services…

Dans l'urgence, nous sauvons nos amis les équidés et leur trouvons un nouveau foyer . Mais l'avenir semble nous amener sans cesse un lot renouvelé de cas 'malchanceux'…

Nous pouvons essayer de sauver un maximum de ces équidés mais cela restera difficile (je n'ai pas dit impossible). C'est pourquoi nous devons nous atteler encore plus à un de nos autres objectifs : communiquer un maximum !

Nous nous devons d'essayer d'influencer à la base les mentalités des propriétaires et cavaliers (présents et futurs), mais aussi de nous adresser à un public plus large : les écoles (il n'est jamais trop tôt pour sensibiliser), les élus locaux, les services et acteurs de la filières équine, voir des instances à l'échelle nationale ou européenne !

Trop souvent, même les textes de lois, les règlements et leur application pratique ne sont pas adaptés à la sauvegarde et la protection des chevaux. Un comble. Cela doit changer, mais cela se fera très lentement, avec beaucoup d'explications et de persuasions, voir du lobbying agressif !

Cela peut être fait au niveau de chacun de nous, les maîtres mots sont la communication et la patience dans tous les sens…

Gardons nos sens et esprits bien ouverts, à l’affût aussi bien des injustices, que des solutions, pour assurer aux équidés un avenir meilleur !

Et enfin, partageons largement autour de nous notre sensibilité à la cause équine !

A très bientôt !

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Appel

par Laetitia Taillade

Equitable-Corse est amenée à recueillir des équidés en détresse. N'ayant pas de structure, nous plaçons ces équidés à soigner et retaper dans des familles d'accueil, les frais de soins et d'alimentation pris en charge par l'association. Dans la plupart des cas, ce placement est temporaire : une fois remis sur pieds, les équidés sont proposés à l'adoption. Cependant la durée du séjour en famille d'accueil est très variable, selon l'état de l'équidé et la demande des adoptants.

Dans d'autres cas, plus rares, le placement d'accueil va être à long terme. Il s'agit de chevaux sauvés, trop âgés pour être adoptés ou présentant des problèmes de santé irréversibles. Pour exemple, un équidé sauvé en 2011, en état de maigreur extrême, a pu être retapé mais les analyses se sang mettent en évidence un cancer. Agé aujourd'hui de 26 ans, son espérance de vie est très limitée : il est actuellement en pleine forme mais peut décliner du jour au lendemain. Prévenus, nous saurons prendre la décision juste quand le moment se présentera. Nous ne pouvons décemment pas demander à une famille d'adopter un équidé condamné. Il est donc actuellement en famille d'accueil, pour finir ses jours sereinement avec des congénères.

Le besoin d'une famille d'accueil est imprévisible mais toujours urgent : lorsque nous pouvons sauver un cheval en danger de mort, il faut agir très vite, quel que soit l'endroit en Corse.

C'est pourquoi nous lançons aujourd'hui un appel aux familles d'accueil, pour pouvoir être réactif aux quatre coins de l'île.

Si vous souhaitez être famille d'accueil, merci de contacter Paule au 06 83 40 70 48.

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Un âne hors du commun

information transmise par Paule Schlemaire

Sous la selle du cavalier espagnol Carlos Román, l'âne Caramelo se produit régulièrement en Andalousie pour des démonstrations de dressage haute-école, avec une maîtrise surprenante du pas espagnol, du piaffer, du passage ou des pirouettes.

Pour visionner la video, merci de lire é-kilibre sur notre site : http://www.equitable-corse.com/ekilibre42.html

Caramelo a été offert par un ami à Carlos Román, qui travaille habituellement avec des chevaux. C'est par plaisir, et non parce qu'il avait décelé chez cet âne entier des aptitudes particulières, que Carlos s'est essayé au dressage avec lui. Après sept mois de travail, alors âgé de 6 ans, Caramelo a fait sa première prestation sur un carré de dressage en 2011, sous le regard médusé des spectateurs.

Depuis, Carlos a reçu plusieurs offres d'achat pour Caramelo, jusqu'à 25000 €, mais il refuse de vendre celui qu'il considère "comme un fils".

Source principale : www.elmundo.es
Video intégrale : www.youtube.com

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La phrase du mois

par Nuno Oliveira, cavalier portugais (1925-1989)

"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous verrez quel ami extraordinaire il est."

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Nouveau syndicat pour les exploitants équins

 

En mai dernier, a été créé le Syndicat Agricole Exploitants Equins. Il a pour objet général l’étude et la défense des intérêts agricoles équins, avec pour principaux objectifs :

logo

Anne Seffar, sa présidente précise : "Bien que ce syndicat ait été nouvellement créé,  il compte déjà quelques adhérents.  Il va de soi qu'un nombre  plus important d'adhérents permettra  de mener à bien les actions et projets  qui lui ont été dévolus,  tant en faveur des intérêts des exploitants agricoles équins que des  agriculteurs propriétaires de chevaux ou d’ânes, ainsi qu’en faveur des clubs hippiques et  éleveurs. Ce syndicat a rejoint le Conseil du Cheval en Corse,  avec qui il entend, pour l’année 2013, prévenir  tout dysfonctionnement et, ce, dans le seul but de favoriser la pérennisation de l’activité  pour chaque adhérent.

SAEE, Syndicat Agricole Exploitants Equins, Résidence Paoli, 22 rue César Campinchi 20200 Bastia
Tél : 04 95 31 03 05 ou 06 21 45 08 72, mail : synd.agri.exploitantsequins@orange.fr

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Les Haras Nationaux ont quitté la Corse

information transmise par le Conseil du Cheval en Corse

Le 31 décembre 2012, les Haras Nationaux se sont retirés de Corse.

Le Conseil du Cheval en Corse a entrepris les démarches pour reprendre les deux stations de monte et trouver les financements pour maintenir l'activité.

Concernant la station de Casbianda, le Conseil du Cheval en Corse est en possession de la convention, il manque actuellement les notifications de subventions pour clore le dossier.

Pour la station d'Ajaccio, le CCC a déposé le projet et est en attente d'une réponse du Conseil Général de Corse du Sud.

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La reconnaissance de l'âne corse au point mort

information transmise par le Conseil du Cheval en Corse

La reconnaissance de la race de l'âne corse s'arrête par manque de financement. France Agrimer, qui avait soutenu le projet en 2011 et 2102, ne financera plus l'opération qui touchait à sa fin puisque 2013 était l'année prévue pour le dépôt du dossier au Stud-Book.

Le Conseil du Cheval en Corse cherche de nouveaux financements.

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La photo du mois

 

photo du mois

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Humour asin

par Joël Poli

âne avec des pneux

Le 29 juin 2013, pour son premier jour, le célèbre tour de France de cyclisme passera par Cervione. Aussi, à la Ferme aux Anes on se prépare activement.

Seul Hic ! son propriétaire a confondu avec le Paris-Dakar. « Après tout, qui peut le plus, peut le moins »

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Dans la presse

version originale publiée par The Daily Telegraph, version française publiée par Courrier international, le 23 janvier 2013.

(Royaume-Uni) La viande de cheval, une horreur juste bonne à exporter

Les Britanniques ont une aversion pour la viande chevaline, comme vient de le rappeler un récent scandale alimentaire. Cela ne les empêche pas d'en exporter de grandes quantités à leurs voisins du continent.

Notre industrie agroalimentaire nous réserve parfois quelques surprises : vaches folles, œufs mortels, corn flakes qui ressemblent à Jésus. Alors à quoi bon s'inquiéter si quelques bouts d'ADN provenant d'un animal d'abattoir se retrouvent parmi les ingrédients entrant dans la composition d'aliments transformés bon marché. Mais quand, à la mi-janvier, a éclaté la nouvelle selon laquelle de la viande hachée de "bœuf" vendue dans plusieurs enseignes de grandes surfaces contenait de l'ADN chevalin, le Royaume-Uni et l'Irlande sont montés sur leurs grands chevaux.

Pour trouver l'origine de cette viande, il a fallu remonter jusqu'à Silvercrest Foods, un transformateur agroalimentaire situé dans le comté de Monaghan, en pleine Irlande équestre. Le PDG de la maison mère de Silvercrest, le groupe ABP Food, s'est empressé de souligner que la substance inattendue provenait d'un fournisseur européen et a été ajoutée accidentellement aux steaks hachés. Ironie du sort, le nombre des chevaux abattus en Irlande est passé de 822 en 2006 à 7 000 en 2010-11, à cause de la récession, et quatre nouveaux abattoirs chevalins y ont été construits au cours de la même période. La plupart des carcasses qui en sortaient ont été exportées vers l'Europe. Dans le circuit mondial tortueux de l'industrie agroalimentaire moderne, les chevaux arrivés dans le comté de Monaghan sous la forme d'un prétendu "produit bovin" retournaient peut-être au bercail.

Une consommation mondiale en hausse

Une indigne hypocrisie va de pair avec le dégoût que nous inspire, à nous les Anglo-Saxons, la consommation de la viande chevaline. A l'heure actuelle, 1 milliard de personnes en mangent. Elle est servie couramment à table dans de nombreuses contrées (Chine, Russie, Asie centrale, Mexique, Pays-Bas, Suisse, Italie, Japon, Belgique, Argentine). La consommation mondiale est en hausse de 27,6 % depuis 1990. De leur côté, le Royaume-Uni, l'Australie, l'Irlande et l'Amérique expriment ostensiblement leur répulsion à l'égard de leurs cousins hippophages, tout en expédiant allègrement leurs chevaux indésirables à l'étranger pour qu'ils y soient transformés en bresaola et autres Sauerbraten [un plat allemand, comparable au bœuf bourguignon].

La viande chevaline a une histoire aussi vieille et contradictoire que celle de l'humanité. Des centaines de milliers d'années durant, l'homme a mangé du cheval, et ce n'est que depuis cinq mille ans qu'il a fait de l'animal son ami. Ce n'est qu'en 732 que le pape Grégoire III a qualifié l'hippophagie de pratique païenne ignoble en usage chez les barbares germaniques. Cette distinction entre "eux" et "nous" était une façon commode de définir la civilisation chrétienne par opposition aux hordes barbares qui la menaçaient, envahissant les villes un arc dans une main et une brochette de cheval dans l'autre.

Avec l'introduction du chemin de fer au XIXe siècle, il fallut des chevaux pour transporter le nouvel afflux de marchandises depuis les voies jusqu'à leur destination. Les chevaux tiraient les omnibus, les carrioles, les charrettes à ordures, les fiacres, les tramways et les fourgons. Leur espérance de vie était faible sous le harnais, cinq ans peut-être. Le processus de recyclage qui suivait est une merveille dont les écologistes du XXIe siècle pourraient s'inspirer. Les chevaux étaient transformés en tout et n'importe quoi : bougies, boutons, nourriture pour animaux de compagnie, fouets de cuir, engrais et même capotes de fiacre. Pourquoi laisser se perdre cette source de viande rouge ?

Ces barbares de Français les mangent accommodés à l'ail

En 1856, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, de la Société protectrice des animaux, proposa d'autoriser l'hippophagie au motif que la France, contrairement à la Grande-Bretagne, ne pouvait compter sur ses colonies pour fournir de la viande à tous ses sujets. L'Autriche, la Norvège, la Suède, nombre d'Etats allemands et la Belgique avaient déjà dépénalisé la consommation de cheval quand la France légalisa la boucherie chevaline* en 1866. Au XXe siècle, nombre de villes britanniques comptaient des boucheries chevalines cependant. A Sheffield, à Aberdeen, le bœuf n'était pas la seule viande rouge disponible.

Et pourtant le sort des chevaux était à nouveau en train de changer. Au fur et à mesure que le nombre de chevaux de travail chuta, après la Seconde Guerre mondiale, le cheval passa du statut de bétail à celui d'animal de compagnie et d'ami. L'appétit des Britanniques pour cette viande s'évanouit quand ils virent des images de chevaux qu'on expédiait sur le continent pour y être abattus. Au milieu des années 1980, une alerte à la trichomonose ne fit que renforcer le sentiment qu'il y avait quelque chose de honteux à manger du cheval.

Aujourd'hui, la plupart des chevaux de loisir sont traités avec des médicaments qui les rendent impropres à la consommation humaine, conformément à la réglementation européenne, et nul ne s'empresse de produire de joyeux chevaux bio nourris à l'herbe pour les gastronomes récalcitrants du marché britannique. En attendant, nous continuons à envoyer nos amis à quatre pattes de l'autre côté de la Manche pour que ces barbares les mangent avec de l'ail.

Susanna Forrest

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