n°43 - mars 2013

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Editorial | Concours de dressage | Procédure simplifiée | La phrase du mois
Le cheval dans l'Histoire | Race : l'âne d'Asinara | La photo du mois | Record | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade

Paradoxes

Alors que le scandale de la viande de cheval trouvée dans les plats présentés comme pur bœuf s'étend à presque toute l'Europe, alors que les grandes enseignes retirent ces produits de la vente, le président de la Fédération des bouchers chevalins de France, Interveb Equins, a annoncé une hausse de 10 à 15% des ventes de viande de cheval. Cette fraude à l'échelle internationale a fait office de publicité inattendue auprès des Français, peu consommateurs de viande équine (0,3% de la consommation de viande). Effet de curiosité éphémère ou redécouverte durable ?

Que vont devenir ces tonnes de plats retirés de la vente ? Vont-ils être détruits ? Aucune décision n'a encore été prise. De nombreuses associations caritatives européennes souhaitent les récupérer après accord des autorités sanitaires pour nourrir les plus démunis. Après tout, cette consommation ne présente pas de risque pour la santé et ni les bœufs, ni les équidés ne reviendront à la vie... Cela représente 4,5 millions de plats frauduleux vendus à 28 entreprises dans 13 pays européens.

La Croix-Rouge française, elle, «considère que des produits qu'on ne propose pas au grand public ne devraient pas être offerts aux plus démunis». «C'est une question de dignité. On n'a pas envie de les stigmatiser, de souligner que parce qu'on ne mange pas à notre faim, on peut manger des produits que les autres ne veulent pas», a tranché un responsable de l'association.

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Concours de dressage

par Laetitia Taillade

Le concours de dressage Amateur et Club organisé par Equitable-Corse se déroulera les 20 et 21 avril 2013, au CH Omessa Centre Corse. Le programme détaillé et toutes les informations sont disponibles sur le site Internet dédié à cette compétition : http://dressage.equitable-corse.com/.

Cette année encore, nous aurons l'honneur d'accueillir un invité de prestige en la personne d'Arnaud Serre, champion de France Pro Elite en 2010 et 2011 et ancien cavalier de l'équipe de France de Horse ball.

arnaud serre

Préalablement au concours, le cavalier international animera un stage organisé par le CH Omessa, les 18 et 19 avril. Renseignements et inscriptions auprès de Laurent Duborget, 06 16 92 80 61.

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Procédure simplifiée

 

Pour participer à une compétition, un équidé devait avoir un livret validé par les Haras Nationaux et être inscrit sur la liste Club (pour les compétitions catégorie Club) ou la liste Sport (pour les compétitions catégories Amateur et Pro), quelle que soit la discipline. Une fois le livret établi, le signalement devait être contrôlé par un agent ou un vétérinaire agréé, éventuellement corrigé, et le livret renvoyé aux Haras Nationaux pour validation. Le délai pouvait s'avérer assez long…

Désormais, la validation peut être remplacée par une certification d’identité préalable à l’inscription en liste sport ou club. L’identificateur s’engage sur l’identité du cheval, vérifiée à partir de la concordance entre le signalement et la puce déclarés sous la mère et le cheval présenté. La démarche est simplifiée et permet de confirmer l’identité de l’animal.

La démarche se déroule en deux temps : l'identificateur (agent ou vétérinaire agréé) confirme l'identité du cheval grâce à la lecture de la puce, au contrôle du sexe et à la vérification de la robe (et corrige si besoin). Le propriétaire conserve le livret et envoie les photocopies des pages d'identification et de signalement au SIRE. Dans le courant 2013, cette procédure pourra être faite sur Internet par les vétérinaires possédant un compte identificateur sur le site des Haras, les données seront enregistrées directement dans la base SIRE et la certification d'identité sera effective immédiatement.

Plus d'informations : Haras Nationaux
Télécharger la fiche explicative publiée par les Haras Nationaux : cliquer ici

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La phrase du mois

par Andy Booth, dresseur équestre australien

"Pour s'ouvrir aux chevaux et à ce qu'ils peuvent nous apprendre, il faut remballer son ego."

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Le cheval dans l'Histoire

par Laetitia Taillade

Le déclin de nombreuses races d'équidés, en particulier les chevaux de trait, est dû à la révolution industrielle, au cours de laquelle les animaux ont cédé la place aux engins mécaniques.

Paradoxalement, un domaine de cette industrialisation a pourtant été obligé de conserver l'utilisation (et dans quelles conditions !) de l'animal jusqu'à une période peu éloignée : les mines de charbons.

Alors que les besoins en charbon augmentaient pour faire fonctionner les machines à vapeur, l'utilisation, au fond de la mine, des moteurs à explosion équipant ces machines était impossible, car trop dangereux dans cet environnement confiné, où la présence du grisou pouvait déclencher à tout moment une explosion.

Le charbon était exploité en France, en Belgique, en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Les équidés étaient utilisés pour tracter les wagons (les berlines) chargés du combustible extrait par les hommes. A partir de 1920, les locomotives électriques ont peu à peu remplacé les chevaux.

Les équidés de fond étaient sélectionnés à l'âge de 6 ans, pour leur puissance, leur robustesse et la qualité de leurs sabots, car leurs pieds étaient soumis à des chocs permanents contre les rails ou les rochers. La race avait peu d'importance : chevaux de traits ou mulets, ânes et poneys (Shetland en Grande -Bretagne, Pottok en France) pouvant circuler dans les galeries étroites.

Le chevaux étaient descendus dans les puits suspendus à un câble d'acier, entravés, en position verticale. Cette technique fut utilisée jusqu'en 1935, date de mise en service des premiers ascenseurs.

descente dans la mine

Une période de 2 à 3 semaines d'acclimatation était nécessaire mais certains mouraient dès les premiers jours suite à ce changement radical de mode de vie, si éloigné de leur habitat naturel, pouvant aller jusqu'à 1200 mètres de profondeur, sans lumière ni végétation. Par souci de rentabilité, ils étaient généralement bien traités par les mineurs. Un poney travaillait 8 heures par jour pour charrier 30 tonnes de charbon. Des écuries rudimentaires étaient aménagées au fond de la mine pour les périodes de repos. L'humidité rendant le stockage du fourrage impossible, les rations étaient descendues chaque jour.

ecurie
Reconsitution d'une écurie dans un musée allemand

En France, le premier cheval de fond a été descendu dans une mine du bassin de la Loire en 1821. En 1920, 10000 équidés étaient employés par les compagnies minières. Le dernier fut remonté en 1969, il y a seulement 44 ans ! Il est mort de vieillesse un an plus tard.

avec les mineurs

Le taux de mortalité était de 30%. Un cheval pouvait travailler 20 ans dans la mine sans jamais revoir le jour. Si son rendement baissait, il était affecté à des tâches moins lourdes. Et la retraite n'était pas forcément au programme à la sortie… En 1936, avec la mise en place des congés payés, les équidés purent bénéficier d'une semaine de pâturage par an. Il fallait les réhabituer progressivement à la lumière pour que leur rétine ne brûle pas. Quand les ascenseurs purent accueillir les chevaux, certaines mines les remontaient deux week-ends par mois.

Sources : Wikipedia
www.charbonnagesdefrance.fr
www.equinet.ch
A lire : Les chevaux de mine retrouvés, Sylvain Post
Germinal, Emile Zola

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Race : l'âne d'Asinara

information transmise par Paule Schlemaire

Asinara est une île italienne au large de la Sardaigne de 51km² peuplée d'environ 700 habitants, d'ânes gris et d'ânes albinos qui lui ont donné son nom.

2 ânes

Cette espèce unique en Europe (on en trouve également sur quelques îlots au large de l'Afrique) est, malheureusement, considérée comme vulnérable. D'île prison (camp de prisonniers pendant la première guerre mondiale, puis prison pour la noblesse éthiopienne durant l'occupation italienne de ce pays entre 1936 et 1941 et enfin prison de haute sécurité pour les mafieux et les terroristes des années 1970 à 1998), Asinara est devenue Parc National, avec des mesures de conservation pour ces ânes qui vivent à l'état sauvage, et une clinique pour les tortues de mer.

Les ânes gris vivent au nord de l'île, les blancs au sud et certains se côtoient au centre.

On estime qu'il y a entre 50 et 70 ânes albinos. La fertilité des ânesses est relativement basse et la mortalité néonatale, souvent corrélée à la forte consanguinité, contribue à rendre critique la survie de la race.

Les mâles sont en surnombre par rapport aux femelles et se battent violemment pour elles. Les agents du Parc n'interviennent pas pour les soigner afin de ne pas altérer l'équilibre naturel et éviter qu'un âne guéri n'attaque les nouveaux-nés, comme ce fut déjà le cas.

Des visites de l'île avec les guides du Parc sont organisées mais tout séjour y est impossible, en raison de l'absence de structures touristiques.

Sources : Wikipédia
asinerie.net

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La photo du mois

 

photo du mois

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Record

 

204 chevaux, 667,50 mètres de long : c'est le record du monde de la plus longue attelée !

C'est à Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône, que ce record a été établi en 2010, à l'initiative de l'Association du Cheval de Trait de la ville, les trois sociétés chateaurenardaises étant déjà capables, à elles seules, de réunir plus d'une centaine de chevaux.

Le précédent record était détenu par la ville d'Aubagne, avec 142 chevaux, pour une longueur d'attelée de 411 mètres et un parcours sans arrêt de 1,5km. A Châteaurenard, l'attelée en flèche, composée de chevaux lourds de diverses races, a parcouru au total 7 kilomètres, dont 2,8 sans pause.

Sur la vidéo de l'évènement, il faut compter 8 minutes entre le passage du premier cheval et celui du dernier.

Pour visionner la video, merci de lire é-kilibre sur notre site : http://www.equitable-corse.com/ekilibre43.html

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Dans la presse

publié par www.europe1.fr, le 11 février 2013.

Viande de cheval : l'émoi en Roumanie

Les responsables du secteur agroalimentaire roumain renvoient la balle à l'importateur français.

L'INFO. Parti du Royaume-Uni, le scandale agro-alimentaire de la viande de cheval s'étend dans toute l'Europe. En France, c'est la marque Findus qui a découvert que des lasagnes étiquetées 100% pur bœuf contenaient du cheval. La plupart des enseignes ont depuis décidé de retirer leurs produits de la vente. Mais du côté des responsabilités, les intermédiaires se renvoient la balle et accusent les deux abattoirs roumains.

Du cheval dans les saucisses. Ce scandale a provoqué une prise de conscience car les Roumains ne sont pas des amateurs de la viande de cheval, constate la correspondante d'Europe 1 en Roumanie. Et pourtant, les professionnels de l'agroalimentaire reconnaissent que l'on mange du cheval sans même le savoir. On le retrouve souvent dans les saucisses mais sans que cela soit marqué sur l'étiquette. Il s'agit d'une tromperie qui dure depuis des années et ce, car le prix de la viande de cheval est sensiblement plus bas que celui de la viande de bœuf.

Une "mafia" ? Les producteurs dénoncent une vraie "mafia" internationale avec des réseaux en Roumanie qui font des profits colossaux. Les filières seraient formées d'Hongrois, d'Italiens, où même de Français qui achètent du cheval très bon marché en Roumanie et le revendent huit fois plus cher en Europe de l'Ouest. Selon un expert de l'agroalimentaire roumain, qui a requis l'anonymat, "il existe une filière formée notamment d'Italiens qui achètent du cheval bon marché en Roumanie et le revendent beaucoup plus cher en Italie", mais bien sous l'étiquette cheval.

Des soupçons sur deux abattoirs. Le président de l'association Romalimenta, qui regroupe les patrons roumains de l'alimentaire, Sorin Minea, a pour sa part indiqué que trois grands abattoirs traitent de la viande de cheval en Roumanie et en exportent l'essentiel, notamment vers la France et l'Italie. Mais le flou persiste car aucun chiffre n'existe sur les quantités de viande produites et exportées. L'Office des statistiques ne dispose pas non plus de données précises.

Deux abattoirs font actuellement l'objet d'une enquête en Roumanie mais officiellement les producteurs roumains rejettent la faute sur l'importateur qui aurait dû protester à la réception de la viande. "J'ai du mal à croire qu'un abattoir roumain ait pu livrer du cheval sous l'étiquette de boeuf", en raison des contrôles qui se font systématiquement dans les abattoirs, a déclaré le président des syndicats de l'industrie alimentaire (FSIA), Dragos Frumosu.

Selon lui, si cela avait jamais été le cas, l'importateur français était obligé de vérifier la qualité de la viande lors de la réception, d'autant plus qu'il s'agissait d'une quantité importante. "S'il n'a pas protesté lors de la réception en constatant que c'était du cheval et pas du bœuf, c'est que soit il était complice avec le producteur roumain, soit il a changé l'étiquette après", a affirmé Dragos Frumosu.

Les papiers de la viande. Sorin Minea, président de l'association Romalimenta, a pour sa part souligné que la viande reçue par le fournisseur français devait porter une étiquette indiquant précisément l'abattoir et le pays d'origine. "L'importateur français doit montrer les documents, s'il n'en a pas cela pourrait indiquer qu'il l'a achetée sur le marché noir ou qu'il veut cacher quelque chose", a-t-il assuré. Mais, d'après lui, il est "impossible de confondre bœuf et cheval" car ce dernier a "un goût, une couleur et une texture particuliers".

La Roumanie "décrédibilisée" ? Interrogé sur ce scandale, le président Traian Basescu a déclaré que s'il s'avérait qu'un producteur roumain avait commis des irrégularités, "la Roumanie serait décrédibilisée pour de nombreuses années". "Je veux croire et j'espère que cela ne sera pas le cas. Je sais que les institutions de l'Etat ont ouvert une enquête et j'espère qu'il ne s'agit pas d'un faux étiquetage du côté roumain", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

Charles Carrasco avec Laura Kiriac, correpondante en Roumanie

Dans la presse

publié par www.huffingtonpost.f, le 11 février 2013.

Cheval roumain: une partie de la viande pourrait être de l'âne

VIANDE DE CHEVAL - Nouveau rebondissement dans le scandale de la viande chevaline en Europe. Selon le site anglais du journal The Independent, une partie de la viande de cheval vendue dans les rayons surgelés des supermarchés en France, en Grande-Bretagne et en Suède, pourrait en fait se révéler être de la viande d'âne.

Le média britannique explique que c'est une loi, adoptée maintenant il y a six ans mais seulement appliquée récemment, qui serait à l'origine de ce nouvel élément d'information. Cette loi, qui interdit les chevaux sur les routes en Roumanie, pourrait être responsable de la flambée dans la vente frauduleuse de viande de cheval sur le marché du bœuf européen.

Pendant des siècles dans ce pays, les chariots tirés par des chevaux, mais aussi des ânes, étaient une forme commune de transport, rappelle The Independent. Mais après le changement de code de la route, des centaines de milliers d'animaux ont été envoyés à l'abattoir.

Ce qui pousse aujourd'hui des représentants de l'industrie alimentaire française à spéculer sur le fait qu'une partie de la viande de cheval vendue dans les supermarchés pourrait donc être de l'âne.

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