n°56 - avril 2014

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Editorial | Traction animale | Salon | Aromathérapie | La phrase du mois | Stud-Book du cheval corse | Le cheval karabakh inscrit au patrimoine mondial de l'humanité | Autre inscription | L'âne protecteur de troupeaux | La photo du mois | Insolite | Devenir chronométreur officiel pour les compétitions | Spectacle | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Adieu

Un grand cavalier de saut d'obstacles vient de s'éteindre brutalement : Stéphane Delaveau.

Ancien membre de l'équipe de France junior, il avait choisi de se consacrer au travail des jeunes chevaux, .

Lors d'un séjour en Balagne en 2010, cet homme sympathique et généreux avait volontiers accepté d'offrir son image et son nom pour soutenir notre association, alors toute jeune.

Equitable-Corse présente ses condoléances à sa famille et toutes les personnes affligées par ce deuil.

Stéphane Delaveau
Stéphane Delaveau, lors de son séjour à la Ferme Equestre d'Arbo Valley, en 2010

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Traction animale

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Guy et Gaël Thouret, éleveurs de chevaux Comtois et débardeurs professionnels, ont animé dernièrement une journée technique sur le thème de la traction animale. Organisée par Inter Bio Corse, cette cession se déroulait au domaine viticole de Jean-Charles Abatucci, qui prenait livraison des deux chevaux de trait qu'il venait d'acquérir pour le travail de la terre.

La matinée était consacrée à la théorie. Guy Thouret a particulièrement insisté sur l'alimentation qui doit être adaptée à la race et au travail. "J'ai souvent vu des personnes faire l'erreur de sous alimenter les chevaux au repos et trop les nourrir dans les périodes de travail. En complément d'une alimentation équilibrée, les chevaux doivent être suivis en dentisterie pour assimiler la ration et travailler dans de bonnes conditions".

L'intervenant a présenté les différentes races françaises de chevaux lourds, les avantages et inconvénients de chacune, pour que le choix d'un cheval soit cohérent avec le travail demandé.

La partie théorique s'est achevée par la présentation du harnachement.

Le reste de la journée était dédié aux démonstrations de labour et hersage.

stagiaires

outils

travail de la terre

travail de la terre

Une quinzaine d'agriculteurs, très intéressés, ont assisté à cette journée. Le nombre de tracteurs devrait diminuer en Corse.

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Salon

 

Husse Corse, société qui vend des produits d'alimentation et de soins pour animaux, organise, les 3 et 4 mai 2014 à Porto-Vecchio, la première édition su salon "Animali Corsica", dédié aux chiens, chats et équidés, et dont le but est de faire découvrir au grand public ce qui se fait en Corse, de mettre en relation les différents acteurs du milieu animalier.

Parmi les exposants, on trouvera des éleveurs (avec possibilité de vente), dresseurs, accessoiristes, toiletteurs, centres équestres, pensions canines, etc...

Diverses animations seront programmées au cours du week-end. Avec les chiens : agilité, obéissance, école du chiot, frisbee, sauvetage aquatique, recherche… Avec les équidés : éthologie, poney games, promenades en calèche, à poney, à dos d'âne…

Equitable-Corse sera présent sur le salon grâce au stand offert par les organisateurs.

affiche

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Aromathérapie

par FAE Equiloisirs

FAE Equiloisirs propose, les vendredi 4 et samedi 5 avril, une formation à l'aromathérapie vétérinaire ouverte à tous.

Animées par Eric Darley, aromathérapeute, vétérinaire, éleveur et distallateur d'huiles, ces deux journées aborderont les thèmes suivants :

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La phrase du mois

par Marthe Kiley-Worthington, ethologue

"Le cheval comprend plus facilement l'homme que l'homme ne comprend le cheval. On peut donc se demander si le cheval n'est pas largement supérieur à l'homme."

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Stud-Book du cheval corse

Communiqué de l'Associu U Cavallu Corsu

L'Association, avec la participation des Haras Nationaux, réunit La Commission Nationale d'Approbation et de Confirmation chargée de statuer sur les demandes d'inscription au Stud-Book du Cheval Corse, le samedi 5 avril 2014 à partir de 10 heures, au Ranch Sagone, Route de vico 20118 Sagone, afin que les éleveurs ou les propriétaires de chevaux puissent présenter leurs animaux pour les faire inscrire au Stud-Book de la race.

chevaux corses

Sont invités à présenter leur cheval :

Merci de bien vouloir confirmer votre participation afin que l'Association puisse organiser au mieux cette manifestation. Nous comptons sur votre présence.

Contact Association : Tél. 06 58 20 21 69

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Le cheval karabakh inscrit au patrimoine mondial de l'humanité

information transmise par Jérôme Pinelli, vétérinaire

Lors de de la 8e session du Comité International pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel de l'Humanité, en décembre dernier, le "tchovagan" a été inscrit sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Ce jeu traditionnel, pratiqué en Azerbaïdjan et qui oppose deux équipes de 5 cavaliers qui doivent envoyer un ballon dans les buts de l’adversaire à l'aide d'un maillet, se pratique avec des chevaux karabakhs. La race a donc été, elle aussi, intégrée au patrimoine mondial. C'est la première, et pour l'instant la seule, race chevaline ainsi reconnue.

jeu de tchovagan

Le Comité a basé sa décision sur différents critères et notamment : "La viabilité de l’élément est menacée en raison du nombre décroissant de joueurs et d’entraîneurs de tchovgan, de la perte d’intérêt des jeunes pour sa pratique traditionnelle et de l’insuffisance grandissante d’élevages de chevaux karabakh ; ces facteurs sont aggravés par des menaces plus générales telles que l’urbanisation, l’émigration et la réduction des zones de pâturage".

Le karabakh, également appelé Karabakhskaya, est considéré en voie d’extinction : en 2012, il ne restait qu'un millier d'individus dans le monde (dont une centaine en Europe de l'ouest), alors qu'au XIXe siècle, on dénombrait plus de cent élevages.

karabakh

Son origine remonterait à la préhistoire, en Azerbaïdjan, la race évoluant ensuite au gré des invasions et des croisements. Les chevaux du Karabakh ont été exportés vers l'Arabie pour améliorer le cheval arabe dont la race n'était pas encore établie, notamment au VIIIe siècle. Plus tard, ils auraient également participé à la formation de la race du cheval du Don.

Le premier article scientifique consacré à ce cheval en 1866 dans une revue russe décrit ses caractéristiques :

- "Toutes les parties du corps sont harmonieuses et en conformité avec les chevaux d'origine montagnarde, la tête en proportion avec l'encolure, le centre de gravité très bas (équilibre parfait) et la capacité de stopper net ou de changer la position du corps même à grande vitesse.
- La robe est alezan-doré, la peau fine et sèche, les crins soyeux et brillants, le tempérament sanguin, ce qui montre sa relation avec les races méridionales".

Historiquement, c'est un cheval de montagne au pied sûr, endurant et récupérant très vite, même en cas d'alimentation pauvre, d'un tempérament vif et réceptif au dressage.

Le karabakh actuel, plus petit (entre 1,44m et 1,54 m), est principalement destiné aux courses. En 2004, Kishmish de Goujon d’Agdam a couru 1000 m en 1 min 9 s, et les 1600 m en 1min 52s.

Ces dernières années, le gouvernement azeri a pris des mesures pour développer l'élevage du karabakh et promouvoir la race.

Sources :
L'Essentiel n° 323 du 13 au 19 mars 2014, articles de Jean-Louis Gouraud et Khandan A. Rajabli 
UNESCO
http://karabakhinfo.com/

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Autre inscription

 

La pêche aux crevettes à cheval à Oostduinkerke (voir é-kilibre n°36) a été inscrite en 2013 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité comme l'avait été, en 2011, l'équitation de tradition française.

En revanche, la candidature, en 2008, pour l'inscription des neuf races françaises de chevaux de trait n'a pas été retenue.

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L'âne protecteur de troupeaux

information transmise par Paule Schlemaire

Dans le numéro 8 d'é-kilibre, nous présentions l'utilisation, en Australie et en Amérique du Nord, de l'âne comme protecteur de troupeau.

Cet emploi de l'âne (ou du lama) pour protéger les ovins des attaques de prédateurs se pratique également en Europe.

avec les brebis

Ce choix de l'âne s'appuie sur ses instincts : son côté grégaire, qui va le pousser à rester auprès des moutons, et une agressivité naturelle envers les canidés. L'âne doit cependant être sélectionné pour ses aptitudes et sa compatibilité puis préparé : il doit être placé en contact avec les moutons très jeune pour développer son attachement et son intégration au troupeau.

L'efficacité de l'âne comme protecteur semble optimale pour un troupeau inférieur à cent têtes. Multiplier le nombre d'ânes aura l'effet inverse car les équidés resteront alors entre eux.

L'âne est économique en terme d'entretien et peut "travailler" plus longtemps qu'un chien.

Pour en savoir plus : http://patre.over-blog.com/

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La photo du mois

 

photo du mois
Les meneurs du Haras National d'Uzès ont attelé 14 chevaux.

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Insolite

 


Pour visionner la vidéo, merci de lire é-kilibre sur notre site :www.equitable-corse.com/ekilibre56.html.

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Devenir chronométreur officiel pour les compétitions

 

Le Comité Régional d'Equitation met en place un stage de chronométreur qui se déroulera pendant 2 concours :

Les personnes intéressées devront être présentes au jury pendant toute la durée des concours et s’engager à suivre les 2 stages indispensables avant de pouvoir devenir chronométreur officiel.

Inscriptions auprès du CRE Corse.

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Spectacle

 

Du 6 avril au 26 octobre 2014, les Grandes Ecuries du Domaine de Chantilly proposent un spectacle équestre inédit : Kavallisté.

Au son des polyphonies interprétées par le Trio Sarrochi, les cavalières du Musée du Cheval feront danser leurs montures au coeur de la piste, rendant ainsi un hommage puissant et poétique à l’île de beauté.

affiche

Réservations : 03 44 27 31 80 ou www.domainedechantilly.com/

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Dans la presse

article publié par LeMonde.fr, le 14 mars 2014, transmis par le Conseil du Cheval en Corse.

Amériques : le cauchemar des chevaux en fin de carrière

Des chevaux émaciés, malades ou blessés s’échangeant à bas prix sur les marchés aux enchères. Des bétaillères bondées, parcourant des milliers de kilomètres sans distribution d’eau ni de nourriture. Des centres de rassemblement regroupant des milliers d’animaux exposés au nord à la neige et au grand froid, au sud au soleil ardent ... Tel est le calvaire qu’endurent la plupart des chevaux traversant les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, l'Uruguay ou l'Argentine avant de finir... dans les supermarchés français. Donc dans nos assiettes. Une réalité au parfum de scandale que révèle aujourd’hui l’association française L214 , spécialisée dans la défense du mieux-être des animaux d’élevage, au sortir d’une vaste enquête internationale menée en 2012 et 2013 avec les associations Tierschutzbund Zürich (Suisse), Animals Angels (USA), GAIA (Belgique) et Eyes on Animals (Pays-Bas).

Pour collecter leurs sinistres images, réunies dans un documentaire d'une trentaine de minutes, ces enquêteurs militants sont allés partout : sur les marchés aux enchères, dans les stations de collectes et les enclos d'exportation, aux points de contrôles vétérinaires, dans les feedlots (parcs d'engraissements intensifs) et dans les abattoirs. « Nous avons filmé de nombreux chevaux avec des plaies ouvertes, des yeux crevés, des membres déboités ou cassés, laissés sans soin ; d'autres morts, en décomposition, dans les feedlots », énumèrent-ils. En plus d’être traités de façon indigne, ces chevaux ont souvent reçu au cours de leur vie des anti-inflammatoires de type phénylbutazone : une substance potentiellement dangereuse pour la consommation humaine, et interdite d’usage sur les animaux destinés à la boucherie dans l'Union européenne.

Dans plusieurs pays d’Amérique, « la phénylbutazone est en vente libre, les contrôles vétérinaires sporadiques, les registres inexistants ou non fiables », explique Brigitte Gothière, porte-parole de L214, qui précise que « plusieurs chevaux ayant reçu de la phénylbutazone ont été tracés jusque dans les abattoirs canadiens ». Les chevaux n’étant pas, à de rares exceptions près, considérés comme de la nourriture potentielle sur le continent américain - en Argentine, une loi en interdit même la commercialisation -, leurs propriétaires ne sont pas alertés sur le fait qu’ils finiront à la casserole. Selon les enquêteurs, ce sont le plus souvent« des animaux en fin de carrière (sport, travail ou loisirs), vieux, malades ou blessés, considérés comme désormais inutiles ou encombrants ». En bonne logique, ils ont donc reçu durant leur vie des traitements correspondant aux pathologies de leur espèce.

Pour les associations de défense des animaux d’élevage, le pire n’est pas ce (relatif) danger sanitaire. Ce qui leur semble le plus inacceptable au regard des normes de l’Union, ce sont les conditions de transport des chevaux. « Si un abattoir, pour exporter, doit être agréé et appliquer la réglementation européenne, il n’est rien exigé concernant le transport », expliquent-elles. En Europe, le transport des animaux d’élevage est encadré, depuis 2005, par un règlement assez restrictif .Mais sur le continent américain, les législations sont très différentes.

« Les chevaux, précisent-elles, peuvent légalement être transportés jusqu’à 36 heures d’affilée en Argentine, en Uruguay et au Canada (contre 24h en Europe), dans des bétaillères sans ventilation, sans séparation voire sans toit. Il n’est alors pas rare de trouver des chevaux piétinés par les autres, des chevaux déshydratés et épuisés par ces transports très longs et éprouvants. Nous en avons rencontrés beaucoup au cours de notre enquête ».

En conséquence, L214 demande aux supermarchés français – Carrefour, Système U, Cora, Leclerc, Auchan, Intermarché, Casino - « de prendre leur part de responsabilité et de stopper les ventes de viande de cheval en provenance de ces pays, pour ne pas contribuer à maintenir le système en place et faire subir aux animaux des traitements cruels et illégaux en Europe ». Un vœu plus facile à formuler qu’à réaliser : en 2012, la France a importé 16.900 tonnes de viande de cheval pour une valeur de plus de 66 millions d'euros, dont au moins 60% provenait du continent américain.

Catherine Vincent

Signer la pétition : www.change.org/fr

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