n°59 - juillet 2014

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Editorial | Interview | Déclaration du vétérinaire sanitaire | La phrase du mois | La thérapie avec le cheval | Les journées du cheval et de l'âne | La photo du mois | Le cheval blanc | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Abandons de l'été

Depuis des semaines, et comme chaque année, les associations de protection animale du continent se préparent à la recrudescence des abandons de chiens et chats, due aux départs pour les grandes vacances.

En Corse, et en particulier à Equitable-Corse, nous nous pensions à l'abri de ces abandons massifs.

Effectivement, peu nombreux sont ceux qui s'absentent pour l'été. En revanche, beaucoup de jeunes, pas encore indépendants financièrement, vont partir pour leurs études à la rentrée. Et certains d'entre eux nous sollicitent pour placer leurs équidés : soit les chevaux sont sur un terrain près de chez eux et les parents refusent de s'en occuper au quotidien, soit ils sont en pension et pourquoi continuer à payer si le jeune ne peut plus monter ?

Au moment d'offrir un cheval à leur enfant, les parents ne se sont pas projetés dans l'avenir…

Si les équidés sont jeunes et en bonne santé, ils devraient trouver preneur. Mais en cette période, où l'offre devient plus importante que la demande, tous ne trouvent pas un adoptant rapidement.

Nous ne disposons que de très peu de possibilités d'accueil et nous préférons les utiliser pour des vrais sauvetages, comme celui-ci :

cheval sauvé
cheval placé en famille d'accueil en juin dernier

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Interview

propos recueillis par Laura-Stella Lovisi

Melissa : "je suis devenue famille d'accueil pour Equitable-Corse"

Comment as-tu connu Equitable-Corse ?

En février 2012, en achetant mon trotteur réformé des courses qu’Equitable avait justement sauvé de l’abattoir en fin de carrière, il est donc sous suivi de cette association.

En quelques mots, raconte-nous comment tu es devenue famille d’accueil

Suite à un appel d’Equitable pour nous signaler qu’ils étaient en train de récupérer un vieux cheval abandonné depuis des années, 27 ans, maigre comme un clou. Il a d’abord été recueilli par deux femmes extraordinaires, sur place, le temps que nous puissions aller le chercher. Nous avons de la place, du temps et de l’amour à revendre : c’était une évidence pour nous d’aider l’association en devenant famille d’accueil !

L’équipe Equitable-Corse est-elle toujours présente pour le suivi de ce cheval ?

Equitable est très présent pour le suivi et le bien-être du cheval. Nous ne sommes pas abandonnés avec un cheval qu’on garde juste comme ça ! Il y a un vrai lien entre nous, le cheval et l’association.

Tu fais partie de la grande famille Equitable-Corse, qu’est-ce que cela t’apporte ?

Faire partie d’Equitable-Corse et pourvoir les aider au quotidien c’est un plaisir. On se dit que grâce à nous, et si tout le monde faisait pareil, il y aurait beaucoup plus d’heureux ! Avoir un cheval c’est un bonheur, mais avoir un cheval sauvé par Equitable, ça vous comble 3 fois plus et puis il vous le rend bien.

Et si c’était à refaire ou à conseiller ?

Si j’avais de grands terrains, je les prendrais tous pour qu’ils finissent des jours heureux ! Je le conseille à chaque personne qui a du temps et de l’espace : devenez famille d’accueil vous vous sentirez vraiment utile.

Equitable-Corse est amenée à recueillir des équidés en détresse. N'ayant pas de structure, elle place ces équidés à soigner et retaper dans des familles d'accueil, les frais de soins et d'alimentation étant pris en charge par l'association. Dans la plupart des cas, ce placement est temporaire : une fois remis sur pieds, les équidés sont proposés à l'adoption. La durée du séjour en famille d'accueil est très variable, selon l'état de l'équidé et la demande des adoptants.
Dans d'autres cas, le placement d'accueil va être à long terme. Il s'agit de chevaux sauvés, trop âgés pour être adoptés ou présentant des problèmes de santé irréversibles.
Le besoin d'une famille d'accueil est imprévisible mais toujours urgent : lorsque nous pouvons sauver un cheval en danger de mort, il faut agir très vite, quel que soit l'endroit en Corse.
C'est pourquoi nous lançons un appel aux familles d'accueil, pour pouvoir être réactif aux quatre coins de l'île. Nous avons également besoin de personnes pouvant assurer le transport de ces équidés.
Merci de contacter Paule au 06 83 40 70 48 ou par mail via le formulaire sur notre site : http://www.equitable-corse.com/contacts.php.

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Déclaration du vétérinaire sanitaire

information transmise par le Conseil du Cheval en Corse, publiée par les Haras Nationaux

Par décret n° 2012-843 du 30 juin 2012, les détenteurs de 3 équidés et plus sont tenus de déclarer un vétérinaire sanitaire qui sera en charge d'effectuer les missions qui lui sont confiées par l'Etat : police sanitaire, protection animale, certification aux échanges (animaux et leurs produits) et réalisation de missions d'inspection de santé publique en élevage.

Tout vétérinaire n’est pas forcément habilité à être vétérinaire sanitaire. Pour être vétérinaire sanitaire, le vétérinaire doit demander une habilitation spécifique auprès des services vétérinaires. Cette habilitation est valable sur une zone géographique limitée : 5 départements maximum autour de son/ses domicile professionnel d'exercice. Plusieurs vétérinaires d'un même cabinet vétérinaire peuvent être déclarés « vétérinaire sanitaire » par le détenteur.

Dans la majorité des cas, votre vétérinaire de proximité ou vétérinaire traitant peut être désigné comme vétérinaire sanitaire. Votre vétérinaire traitant n'est, cependant, pas forcément habilité à être vétérinaire sanitaire dans votre département : contactez-le avant votre déclaration ou consultez la liste des vétérinaires habilités pour votre département.

En tant que détenteur concerné par cette mesure, vous devez informer la DD(CS)PP du département d’enregistrement administratif de l’exploitation de la désignation de votre vétérinaire sanitaire. Renvoyez par courrier le formulaire téléchargeable ci-dessous dûment complété et signé d'une part, par le désignataire (détenteur) et d'autre part, par le (ou les) vétérinaire(s) désigné(s) qui signifient ainsi leur accord pour ladite désignation.

Pour télécharger le formulaire de déclaration du vétérinaire sanitaire, cliquer sur l'image ci-dessous :

formualire de décalration du vétérianire sanitaire

A réception du formulaire de déclaration, la DD(CS)PP :

Pour télécharger la liste des vétérinaires sanitaires de Corse du Sud, cliquer ici.

Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de Corse-du-Sud :
18, rue Colonel-Colonna-d'Ornano
CS 10005
20704 Ajaccio Cedex 9
Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) de la Haute-Corse :
Immeuble Bella Vista
Rue Paratojo
CS 60011
20288 Bastia Cedex

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La phrase du mois

par John Lyons, dresseur de chevaux américain

"Mon cheval est extrêmement poli : il a attendu, pour faire tout ce qu'il savait déjà faire, que je sois capable de lui demander."

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La thérapie avec le cheval

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Si l'équithérapie ("soin psychique médiatisé par le cheval et dispensé à une personne dans ses dimensions psychique et corporelle") est dorénavant répandue, notamment auprès du public handicapé, la thérapie avec le cheval (TAC) mise en place à Metz est une première.

Depuis le mois d'avril, l’hôpital d’instruction des armées Legouest, à Metz, propose une thérapie avec le cheval aux militaires atteints de stress post-traumatique. Les séances avec les équidés, qui viennent en complément d'un suivi psychologique ou psychiatrique classique, sont encadrées par des thérapeutes. Deux médecins, cavalières à la base, ont été spécialement formés par la FENTAC, la Fédération nationale des thérapies avec le cheval.

Ce type de soins à l'intention des militaires est appliqué depuis longtemps aux Etats-Unis et en Israël. La thérapie avec le cheval est un concept différent de l'équithérapie et de l'hippothérapie car il ne s'agit pas d'équitation mais d'une rencontre à pied avec l'équidé non harnaché.

Source : http://www.estrepublicain.fr/

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Les journées du cheval et de l'âne

 

Le Conseil du Cheval en Corse organise, mi octobre, la 2ème édition des journées du cheval et de l'âne, à l'hippodrome de Casatorra, à Biguglia.

Le programme est en cours d'élaboration mais sont prévus : présentation et vente d'équidés, concours modèles et allures, épreuves de puissance, promenades en calèche, démonstration d'ostéopathie équine, de dentisterie, de maréchalerie, animations pour les enfants, exposition d'artisans régionaux…

Les 2èmes assises du cheval se tiendront à cette occasion, autour de thèmes s'adressant aux détenteurs d'équidés tels que les bonnes pratiques sanitaires ou l'alimentation.

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La photo du mois

 

photo du mois

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Le cheval blanc

par Laetitia Taillade-Maraninchi

La véritable robe blanche est très rare chez les équidés. La plupart des chevaux que l'on peut penser blancs sont en fait gris, même s'ils présentent un pelage entièrement blanc. La différence se situe au niveau de la peau : le cheval blanc a une peau uniformément rose. Ses yeux peuvent être bleus ou foncés.

La robe blanche peut apparaître par mutation chez un poulain issu de géniteurs de couleur, mais elle est également associée à une maladie génétique grave, nommée le syndrome létal du poulain blanc, qui touche le plus souvent la race Paint Horse et entraîne la mort des poulains dans les 48 heures suivant la naissance.

Il existe une race de chevaux exclusivement sélectionnée sur cette couleur blanche : le Camarillo White. Contrairement aux chevaux gris, qui naissent foncés, le poulain Camarillo White nait blanc.

cheval camarillo white

Cette race a été développée aux Etats-Unis par la famille Camarillo. Tous les individus descendent de l'étalon fondateur, Sultan, un mustang acquis en 1921 à l'âge de 9 ans. Les génitrices étaient de la race Morgan. Jusqu'au décès de Carmen Camarillo en 1987, il n'existait aucun autre élevage.

En 1991, il ne restait plus que 11 représentants de la race. Une association a alors été créée pour sauver la race, le Stud Book exigeant qu'au moins l'un des géniteurs du cheval enregistré soit un descendant des chevaux de Camarillo, mais autorisant les croisements avec d'autres races comme le Pure Race Espagnole et le Standardbred.

Le Camarillo White est considéré comme une race rare car son élevage est difficile à développer : quand deux chevaux blancs sont croisés entre eux, il y a 50 % de chances d'avoir un poulain blanc vivant, 25 % de chances d'avoir un cheval d'une autre couleur, mais également 25 % de chances d'avortement. Les éleveurs croisent généralement les chevaux blancs avec des chevaux colorés, afin d'éviter le risque d'avortement. Les Camarillo ne sont par porteurs du syndrome létal du poulain blanc.

Le Camarillo White est un cheval de selle, utilisé à l'attelage, en endurance et en randonnée et, bien évidemment, pour les parades.

Sources : Wikipedia, www.hippologie.fr/.

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Dans la presse

article publié par http://www.courrier-picard.fr, le 20 juin 2014, transmis par le Conseil du Cheval en Corse.

Les vétérinaires dénoncent les abus de l’endurance

Après la mort d’une jument lors du Festival mondial d’endurance de Compiègne, en mai dernier, les soigneurs s’insurgent contre les dérives du système, dont se rendraient surtout coupables les pays du Golfe. Le mot tabou de dopage est lâché.

Dans le monde feutré des courses équestres de haut niveau, il est rare d’entendre les vétérinaires s’exprimer. Mais la mort d’une jument, dont les résultats de l’autopsie ne sont pas encore connus, et l’extrême maigreur d’un autre cheval lors du Mondial d’endurance de Compiègne, les 23 et 25 mai derniers (photo ci contre, lire nos éditions précédentes), ont conduit cinq de ces professionnels, impliqués sur les deux courses, à sortir de leur réserve. «  Nous avons vu une vague déferlante de chevaux lancés à toute allure sur les parcours difficiles mais roulants des deux concours d’endurance internationaux. L’inscription tardive de nombreux concurrents avait entraîné un sous-effectif de juges, de vétérinaires et surtout de commissaires aguerris  », estiment les docteurs Christophe Pelissier, Pierre Romantzoff, Antoine Seguin, Jean-Louis Leclerc et Agnès Benamou-Smith dans une tribune datée du 11 juin. «  L’équipe a eu à traiter de trop nombreux chevaux, éliminés pour raison métabolique avec des fréquences cardiaques élevées et des états de déshydratation surprenants compte tenu des conditions climatiques clémentes du week-end.  » Quelques équidés, «  poussés trop loin sans doute, ont requis des traitements plus longs et intensifs, et parmi eux, une jument présentant un syndrome neurologique à son arrivée au vetgate, n’a pu être sauvée  ».

Des recettes « plus ou moins avouables »

Au-delà du récent scandale compiégnois, les vétérinaires dénoncent l’émergence d’une endurance «  pratiquée dans certains pays du groupe 7 (ndlr : dont font partie les Emirats arabes unis), qui n’a plus rien à voir avec l’esprit originel du sport  », une endurance «  tout à fond, dont seuls les meilleurs supportent cet effort violent  ». Ils constatent un phénomène nouveau, «  des jockeys venant monter un cheval dont ils ne maîtrisent ni l’entraînement ni la conduite de l’alimentation  ». C’était le cas du cavalier qui a monté la jument décédée, l’Eremita di Gallurn : il avait été « embauché » au dernier moment et ne connaissait pas l’animal.

Pire, les vétérinaires mettent les pieds dans le plat en évoquant «  les recettes plus ou moins avouables de certaines écuries  », en clair le recours à des produits interdits : «  Le développement des techniques de dopage permet malheureusement de perturber de façon marquée les indices classiques de fatigue qui nous alertent, tant et si bien que ces pratiques antisportives vont permettre à des chevaux fatigués de se présenter au vetgate avec des examens apparemment bons, même pour le vétérinaire le plus aguerri qui doit juger dans un temps minimal sur un petit nombre de critères cliniques  ».

Un appel à tous les acteurs du cheval

En conclusion, «  conscients du rôle moteur que les vétérinaires ont pour préserver le bien-être du cheval d’endurance équestre, nous en appelons aussi aux autres acteurs du monde du cheval pour nous aider dans cette tâche : aux cavaliers pour leur vigilance à mener leur cheval dans le respect de l’éthique, aux acteurs de la protection animale pour être les témoins attentifs des compétitions, et aux instances nationales et internationales pour garantir l’application de mesures fortes de prévention des abus, en particulier concernant le dopage  ».

Face aux pratiques douteuses des écuries d’endurance des pays du Golfe, dénoncées notamment par la fédération suisse, la Fédération équestre internationale (FEI) a dû réagir : elle a approuvé de nouvelles règles à compter du 1er août 2014. Celles-ci sont visibles sur son site Internet. Elles devraient donc entrer en vigueur aux prochains Jeux équestres mondiaux en Normandie, du 23 août au 7 septembre, organisés par… Nicolas Wahlen, celui qui était à la manœuvre au Mondial d’endurance de Compiègne et qui a été déclaré persona non grata par le maire Philippe Marini. «  Ces soi-disant nouvelles règles sont de la poudre aux yeux, il faudrait déjà appliquer celles existantes  », confie un cavalier d’endurance sous couvert d’anonymat.

Compiègne Endurance sur la touche

Christian Depuille, président de Compiègne Endurance, le redit : « Il est totalement injuste de s’en prendre à l’organisateur. » Quelques jours après que la polémique a éclaté à Compiègne, le maire Philippe Marini avait interdit à l’association d’utiliser à nouveau le stade du Grand parc. Conséquence, c’est le comité régional d’endurance équestre qui a repris au pied levé le championnat interrégional d’endurance, prévu le 13 septembre dans la cité impériale, et qui rassemble de jeunes chevaux de 4, 5 et 6 ans.

Vincent Debes

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