n°61 - septembre 2014

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Editorial | Championnat de Corse d'endurance | Endurance : la Fondation 30 Millions d’Amis appelle à une meilleure prise en compte du bien-être du cheval | La phrase du mois | Responsabilité | Une photographe spécialisée | La photo du mois | Acte de barbarie ! | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Un rayon de soleil…

Bravo à l’équipe de France au Championnat du Monde d’endurance équestre à Sartilly, lors de la très longue journée du 28 Août 2014. Médaille d’argent par équipe sur un terrain technique rendu difficile par la météo. Mais ce n’est pas seulement cette médaille en tant que telle qui me fait plaisir.

Il faut savoir que cet événement de l’endurance équestre était sous « haute surveillance » après tous les déboires médiatiques qui plombent cette discipline, dûs à la dérive de certains pays et cavaliers dans leur perception de la pratique de ce sport équestre. Donc tous les regards étaient braqués sur le déroulement de cette journée importante pour l’image de marque de l’endurance équestre. Je ne sais pas si le contrat a été rempli pour tout le monde : seulement 38 chevaux classés sur 165 chevaux ayant pris le départ : 23%. Par contre encore bravo à l’équipe de France qui a su amener ses 5 chevaux engagés vers la ligne d’arrivée finale et en classant 4 couples de compétiteurs sur cinq : 80%. C’est l’esprit d’équipe et la santé des chevaux qui ont été privilégiés, et non pas la vitesse pure. Oui, c’est cet état d’esprit qui me fait plaisir.

Les résultats : http://score.normandie2014.com/

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Championnat de Corse d'endurance

 

La 5ème édition du concours d'endurance équestre de Calenzana-Calvi, organisé par Equitable-Corse, sera le support du championnat de Corse sur les épreuves Club Elite Grand Prix (60 km) et Amateur 1 Grand Prix (90 km). L'épreuve Amateur 1 Grand Prix vitesse libre (90 km) est dotée, la répartition des gains est la suivante :

affiche championnat

Ce concours est également la deuxième et dernière épreuve du challenge de Balagne, la première étant celui organisé par la Ferme Equestre d'Arbo-Valley, en mars 2014.

Outre les épreuves championnats, le programme est composé d'épreuves Club sur 20, 30 et 40 km, d'épreuves Amateur sur 20, 30, 40, 60 et 90 km vitesse imposée, d'épreuves jeunes chevaux sur 20, 40, 60 et 80 km.

Le samedi 27 septembre, un repas sera proposé sur le site du concours (sur réservation).

Toutes les informations sont disponibles sur le site web dédié à cette compétition : http://endurance.equitable-corse.com.

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Endurance : la Fondation 30 Millions d’Amis appelle à une meilleure prise en compte du bien-être du cheval

enquête publiée par www.30millionsdamis.fr, le 20 août 2014

La discipline de l’endurance est au cœur d’une polémique après la mort suspecte d’un cheval à Compiègne (60), en mai dernier. A quelques jours des Jeux Equestres Mondiaux, qui se tiendront en Normandie du 23 août au 7 septembre 2014, la Fondation 30 Millions d’Amis appelle à une meilleure prise en compte du bien-être du cheval.

La jument disqualifiée à Compiègne, en mai 2014. Photo : © Jean-Louis Tosque
La jument disqualifiée à Compiègne, en mai 2014. Photo : © Jean-Louis Tosque

Sa mort avait fait grand bruit dans le monde feutré de l’équitation, au mois de mai 2014. Lors du Festival mondial d’endurance qui se tenait à Compiègne, dans l’Oise, une jument était morte à l’issue de la troisième boucle d’une course d’endurance. Epuisement ? Problème médical ? Dopage ? Nul ne le sait, malgré une autopsie pratiquée dans les jours suivants [dont les résultats n’étaient toujours pas rendus publics lors de la publication de cet article, NDLR]. Un fait divers dramatique auquel s’est ajouté un autre scandale qui avait écœuré bon nombre de spectateurs lors de la même compétition : un cheval d’une extrême maigreur (notre photo) avait été autorisé à prendre le départ d’une épreuve et heureusement éliminé après avoir parcouru 60 km environ. « Ce cheval n’aurait jamais dû prendre le départ » reconnaît Alain Soucasse, Directeur Technique National adjoint en charge notamment de l’Endurance à la FFE*, qui évoque des « défaillances » lors de la visite vétérinaire initiale. Et ces deux histoires ne sont qu’une infime partie de la véritable hécatombe qui touche le milieu de l’endurance équestre depuis quelques années.

Dopage et privation d'eau

Pour tenter de comprendre les abus qui secouent actuellement cette discipline, il faut remonter à ses origines. Développée dans les années 1970 et alors très encadrée, l’endurance a fini par être victime de son succès - notamment dans les pays du Moyen-Orient - dès les années 1990. « Les écuries de ces pays ont commencé à acheter en masse des pur-sang en France, explique Jean-Louis Tosque, éleveur de chevaux arabes dans le Gers. La folie de la compétition et la soif de titres a entraîné de nombreux abus, et de graves soupçons de dopage et de maltraitances pèsent aujourd’hui sur ces structures. » Selon ce cavalier amateur d’endurance et auteur d’une pétition pour défendre les équidés, « les chevaux ont une carrière très courte qui interroge sur leur devenir ».

Une approche partagée en partie par Alain Soucasse : « Ces pays ont une vision utilitariste du cheval, malheureusement très éloignée de notre conception du bien-être animal, admet-il. Et les instances françaises n’ont aucun moyen de contrôler les méthodes qui y sont employées ». Dans le collimateur des professionnels hexagonaux de la discipline - dont de nombreux vétérinaires - la privation d’eau pendant les étapes de la course, qui peut atteindre 160 km/jour : des points d’abreuvement sont pourtant prévus tous les 7 à 10 km. Egalement pointé du doigt, le dopage. En juillet 2013, le journal Le Monde rapportait que des autopsies pratiquées sur des chevaux morts après des courses d’endurance révélaient des « injections de vodka en intraveineuse avec du sarapin [un antalgique, NDLR] et du venin de vipère ou de crapaud »…

Evolution des règles

Face à l’ampleur de la polémique, les fédérations équestres nationales de France, de Belgique et de Suisse ont à plusieurs reprises demandé à la FEI** de prendre des mesures adéquates. Celle-ci a annoncé, peu après le scandale de Compiègne, la révision des règles d’endurance, applicables dès le 1er août 2014. « Les sanctions pour les cavaliers et l’encadrement seront plus importantes en cas de dérives, donc c’est une avancée », analyse Alain Soucasse. Pour autant, ce cadre de la FFE estime que la nouvelle réglementation aurait pu aller plus loin : « Si un contrôle antidopage se révèle positif, seul l’entraîneur pourra être mis en cause. Cela déresponsabilise le cavalier » dénonce-t-il. Pour Jean-Louis Tosque, « il faudrait déjà faire appliquer les règlements à la lettre par des personnes bien formées ». Celui qui n’a de cesse de dénoncer ces pratiques barbares n’hésite pas à évoquer les rumeurs de corruption : des chevaux qui devraient être éliminés par une application stricte des règles sont malgré tout qualifiés. Corruption dénoncée notamment par « la Fédération suisse dans une lettre [en anglais, NDLR] et un ancien membre de la Commission d'endurance de la FEI, renvoyé depuis » explique M. Tosque.

A quelques jours des Jeux Equestres Mondiaux, qui se tiendront en Normandie du 23 août au 7 septembre 2014, la présidente de la FEI, la princesse Haya de Jordanie, a annoncé qu’elle quittait son poste. Selon Le Monde, son époux - l'émir de Dubaï, Mohammed Ben Rashid Al-Maktoum, grand propriétaire de chevaux de course et d'endurance - a été plusieurs fois mis en cause dans des affaires de dopage. L’élection du prochain ou de la prochaine présidente, le 14 décembre prochain, permettra-t-elle de redorer le blason d’une discipline ternie par de trop nombreux scandales et conflits d’intérêt ? « Nous restons vigilants et continuerons à dénoncer les dérives, qui provoquent chaque année la souffrance et la mort de centaines de chevaux » précise Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis.

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La phrase du mois

 

"L'or des gitans ni ne tinte ni ne brille. Il luit au soleil et hennit dans l'obscurité."

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Responsabilité

par le Conseil du Cheval en Corse

La presse a rapporté, dernièrement, plusieurs accidents de la circulation impliquant des équidés, sur le continent. Rappelons, encore et toujours, cet article du code civil N°1385 concernant la divagation des animaux :

"Le propriétaire de l'animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage, est responsable du dommage que l'animal a causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il se fût égaré ou échappé".

Qu'appelle-t-on divagation ?

Un animal est en divagation lorsqu'il est trouvé "pacageant sur des terrains appartenant à autrui". Les cas les plus fréquents de divagation sont lorsque l'animal erre à proximité des routes et dans les espaces publics.

Quelle responsabilité pour le détenteur ?

La responsabilité du détenteur est engagée dès que la victime apporte la preuve de l'intervention de l'animal dans la réalisation du dommage. Si la divagation est "accidentelle", les assurances jouent généralement leur rôle. Par contre, selon l'article R622-2 du Code Pénal, "le fait, par le gardien d'un animal susceptible de présenter un danger pour les personnes, de laisser divaguer cet animal est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 2e classe (jusqu'à 150 €)". De plus, "en cas de condamnation du propriétaire de l'animal ou si le propriétaire est inconnu, le tribunal peut décider de remettre l'animal à une oeuvre de protection animale reconnue d'utilité publique ou déclarée, laquelle pourra librement en disposer".

Si la divagation entraîne un accident mortel, une amende et de la prison peuvent vous être imputées.

C'est le moment de vérifier ses clôtures !!!! Encore une fois.

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Une photographe spécialisée

 

Passionnée depuis toujours par les animaux, cavalière, Sophie Ferraris-Fratacci a choisi de consacrer sa carrière à nos amis les bêtes.

Chiens, chats, chevaux ou autres : la jeune femme tire le portrait des animaux.

"Je privilégie les séances photo dites "nature" afin de capturer la nature sauvage de l'animal. C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de photos dites studio, j'attends que l'animal agisse instinctivement pour obtenir mes clichés, le tout sous une lumière naturelle.

Je peux également vous proposer une séance photo studio, dans la lignée du calendrier que j'ai réalisé, avec fond coloré, accessoires, etc…

Tout cela se fait bien sûr dans le respect de l'animal, lorsque j'arrive sur le lieu de la séance, j'attends que le "modèle" s'acclimate à ma présence pour commencer le travail, afin d'instaurer un climat de confiance".

Installée en région bastiaise sous le nom de Chadoll Photography, Sophie propose ses services aux particuliers comme aux professionnels dans toute la Corse.

photographie

Informations et contact : site web
Facebook

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La photo du mois

 

photo du mois

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Acte de barbarie !

 

Lundi 1er septembre, les employés de la Communauté de Communes de Calvi-Balagne chargés de la collecte des déchets ont fait une macabre découverte : les cadavres de deux chèvres abandonnés au pied d'un point de tri !

chèvres mortes

Les deux bêtes ont été déposées là dans la nuit, probablement toujours en vie, ligotées et muselées avec de l'adhésif. Les chèvres, non identifiées, semblaient bien entretenues et sont vraisemblablement mortes d'étouffement.

Attaque contre un éleveur, cruauté gratuite ? Quelle que soit la raison de cet acte d'une grande lâcheté, il est inqualifiable et, surtout, inexcusable.

Une enquête est ouverte.

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Dans la presse

article publié par http://www.ladepeche.fr, le 31 juillet 2014.

Les chevaux, nouvelle passion des Chinois aisés

Des cavaliers jouent au polo à Dalian, dans le nord de la Chine. Johannes Eisele  /  AFP
Des cavaliers jouent au polo à Dalian, dans le nord de la Chine. Johannes Eisele / AFP

Son long maillet bien en main, Peng Zhichun galope vers le but d'un terrain de polo dans le nord de la Chine. Comme lui, de plus en plus de Chinois, membres d'une élite fortunée, découvrent l'univers du cheval et s'adonnent aux sports équestres.

"Il y a de nouveaux clubs qui s'ouvrent, les gens s'intéressent de façon croissante à l'équitation, au polo, il y a davantage de joueurs internationaux qui viennent en Chine, cela progresse très vite", affirme le jeune homme, tout juste descendu de sa monture.

L'équipement qu'il porte, des bottes de cuir au casque, en passant par le pantalon blanc, est visiblement de qualité et coûteux.

Zhichun, qui a vécu plusieurs années aux Etats-Unis, est représentatif de cette nouvelle classe aisée chinoise qui voyage et privilégie les loisirs à l'occidentale.

Une minorité pour qui le sport pratiqué dénote aussi le statut social: en Chine, cela a commencé avec le tennis ou le golf, cela continue avec le ski ou le cheval.

Le pays compte environ 500 clubs équestres et un demi-million d'amateurs de cheval de loisir, selon Wutzala, patron du site www.horse.org.cn.

L'équitation n'est pas à la portée de toutes les bourses, confirme ce Chinois d'origine mongole, les steppes de sa région formant les principales réserves équines de la Chine.

"Cela revient en moyenne à 250 à 400 yuans (30 à 48 euros) par heure, sans compter le coût du moniteur. Et il faut prévoir 30 heures pour une session complète", dit-il à l'AFP.

Des chevaux importés par milliers

Les chevaux de races indigènes chinoises étant trop petits pour beaucoup de disciplines équestres, la plupart des clubs importent leur cheptel de pays comme l'Argentine, l'Australie, l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas ou le Royaume-Uni.

"Dans notre club, les bons chevaux ont été importés de l'étranger. Par exemple, les trois quarts de nos chevaux de polo proviennent d'Argentine", déclare à l'AFP Chen Xie, vice-président du Tang Polo Club de Pékin.

Un long voyage que les équidés effectuent en avion cargo, avec escale en Europe et long passage en quarantaine.

Les effectifs du très "select" Tang Polo Club sont "en constante progression", se félicite M. Chen. Des clients "au-dessus des cols blancs", en fait des "cols dorés" décrit-il, ainsi que les Chinois nomment leurs nouveaux riches.

En 2005, la Chine n'avait importé que 300 chevaux. En moins d'une décennie, le rythme annuel a été multiplié par dix et les jeux Olympiques de Pékin de 2008 ont aidé les Chinois à redécouvrir les compétitions équestres.

Avec ces importations, en particulier d'étalons, les centres équestres tentent d'améliorer leur qualité équine dans le cadre de programme de reproductions, explique Wutzala.

"D'ici quelques années il se pourrait que nous ayons notre propre race, grâce à ce mélange avec des souches chinoises", confirme Chen Xie. "Beaucoup de clubs espèrent moins dépendre des importations. Nous nous y employons tous, mais pour l'instant nous n'avons pas réussi à développer de très bonne race".

L'image élitiste projetée par le monde équestre intéresse les grandes marques du luxe -et d'abord les fabricants de montres suisses- pour qui la Chine est devenue un marché majeur.

En juin dernier, Shanghai a ainsi pour la première fois accueilli une étape du Longines Global Champions Tour, une compétition de saut d'obstacles de catégorie 5, soit la plus élevée dans la hiérarchie de la Fédération équestre internationale (FEI).

Paris hippiques interdits

Reste que, arrivé au pouvoir en 1949, le Parti communiste chinois continue d'interdire les courses de chevaux avec prise de paris. Pour le régime, celles-ci évoquent en effet l'époque humiliante des occupations étrangères, aux influences soi-disant décadentes.

A Shanghai, l'actuelle Place du Peuple a ainsi remplacé l'ancien hippodrome du temps des concessions.

Cette position dogmatique entrave fortement les possibilités de développer le secteur hippique chinois, de l'avis des spécialistes, qui sont nombreux à espérer une ouverture sur la question.

Un désir partagé par des responsables français qui ont multiplié leurs visites en Chine pour y vanter le modèle économique du pari mutuel et des sociétés de course finançant la filière du cheval.

Pareil marché potentiel a de quoi faire rêver, les Chinois étant de célèbres joueurs d'argent.

Ces dernières années ont donc vu le pays balancer entre rumeurs d'autorisations progressives du jeu et espoirs douchés. Des entrepreneurs privés ont investi dans des champs de courses finalement déserts, voire à l'abandon, sans public ni compétitions.

Ces incertitudes sont incarnées par le très ambitieux projet -au budget annoncé à 1,7 milliard de dollars- d'une "Cité du cheval" construite par un groupe hongkongais dans la ville septentrionale de Tianjin.

L'ouverture de ce site, censé intégrer un hippodrome à vocation internationale et 4.000 places d'écurie, a été repoussée et certains se demandent même s'il verra le jour.

Horse.org.cn
© 2014 AFP

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