n°65 - février 2015

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Editorial | Statut juridique de l'animal : adopté ! | La phrase du mois | Protection animale à travers le monde
Comprendre l'assurance | La photo du mois | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Merci Charlie Hebdo

Parmi tous les hommages rendus aux victimes du massacre de Charlie Hebdo, on trouve de nombreuses associations nationales de protection animale. L214, association à laquelle Cabu a offert un dessin la veille de son exécution, précise : "Charlie Hebdo est le seul journal français qui dédie chaque semaine une de ses colonnes aux droits des animaux." Contre la tauromachie, la vivisection, le gavage des oies, la chasse, l'abattage rituel...

Voici quelques uns de ces dessins :

charlie hebdo

charlie hebdo

charlie hebdo

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Statut juridique de l'animal : adopté !

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Le 22 janvier, on croyait la cause perdue : le Sénat avait supprimé la qualité "d'êtres vivants doués de sensibilité" accordée par l'Assemblée nationale aux animaux, lors de la nouvelle lecture d'un texte de simplification du droit et des procédures.

Le texte a, ensuite, été représenté aux députés à qui revenaient le dernier mot. La qualité "d'êtres vivants doués de sensibilité", a été accordée définitivement aux animaux le 28 janvier par l'Assemblée nationale.

Tous les groupes ont voté pour, à l'exception de l'UMP, qui a voté contre, et du Front de gauche, qui s'est abstenu. Cette mesure « fait planer des menaces graves et sérieuses sur les filières agricoles de l'élevage », a vainement plaidé le député UMP Marc Le Fur. Le lobbying des éleveurs a été contré.

Source : lemonde.fr

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La phrase du mois

par Pat Parelli, horseman américain

"Votre cheval peut seulement être aussi courageux que vous."

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Protection animale à travers le monde

par Paule Schlemaire, en voyage en Asie

Voici quelques photos d'une association en Inde :

en Inde

en Inde

en Inde

en Inde

Le Sanctuaire Godavari, à Katmandou, est un projet écologique tournant autour de l'âne du Népal. Un lieu où les visiteurs peuvent interagir avec des équidés sauvés et des animaux de ferme. Le projet promeut le développement communautaire, la nature et la protection de la faune et flore aussi bien que le tourisme local.

Dans la vallée de Katmandou, les usines à briques utilisent environ un millier d'ânes, mules ou chevaux, qu'aucune loi ne protège. Les équidés transportent des briques à la sortie du four, chargées encore brûlantes sur leur dos, sans équipement particulier. Beaucoup de ces équidés surexploités souffrent de plaies infectées qui couvrent une grande partie de leur corps, deviennent aveugles suite aux infections des yeux causées par la poussière des briques et subissent des déformations des membres en raison des charges qu'ils doivent porter. La durée de vie moyenne d'un âne, dans ces conditions, est de 18 mois. Une fois la saison de cuisson des briques finie, au mois de mai, de nombreux équidés sont abandonnés.

Le sanctuaire récupère des équidés victimes de ces fours à briques tout en travaillant à éduquer les propriétaires des ces ânes et en leur fournissant un équipement plus adapté.

au Népal

au Népal

Site web : https://thesanctuarynepal.wordpress.com

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Comprendre l'assurance

par Laetitia Taillade-Maraninchi

La licence pratiquant ou licence cavalier, délivrée par la Fédération Française d'Equitation, permet de bénéficier de deux types de garanties : la responsabilité civile et la garantie individuelle cavalier.

La garantie responsabilité civile :

Cette garantie couvre les dommages causés à autrui lorsqu'on est en "action d'équitation". Par action d’équitation, l'assureur entend toute action ayant un rapport direct avec l’animal comme :

Cette couverture est étendue lors des « arrêts » au cours d’une promenade (ou d’une reprise) et que le cheval est à l’attache. Les garanties restent acquises si, à la suite d’une chute, le cheval s’échappe et provoque un accident.

La garantie individuelle cavalier :

Elle couvre les dommages subis par la cavalier en action d'équitation, la garantie frais médicaux entrant en jeu après intervention des régimes obligatoire et complémentaire*.

Activités équestres garanties :

Est garantie toute discipline équestre actuelle ou à venir reconnue officiellement par la FFE et pratiquée dans le cadre d'un club ou à titre privé, en tous lieux, y compris avec un véhicule hippomobile, que le licencié soit conducteur ou passager.

Hors action d'équitation :

Pour bénéficier d'une garantie responsabilité civile lorsqu'il n'est pas en action d'équitation, le cavalier doit souscrire une assurance spécifique. Avec la licence, il s'agit de l'extension responsabilité civile propriétaire d'équidé, RCPE, qui couvre les dommages causés à autrui par l'équidé lorsqu'il est sous la garde du cavalier ou du gardien à titre privé et gratuit. Cette assurance ne s'adresse qu'aux équidés identifiés, possédant un numéro de SIRE.

*Détails des garanties licence 2015 : cliquer ici

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La photo du mois

 

photo du mois

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Dans la presse

article publié par www.vetitude.fr, le 26 janvier 2015.

L’avenir du cheval passera par l’abattoir !

Le CGAAER préconise des mesures afin d’inciter les détenteurs d’équidés à recourir à l’abattage de leurs animaux plutôt qu’à toute autre solution en fin de carrière. Les arguments, provenant d’une même catégorie de lobbying, sont particulièrement partisans.

Rappelez-vous cet été, le président de l’Association vétérinaire équine française (Avef) gesticulait afin de faire connaître son avis, celui de la profession vétérinaire selon ses dires, pour favoriser l’abattage des chevaux plutôt que de réfléchir à une autre solution. Idéologiquement, il considère que le cheval est un animal de chair, et ne doit absolument pas devenir un animal de loisir.

Sa sortie médiatique est aujourd’hui compréhensible : dans le même temps, le Conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) rédigeait un rapport dans ce sens, après avoir consulté les principaux acteurs proches ou vivant de la filière bouchère.

Les quatre propositions du CGAAER

L’équarrissage, un problème à contourner

Depuis que l’État s’est désengagé de l’équarrissage des équidés, la filière doit faire face aux aléas du marché, avec des disparités importantes de tarifs selon les régions, plus ou moins de concurrence, voire des monopoles, et des tarifs lors du ramassage qui ne correspondent pas toujours au poids réel de l’animal mort.

Alors, les auteurs du rapport, Jacques Vardon et Émile Perez, souhaitent diminuer le tonnage équarri : « Compte tenu du déséquilibre entre le nombre d’animaux livrés à la consommation (36%) et le nombre d’animaux équarris (64%), il conviendrait de diminuer ce dernier nombre. » Tout est dit : on supprime un problème en éliminant la cause. Le CGAAER souhaite donc ouvrir les portes des abattoirs de plusieurs manières :

En résumé, ce rapport s’apparente davantage à un cahier de doléances de la part de différents acteurs de la filière équine pour lesquels la gestion de fin de carrière sportive ou de loisir ne peut être résolue que par l’élimination du problème : le cheval ou le poney. Au cours de la lecture du rapport, il n’est pas difficile de reconnaître la “patte” des différentes organisations professionnelles interrogées, positions connues depuis des années et de plus en plus en décalage avec les attentes sociétales. Car le problème de fond, c’est bel et bien l’intégration de la seconde carrière de l’équidé dans l’équation économique de la filière.

Pire, proposer de rendre obligatoire une assurance “fin de vie” des équidés destinés à l’équarrissage par choix idéologique, c’est pénaliser la majorité des détenteurs d’équidés en France. Cela revient aussi à vouloir asphyxier financièrement ces propriétaires, généralement des particuliers qui doivent déjà faire face à des prix d’équarrissage exorbitants.

Toutes ces mesures sont donc destinées à contraindre la grande majorité des amateurs d’équidés à contribuer à relancer la filière chevaline. Cela s’apparente en outre à scier la branche sur laquelle les professionnels sont assis.

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