n°66 - mars 2015

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Editorial | Comment une marque cosmétique, peut-elle soutenir la cause du cheval ? | La phrase du mois | Equitable-Corse a testé… | Protection animale à travers le monde | La photo du mois | 5 signatures autour du bien-être du cheval | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Encore un édito sur l’endurance équestre !

Mais voilà, c’est le sport équestre dans lequel, en ce moment, il est fait le plus de mal aux chevaux.

Le groupe FEI numéro VII est le groupe de pays (de Fédérations Equestres Nationales) qui est à l’origine de la majorité des maltraitances et qui, ainsi, ternit la réputation de la discipline. Quels pays trouvons-nous dans ce groupe ? Entre autres, les Émirats arabes unis et le Qatar. A croire qu’avec de l’argent, tout est permis.

Des voix s’élèvent, de plus en plus nombreuses à travers le monde, à tel point que la FEI ne peut plus complaisamment fermer les yeux, malgré ses attaches financières et institutionnelles opportunistes avec ces pays. Elle a dû suspendre les deux concours officiels d’endurance équestre internationaux du mois de mars aux Émirats arabes unis. Beaucoup de fédérations nationales commencent aussi à poser la question : quid d’une participation au prochain championnat du monde d’endurance élite 2016 à Dubaï (UAE) ? Quid d’un boycott ?

De nombreux rebondissements sont attendus à partir de ce mois de mars, dont l’éventualité d’interdictions pures et simples par de nombreuses fédérations nationales occidentales et australes, de participations de leurs membres à des concours organisés dans ces pays du groupe n°VII.

Un exemple dans la presse : la déclaration de la Fédération Suisse.

Une pétition conre le dopage des chevaux à en ligne,  cliquer ici pour la signer.

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Comment une marque cosmétique peut-elle soutenir la cause du cheval ?

par Immunekinn

Fin 2013, Equitable-Corse a reçu l'adhésion d'une toute jeune entreprise, basée à Paris, qui élaborait une formule naturelle pour une crème de beauté pour les humains. Cette société nous a proposé, ainsi qu'à quelques autres associations de protection des équidés sélectionnées dans toute la France, de signer un pacte de solidarité qui l'engageait à nous verser un partie des bénéfices générés par la vente de ces cosmétiques. La crème est maintenant sur le marché.

Immunekinn est une nouvelle marque cosmétique française à base de lait de jument qui a pour singularité un business model centré sur l’exploitation raisonnée et respectueuse des ressources animales. Refusant de voir disparaître les petites communautés d’élevage éthiques qui ne destinent pas leurs chevaux aux abattoirs, au profit d’élevages intensifs qui bafouent la dignité de l’animal, Immunekinn a voulu contribuer à la viabilité économique de ces petits producteurs en valorisant dans une formule cosmétique exceptionnelle utilisant 5 Brevets et 4 technologies exclusives , les vertus ancestrales du précieux lait de jument.

Les partenaires producteurs d’ Immunekinn adhèrent à une charte contractuelle , les engageant sur 7 points jugés fondamentaux pour la garantie du respect absolu de leurs chevaux. Ainsi par exemple, seul est récolté le surplus de lait délaissé par le poulain lorsqu’il commence à sevrer. Celui-ci n’est donc pas privé du lait maternel nécessaire à son système immunitaire ou à sa croissance. Les producteurs sont tenus aussi de maîtriser leur cheptel de sorte de toujours s’assurer du placement d’un poulain qui naît, et est déclaré non destiné à la consommation humaine.

Cette démarche implique un volume de fabrication de cosmétiques Immunekinn volontairement limité chaque année.

Immunekinn

En créant « la Crème Universelle Biodiversifiée », 1er concept cosmétique universel innovant « Naturellement TOUT-EN-1 », à base de 30% lait de jument biologique et 29 plantes médicinales, Immunekinn offre à la peau un nombre exceptionnellement élevé de substances naturelles nutritives, protectrices et régénératrices qui constituent une riche biodiversité adaptée à tous types et couleurs de peaux. A chaque besoin correspond une ou plusieurs réponses naturelles dans une formule unique. La peau vient naturellement puiser les éléments vitaux dont elle a principalement besoin (rides, pattes d'oie, tonicité, lissage du micro relief, maintien de l'hydratation, imperfections, pores dilatés, rougeurs, séborégulation, uniformisation et éclat du teint, estompages des tâches pigmentaires, protection... )

La crème Universelle Immunekinn est une solution complète pour restaurer, booster et entretenir naturellement les principaux mécanismes de défense de la barrière cutanée contre le vieillissement cellulaire et les agressions extérieures.

Son efficacité multi-actions a été constatée par un institut de sondages indépendant, accrédité COFRAC et membre ESOMAR, et sur un panel de 43 femmes de 36 à 70 ans, où les phototypes de 1 à 6, les origines ethniques les plus diverses et tous les différents types de peaux ont été représentés. Ses propriétés multiples évitent ainsi la superposition ou l’alternance de plusieurs cosmétiques (sérum + crème jour + crème anti-âge + base maquillage + crème nuit…).

Immunekinn s’est engagé à consacrer une partie du bénéfice de ses ventes au soutien d’actions de sauvetage de nombreuses associations de la protection et de la défense du cheval. C’est par cet ensemble de cercles vertueux que cette marque transforme ainsi l’acte d’achat des consommatrices de cosmétiques premiums en un geste beauté responsable, généreux, qui soutient la cause du cheval, d'où son slogan:

Sauvons + + + que l'apparence !

Plus d'informations : www.immunekinn.com

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La phrase du mois

par Manuel Godin, directeur technique du Haras de la Cense

"Il faut savoir se faire respecter de son cheval sans développer de crainte et l'aimer dans tomber dans l'anthropomorphisme."

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Equitable-Corse a testé…

 

...le ski joëring

Deux de nos adhérents se sont rendus récemment dans le Niolu pour une balade en ski joëring, le ski attelé, une activité que l'un et l'autre pratiquaient pour la première fois. Leur première inquiétude était de tenir sur deux skis puisque tous deux étaient des surfeurs et non des skieurs. Difficulté franchie : apparemment, on s'adapte vite. Ensuite, que se passe-t-il si l'on tombe ? Le cheval s'arrête. En l'occurrence le cheval de tête était monté et le cavalier a géré les petites chutes du départ de son skieur.

ski joering

Notre deuxième testeuse avait choisi de prendre les rênes, ce qui complique un peu les choses au début, quand il faut penser à skier tout en dirigeant le cheval. Mais elle a apprécié le fait de choisir ses passages.

Nos débutants ont skié aux trois allures, le trot restait confortable et le galop leur a donné beaucoup de sensations.

ski joering

Le ski joëring est proposé par le Ranch U Niolu a cavallu, sur réservation. Cette activité est accessible aux débutants. Les séances durent environ 1 heure, au prix de 50€ par personne; les chaussures, du 33 au 46, et les skis sont fournis. Pour les renseignements et les réservations, appeler le 06 11 05 79 04.

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Protection animale à travers le monde

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Le site touristique de Pétra

En Jordanie, le site archéologique de Pétra, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, accueille jusqu'à 3600 visiteurs par jour. L'accès à cette cité sculptée dans la roche se fait par un étroit canyon et aucun véhicule à moteur ne dessert le site. Si le touriste ne veut pas marcher, il peut s'y rendre à dos d'âne, de cheval, de dromadaire ou en voiture hippomobile.

Les 1350 animaux qui y travaillent sont, généralement, la seule source de revenu d'une famille et victimes de surexploitation. Les équidés utilisés pour les carrioles sont les plus mal lotis, en raison de harnachements inadaptés et de charges trop lourdes à tracter.


photo TripAdvisor

Depuis 1988, la fondation Brooke intervient pour soulager et soigner les animaux et éduquer les propriétaires. Cette organisation oeuvre, à travers le monde, pour améliorer la condition des chevaux, ânes et mulets de travail dans les pays en voie de développement.

La clinique créée à Pétra a permis d'assurer, gratuitement, les soins courants et de traiter les urgences. Depuis 2010, sa gestion a été transférée au Ministère de l'Agriculture jordanien, qui s'est engagé à maintenir l'accès aux soins, la fondation se consacrant plus exclusivement à la prévention et à l'éducation.

La fondation a également mis en place, à l'entrée du site, des abris et des abreuvoirs pour que les animaux puissent récupérer dans de bonnes conditions. Elle a conçu et fourni des harnachements adaptés.

à dos d'ane

Avant l'arrivée de la fondation Brooke, les équidés pouvaient travailler 16 heures par jour. Ils étaient victimes de pratiques cruelles comme l'échancrure des naseaux, destinée à faciliter la respiration. Les blessures, quand elles étaient soignées, étaient traitées à l'huile de vidange ou l'acide de batterie. La prise de conscience de certains exploitants a permis de réduire le nombre de cas aggravés par manque de soins et d’améliorer l’état général des animaux. Des stages sont proposés pour enseigner aux propriétaires les soins de base (entretien des sabots, traitement des blessures simples…) et leur donner une certaine autonomie.

L'organisation intervient également à l'école vétérinaire pour dispenser des formations spécialisées dans le domaine des équidés.

Si la situation des nombreux animaux s'est améliorée, tout n'est pas parfait pour autant. Faire comprendre la différence entre utiliser et surexploiter un équidé ou convaincre un propriétaire de laisser au repos son unique gagne-pain n'est pas simple.

La Fondation Brooke est associée à la campagne "Care for Petra", mise en place en octobre 2014, qui vise à rendre conscients les visiteurs ainsi que la communauté locale de l’impact négatif exercé par le tourisme de masse sur le site de Petra, sur la communauté bédouine et sur les animaux. Le visiteur est invité à considérer son poids avant de monter sur un âne et préférer la marche.

flyer care for petra

Sources : www.lepointveterinaire.fr, Fondation Brooke
Plaquette éditée par la Fondation Brooke (en anglais) : cliquer ici.

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La photo du mois

 

photo du mois

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5 signatures autour du bien-être du cheval

 

La Fondation Hippolia, la Cense, Cheval Savoir, Cheval Pratique et Hipp’up s’associent pour diffuser des connaissances sur le bien-être du cheval. Chacun contribue à la rédaction de l’« Info Bien-être », une e-newsletter au mot d’ordre explicite « Connaître pour respecter ». Elle est envoyée gratuitement tous les deux mois.

L’info bien-être sélectionne des images, des vidéos, des créations et des événements qui font progresser les connaissances sur le cheval. Ce véritable petit journal se compose de plusieurs rubriques.

L’inscription à l’« Info Bien-être » est accessible sur le site de la Cense. L’initiative de la Fondation Hippolia, La Cense, Cheval Savoir, Cheval Pratique et Hipp’up s’inscrit dans une démarche collective au profit de la recherche et du progrès dans le domaine du bien-être du cheval.

logos partenaires

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Dans la presse

article publié par www.cheval-savoir, en février 2015.

Fin de vie du cheval : un rapport sort de l’ombre

Par Amélie Tsaag-Valren

Le Conseil général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux s’est penché sur la gestion des chevaux en fin de vie. Il a dévoilé des propositions hallucinantes dans son rapport rendu en septembre dernier : rendre la souscription d’une « assurance fin de vie » obligatoire pour les propriétaires de chevaux qui refusent l’abattoir, faciliter l’entrée des équidés médicamentés dans la chaîne alimentaire et interdire l’exclusion définitive de la filière viande !

Alors que la population – les études ne cessent de le prouver – est de plus en plus sensible au sort des animaux, alors que l’hippophagie n’a jamais cessé de diminuer et pourrait bientôt disparaître en France, ce rapport ressemble à une mauvaise blague concoctée pour réunir les pires cauchemars des propriétaires d’équidés. La proposition du Conseil général de l’alimentation de l’agriculture (CGAAER) n’est certes qu’un élément parmi d’autres, mais son adoption aurait des répercussions sévères à l’heure où nombre de propriétaires doivent déjà supporter la hausse des frais d’hébergement en pension.

[…]

On se demandait d’où pouvait bien venir cette vague de suggestions en faveur de l’abattoir… Le rapport du Conseil général de l’Alimentation de l’Agriculture et des Espaces ruraux (CGAAER) semble être un élément de réponse majeur.

Publié en septembre dernier mais rendu public seulement en novembre, il a été mis en lumière fin janvier à l’initiative d’un site vétérinaire (Vetitude). Il va beaucoup plus loin que le président de l’AVEF, qui pendant les assises s’était vraisemblablement « contenté » de lancer des suggestions.

Les premières lignes de ce rapport de 33 pages annoncent la couleur : « le tonnage d’animaux équarris est très supérieur au tonnage abattu », il faut donc diminuer le nombre de chevaux équarris pour augmenter celui des chevaux abattus... Et dans ce but, le CGAAER souhaite « inciter » les propriétaires à faire abattre leurs chevaux plutôt qu’à les garder en retraite. Il propose une série d’actions à mettre en place, dont l’une a particulièrement retenu notre attention : « Le système assuranciel […] devrait être rendu obligatoire pour les propriétaires qui par choix idéologique ne souhaitent pas que leur animal aille à l’abattoir et qui indiqueront ce choix dans le livret. »

Une assurance obligatoire dont le coût pèserait chaque année de vie du cheval, alors que nombre de propriétaires sont déjà étranglés financièrement, déjà prêts à se priver jusqu’à la dernière extrémité (y compris à relâcher leur animal dans la nature, ce qui n’est évidemment pas une bonne idée) pour lui épargner l’abattoir !

Le rapport préconise aussi d’interdire la possibilité d’écarter définitivement un cheval de la chaîne alimentaire, sur le modèle de la proposition du président de l’AVEF. Deux propositions : si le cheval est vendu, le nouveau propriétaire peut (ou bien par demande à son vétérinaire) faire supprimer la mention d’écartement de l’alimentation humaine. De même, les restrictions médicamenteuses seraient levées au bout de six mois de « blanchiment ». Passons sur ce fameux sas de « blanchiment », une jolie façon de désigner ce qui n’est autre qu’un « camp d’embouche » où les chevaux seraient engraissés sans aucun soin avant leur mise à mort (cela existe déjà en Espagne et au Canada, entre autres).

Un rapport partisan qui ignore les associations de protection du cheval

La liste des personnes consultées pour rédiger le rapport ne laisse apparaître le nom d’aucune personne représentative des propriétaires d’équidés de loisir, d’aucun responsable de centre de sauvetage ou de retraite, d’aucun défenseur des droits des animaux quel qu’il soit. Et ce alors même que les propriétaires d’équidés de loisir sont les premiers concernés par la question, et qu’ils représentent la majorité des détenteurs de chevaux sur le sol français. Au moment où la question de l’éthique animale mobilise un grand nombre de nos concitoyens, seules les considérations économiques de quelques acteurs du monde équestre sont prises en compte.

INTERBEV équins (l’Interprofession du bétail et des viandes) est tellement gagnant que l’on en vient à se demander si ce rapport n’a pas été rédigé directement en faveur de ses intérêts… Dans un pays où la grande majorité des propriétaires se déclarent opposés à l’abattage et à la consommation de la viande de cheval, ce rapport est un immense affront aux amoureux des chevaux. Aucune piste n’est esquissée pour un retour à la gratuité de l’équarrissage, ou pour une quelconque aide en faveur des propriétaires concernés. Ironie du sort, la souscription à une « assurance fin de vie » obligatoire est présentée comme une façon d’étaler et de prévoir le paiement de l’équarrisseur sur plusieurs mois, et donc une mesure « en faveur des propriétaires » !

Prendre en otage les propriétaires déjà durement touchés par la crise, au plus grand bénéfice de… la boucherie chevaline ? Certes, tous les propriétaires ne sont pas aussi regardants en matière de connaissances et de soin à leurs chevaux, la hausse constante des abandons le prouve. Est-ce une raison pour tous les mettre dans le même panier, pour les traiter comme des incapables majeurs taxables à merci, en « incitant » à envoyer les animaux à la mort ? Où est la liberté de choix ?

Aucune solution alternative pour les chevaux âgés

Pire, cette « solution » vient tuer dans l’œuf certaines initiatives originales pour valoriser les chevaux âgés, comme celle du centre équestre de Chauché qui organise des séances de communication homme-cheval à pied. Un centre équestre qui désirerait épargner l’abattoir à sa cavalerie n’aurait plus d’autre choix que de souscrire une assurance pour chaque cheval. Inutile d’ajouter qu’ils sont certainement très peu à en avoir les moyens. Pourtant, les bienfaits de la présence d’un cheval même âgé sont abondamment prouvés. Dernière expérience en date, l’hôpital Sainte-Marie de Villepinte vient d’accueillir les chevaux à la retraite du centre équestre voisin sur un terrain proche des bâtiments où sont soignées les personnes âgées. Le bénéfice sur la santé et le bien-être de ses patients comme des chevaux est évident.

Que dire des associations de sauvegarde et de placement d’équidés âgés ou maltraités, complètement oubliées dans ce rapport ? Tenues à bout de bras par des bénévoles sur la base de l’urgence et du volontariat (avec plus ou moins de succès), il est très clair qu’aucune à l’heure actuelle ne peut se permettre de souscrire une « assurance fin de vie » pour chaque cheval hébergé…

Adopter cette proposition de loi telle quelle reviendrait à condamner toutes ces associations à fermer.

Lien vers le rapport intégral : http://agriculture.gouv.fr/

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