n°69 - juin 2015

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Editorial | Cavall'in festa 2015 | La phrase du mois | Adieu | Fin de vie des chevaux, suite | La photo du mois
Dans la presse | Permis de conduire pour le transport de chevaux

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Les ânes ne sont pas à l'abri

Lorsque nous avons créé Equitable-Corse, il y a 6 ans, nous constations peu de cas de maltraitance sur les ânes. Ceux-ci, plus rustiques que les chevaux, se contentent d'une nourriture pauvre et sont moins sélectifs dans leur alimentation. Les cas auxquels nous étions confrontés étaient, surtout, des manques de parage des sabots, pouvant quand même aller jusqu'à empêcher l'animal de se déplacer. Nous aidions à apporter les soins nécessaires et n'avions que très rarement des ânes proposés à l'adoption et beaucoup de demandes.

La situation a beaucoup changé. Un maquignon vient régulièrement du continent pour vendre des chevaux en Corse. Pour ne pas repartir à vide, il rachète des équidés qu'il revendra pour l'abattoir. Il y a un an, il repartait avec plusieurs ânes. Nous avons pu en racheter trois, âgés de moins de 10 ans.

Un âne se vend environ 300 € au boucher, soit la moitié du prix généralement pratiqué. A ce prix-là, on pourrait penser qu'un âne aurait facilement trouvé preneur sur place. Mais il aurait fallu se donner la peine de passer une annonce…

Il y a quelques semaines, on nous parlAIT d'une ânesse suitée blessée, probablement le tendon sectionné. Les propriétaires attendaient le sevrage du de l'ânon pour abattre la mère. Nous les avons contactés en leur proposant de nous donner l'ânesse que nous aurions soignée à nos frais. L'ânesse a disparu.

Le mois dernier, on nous a signalé trois ânes en mauvais état dans un enclos. Sur place, l'horreur : les 3 jeunes ânes entiers cohabitaient avec les cadavres de leurs deux compagnons, morts depuis plusieurs mois, certainement de faim !

Evidemment, ils n'ont pas souvent été manipulés et se montrent méfiants envers les humains. Nous avons pu les récupérer, nous les avons fait castrer et identifier et nous les proposons à l'adoption, ainsi qu'un autre âne dont le propriétaire voulait se débarrasser très rapidement. Plus d'informations : sur notre site.

les ânes à l'adoption

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Cavall'in festa 2015

 

La grande foire régionale du cheval se déroulera les samedi 13 et dimanche 14 juin, au Parc Chabrières, à Corte.

affiche

Au programme :

Samedi 13 juin :
10h00 Défilé à travers les rues de Corte
12h00 Inauguration de la Foire
14h00 Démonstration de Pony Games
14h30 Démonstration d'attelage
14h30 Epreuve de maniabilité montée (carrière en herbe)
14h45 Démonstration de travail éthologique
15h00 Spectacle "Le Roi Lion"
15h30 Epreuve de relais d'obstacle
16h30 Démonstration Equitation de travail
16h45 Démonstration de dentisterie équine
17h00 Extrait du spectacle nocturne
17h45 Epreuve de Barrel Race en 1 manche
18h45 Remise des prix Barrel et Maniabilité
A partir de 21h :
Spectacle "Alice aux pays des merveilles" par Equiloisirs
Les Amazones
Cavall'in Festa fait son cinéma
Soirée musicale corse
Dimanche 14 juin :
9h30 Finale régionale de Pony Games (carrière en herbe)
10h30 Tri du bétail : Ranch Sorting
13h30 Présentation chevaux toutes races et vente
13h30 Jeux à cheval (carrière en herbe)
14h30 Démonstration de travail éthologique
14h45 Démonstration de dentisterie équine
15h00 Epreuve de Pole Bending
15h45 Monte en amazone
16h00 Epreuve de Barrel Race en 1 manche
16h30 Démonstration d'équitation de travail
17h00 Carrousel "Pirate des caraibes" du CE d'Anghione
17h30 Extrait du spectacle nocturne
18h00 Epreuve de Puissance

3 ateliers d'initiation à poney sont ouverts tous les après-midis.

Plus d'informations sur le site www.cavallinfesta.fr.

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La phrase du mois

par le Commandant Jean Licart, écuyer du Cadre Noir

"L’Equitation est du savoir-faire. On ne peut bien faire que quand on sait ; savoir d’abord, essayer de bien faire ensuite…"

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Adieu

par Emmanuelle Santoni et les cavaliers de Corse

Un homme s'en est allé, nous laissant impuissants et inutiles face à son choix. Un homme discret, pudique, sensible, fin connaisseur des chevaux. Un homme qui m'était cher, qui laisse un grand vide…

Un homme que je respecte jusque dans ses choix sans retour, Jean-Claude, nous avons le coeur très lourd ce soir…

Je voudrais juste te remercier pour ces partages simples, sincères et complices, puisses-tu trouver la paix… toujours avec toi.

Jean-Claude en endurance
Jean-Claude Louis, à gauche, en concours d'endurance (photo Florence)

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Fin de vie des chevaux, suite

 

Dans nos précédents numéros (é-kilibre n°66 et é-kilibre n°67), nous relayions les informations révélées par Amélie Tsaag-Valren sur le site www.cheval-savoir.com concernant l'abattage des chevaux en fin de vie comme unique solution. La jeune femme, qui a lancé une pétition "Pour le droit des propriétaires à s'opposer à l'abattage de leurs chevaux", suit le dossier. Extraits de son dernier article :

Ces derniers mois, une série de publications très orientées préconisent de faciliter l’abattage des chevaux en France. Après le rapport du CGAAER en septembre dernier, celui de l’INRA envisage « l'évolution progressive de la fin de vie des chevaux sous l'angle des pertes alimentaires »…

L’éthique n’avait aucune place pendant la 8e journée du Réseau Économique de la Filière Équine, c’est le moins que l’on puisse dire. La « dimension affective » qui lie le cavalier à sa monture est considérée comme un « frein » à l’abattage : « sous l’angle des pertes et gaspillages alimentaires, cette situation conduit au retrait de la chaîne alimentaire d’une fraction très significative de viande rouge de qualité disponible sur pied ». À lire qu’un cheval qui nous procure des émotions et du plaisir parfois depuis plus de vingt ans est qualifié de « viande rouge disponible sur pied », on tique !

Peu importe l’avis des propriétaires : seules les considérations économiques comptent pour orienter les solutions. Les arguments avancés sont presque imparables : deux tiers des chevaux en fin de vie partent à l’équarrissage malgré son coût important (ce qui démontre aussi que la majorité des propriétaires sont idéologiquement opposés à l’abattage de leur compagnon, et préfèrent payer l'équarrisseur plutôt que d’empocher le prix de la viande), alors que 80 % de la consommation nationale de viande chevaline provient d’importations (du Brésil, du Canada, du Mexique et de la Pologne).

L’abattoir comme solution au « mal-être » ?

Pour mieux faire avaler cette pilule très amère, le ministère de l’Agriculture (par l’intermédiaire d’Olivier Debaere, responsable d’une section élevage) affirme que le recours à l’abattage permettra de mettre fin aux maltraitances, aux actes de cruauté et aux abandons de chevaux en fin de vie.

[…]

L’exclusion de l’abattage « par choix idéologique » continue

Maigre consolation, Olivier Debaere a communiqué très clairement qu’il n’était pas (plus ?) question de supprimer la possibilité d’exclusion définitive d’un cheval de la chaîne alimentaire. Le ministère de l’agriculture semble avoir pris connaissance de la pétition contre cette mesure, forte actuellement de 5 500 soutiens.

Aucun mot en revanche sur la proposition d'un « système assuranciel qui devrait être rendu obligatoire » pour les chevaux exclus de la filière viande par choix idéologique. Le détail des mesures envisagées par le gouvernement reste inconnu, mais Olivier Debaere a fait savoir qu’elles ne passeraient pas par « l’incitation à la consommation de viande chevaline ».

Signer la pétition : "Pour le droit des propriétaires à s'opposer à l'abattage de leurs chevaux".

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La photo du mois

 

photo du mois

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Dans la presse

article publié par www.equidia.fr, le 27 mai 2015.

Transport de chevaux : 1 000 amendes par jour en France

par Yann Fournis

Tout démarre par le tweet de Pierre Belloche ce mercredi matin. Encore un entraîneur arrêté et sanctionné, près de Falaise, par les autorités, au volant d'un petit camion deux places mais dans lequel on ne peut mettre qu'un seul cheval (hic), faute de dépasser le Poids Total en Charge Autorisé, soit 3 tonnes 5. Sanction : 90 euros d'amende

Le problème de la charge utile dans les petits camions ne date pas d’hier. Les gendarmes eux le connaissent parfaitement car il ne concerne pas seulement le monde du cheval mais aussi celui du bâtiment, du transport des denrées alimentaires etc.. Au total de près d’un millier d’amendes de ce type, tous secteurs confondus, sont délivrées quotidiennement. Pour bien comprendre le problème qui concerne le monde du cheval voici quelques explications.

Si les petits camions ont la place pour embarquer théoriquement deux chevaux, dans la pratique c’est beaucoup moins évident. Le permis B (celui que chacun possède pour une voiture) suffit pour conduire un petit camion deux places (voir modèle ci-dessous) dont le P.T. A.C (Poids Total en Charge Autorisé) ne doit pas dépasser pas 3,5 Tonnes.

La plupart de ces petits camions pour chevaux sont construits pour supporter 4 tonnes. C’est le poids que l’on atteint justement avec deux chevaux moyens (de 600 à 750 kilos par cheval) dans ce type de moyen de transport...

Deux vans pour le prix d’un!

Oui mais voilà, la réglementation autoroutière est implacable. Ce poids ne doit donc pas dépasser 3 500 kilos. Pour la respecter, Il faudrait donc n’embarquer qu’un seul cheval (un comble pour un deux places) et mettre le deuxième cheval dans un van tracté par le dit camion deux places. Une histoire de fou à laquelle de nombreux professionnels sont pourtant obligés de se plier pour être en conformité avec la loi. Autre solution embarquer les deux chevaux…. mais surtout rien d’autre!

Or le problème, les professionnels le savent bien, c’est qu’il faut y ajouter la sellerie, le matériel en tous genres, des personnes supplémentaires, grooms, accompagnateurs etc.. et le poids total en charge dépasse alors largement les 3,5 tonnes autorisés. Une surcharge administrative car si la loi autorisait 4 tonnes de P.T.A.C, la plupart de ces petits camions seraient selon toute vraisemblance en règle. De surcroît, de nombreux aménagements propres au transport de chevaux, notamment une carrosserie renforcée donc plus lourde, n’arrangent pas la situation et il n’est pas rare d’avoir un poids à vide qui atteint déjà 2 500 kilos. Faites le calcul avec deux chevaux à l’intérieur.

Comment changer la législation?

Pierre Belloche sanctionné par les autorités, ce mercredi matin, près de la commune de Falaise dans le Calvados, en allant sur l’hippodrome de la Prairie à Caen s’est exprimé au micro d’Alexis Lévy cet après-midi Ecoutez sa réaction.

« La réglementation a été faite il y a plus de 30 ans et contrairement à tout le reste n’a pas du tout évolué depuis » . C’est ce que nous a confié, ce mercredi par téléphone, Jean-Marc Barbot, l’un des constructeurs de vans et camions pour le transport des chevaux, installé à Lisieux. Ses propos reflètent ce que pensent les autres constructeurs français mais également les professionnels du cheval, entraîneurs,éleveurs, cavaliers, propriétaires, grooms etc.. bref tous ceux que le problème touche de plein fouet. A titre d’exemple, un van tracté est lui plus léger et pourrait donc être une solution, à condition qu’il soit tracté par un véhicule adapté. Dans le cas contraire il serait bien entendu plus dangereux sur la route. Les pouvoirs publics, les autorités routières, l’administration, le législateur, la societé-mère, les professionnels ne savent plus vers qui se tourner. Cependant le syndicat des constructeurs de vans a bien fait appel à plusieurs reprises à l’Administration Française sans résultat jusqu’à présent.

1 000 amendes par jour sont en moyenne distribuées par la gendarmerie sur les routes de France pour ce type de problème. Autant d’argent qui entre bien entendu dans les caisses de l’Etat. On peut donc légitimement se demander si celui-ci a intérêt à changer la loi.

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Permis de conduire pour le transport de chevaux

illustration extraite de l'article publié par www.haras-nationaux.fr

tableau récapitulatif des permis

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