n°71 - août 2015

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Editorial | Glisse et cheval | Vous pouvez nous aider | La phrase du mois
La rentrée se prépare sur FAE Equiloisirs | Les pays notés sur le bien-être animal | La photo du mois | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Xylella Fastidiosa, un appel à une extrême vigilance

Comme vous avez pu en entendre parler par ailleurs, la Xylella Fastidiosa a, sans doute, déjà pris pied en Corse.

Avant de vous expliquer comment vous pouvez être une « sentinelle » et participer à la lutte contre l’extension de ce fléau avant qu'il ne soit trop tard, voici d'abord un résumé de la situation.

Cette bactérie est mortelle pour plus de 200 espèces végétales et plus de 50 familles botaniques différentes, dont une grande partie se retrouve en Corse, voire est la base dominante de notre couvert végétal méditerranéen et montagneux. La bactérie est présente à la fois dans les organes aériens (feuilles, rameaux, fruits) et dans les racines. A ce jour, il n’existe pas de traitement curatif des végétaux malades. La seul possibilité officielle semble être l'arrachage et la destruction des végétaux atteints, les traitements insecticides contre les insectes vecteurs, et l'interdiction de la circulation des végétaux ou de partie de végétaux à l’extérieur de la zone contaminée, avec création de zone de quarantaine.

En Corse, les moyens disponibles pour lutter contre une éventuelle propagation de Xylella Fastidiosa sont ridiculement faibles à l'heure actuelle. La prévention par l'information commence à peine et n'est pas encore généralisée, ni vraiment organisée de façon efficace. La prévention par l'interdiction totale d'importation des végétaux (pourtant seule solution fiable en l'état actuel des connaissances) rencontre de fortes oppositions, dont certaines commerciales, légales et juridiques. De plus, le contrôle des importations est pour l'instant aléatoire et non systématique. Or lorsque la Xylella Fastidiosa est détectée, il est déjà trop tard pour les végétaux infectés, qu'ils soient porteurs ou condamnés. Les végétaux infectés ne portant pas de symptômes ne peuvent être détectés sans analyse de prélèvements biologiques en laboratoire. Donc ces analyses devraient être systématiques et obligatoires, mais concrètement ce n'est pas le cas. Le passage de toutes les végétaux importés par une zone de transit ou de quarantaine n’est pas non plus respecté.

Alors que pouvons nous faire ?

Chacun de nous peut être une « sentinelle ». Dans les zones agricoles et de production, dans les jardins entretenus, les exploitants et les propriétaires devront être ces sentinelles. Mais c'est une faible partie de notre territoire. Pour le reste de la Corse, la Xylella Fastidiosa est semblable à la propagation d'un incendie lent et pernicieux qu'il sera difficile de détecter et de contenir avant que d'immenses zones soient infectée et visibles. Pour cela, il faut aider les agents qui sont déjà sur le terrain : Parc Naturel, ONF, Conservatoire du Littorale, Sapeur Forestier et j'en oublie.

Chacun de nous ou de nos amis, randonneurs équestres et pédestres, pêcheurs, chasseurs, cueilleurs et pratiquants d'activité pleine nature, peut agir.

Nous pouvons observer et signaler les cas suspects. Les zones les plus urgentes sont à proximité des zones urbaines et des zones agricoles, puis le long des voies de communications (routes, pistes, publique et privées) et enfin les zones ayant été récemment replantées. Mais, au final, tout le territoire de la Corse peut être concerné. Cela va être difficile en période et zone de sécheresse, et un peu plus facile en période et zone humide. Je vous invite donc à étudier les symptômes visuels sur les sites spécialisés ou officiels, puis, lors de vos déplacements en pleine nature à, observer et signaler les modifications suspectes de la végétation. Je vous déconseille par contre tout prélèvement et transport de végétaux suspect, surtout si vous ne connaissez pas les procédures de confinement nécessaires à cela. Il faut faire des photos qui doivent présenter deux aspects pour optimiser l'identification :

Il faut relever la localisation exacte, si possible la position GPS.

Pour l'instant, il n'y a pas de cellule de crise dédiée. Un numéro vert, spécifiquement dédié à Xylella fastidiosa pour toute demande de renseignement ou de signalement de suspicion de symptômes, a été mis en place : 0800 873 699.

Autres contacts :

Liens utiles :
http://agriculture.gouv.fr/sante-des-vegetaux-tout-comprendre-sur-xylella-fastidiosa
http://www.cra-corse.fr/no_cache/bulletins-sante-du-vegetal/notes-nationales.html
http://www.fredon-corse.com/
http://www.oliudicorsica.fr/documents/fichier-pdf_actus44.pdf
https://fr.wikipedia.org/wiki/Xylella_fastidiosa

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Glisse et cheval

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Un nouveau sport fait une timide apparition en France : le Horse Wakeboarding, ou Horse Surfing.

Pour pratiquer, il faut : un plan d'eau, un surfeur, une planche, un cavalier et un cheval. Le déroulement : un cheval au galop tracte un surfeur. Eau salée ou douce, peu importe : un bord de plage ou un canal peuvent convenir.

horse wakeboarding

La discipline s'adresse aux surfeurs ou wakeboarders confirmés, pour éviter de faire forcer le cheval. Ces derniers découvriront de nouvelles sensations, tout en continuant à exécuter des figures ou des sauts, en prenant appui sur la vague ou à l'aide d'un tremplin.

horse wakeboarding

Le cavalier devra, lui aussi, avoir un très bon niveau et être en totale harmonie avec son cheval. Un matériel de traction, adapté à l'anatomie du cheval et aux efforts qu'il doit fournir, est indispensable.

Ce sport est encore peu développé et aucune fédération ne le représente pour l'instant.

Une démonstration a été offerte au grand public sur la plage du Touquet le 18 juillet dernier, au cours de laquelle le record de France a été battu : le surfeur a atteint la vitesse de 35km/h.

En pleine saison estivale, il va être difficile de trouver un bord de mer assez dégagé pour tenter l'aventure du Horse Wakeboarding.

Sources : www.horse-surfing.com
www.lavoixdunord.fr

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Vous pouvez nous aider

par Laetitia Taillade-Maranichi

L'action menée par Equitable-Corse, depuis 6 ans maintenant, repose sur l'implication de nombreuses personnes. De façon ponctuelle ou plus régulière.

Ponctuellement :

Toute l'année :

Par contrat, les adoptants s'engagent à envoyer des photos de leur équidé au moins quatre fois par an et à régler la cotisation à Equitable-Corse. Si certains le font spontanément et régulièrement, d'autres ont tendance à oublier. Il faut les relancer sans cesse, jusqu'à obtention des photos. Cela demande du temps, de l'obstination et de la patience.

Environ 80 équidés sont placés sous contrat. Le suivi doit être réparti entre plusieurs volontaires.

L'appel est lancé ! Merci d'avance.

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La phrase du mois

par François Robichon de La Guérinière, écuyer du roi Louis XIII (1688-1751)

"La connaissance du naturel du cheval est un des premiers fondements de l'Art de monter, et tout Homme de Cheval en doit faire sa principale étude. Sans cette théorie, la pratique est toujours incertaine."

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La rentrée se prépare sur FAE Equiloisirs

par FAE Equiloisirs

Seul établissement, sur la région Corse, agréé pour la formation des moniteurs et accompagnateurs, le centre FAE EQUILOISIRS prépare sa rentrée.

Plusieurs cursus de formation sont proposés afin de correspondre au mieux à la réalité de la demande et aux besoins des professionnels :

Œuvrant depuis plus de 20 ans sur cette activité, l’établissement est reconnu pour la qualité de son enseignement. Régulièrement évalué par les instances nationales, l’établissement se place en bonne position pour l’obtention du label centre de formation.

Un effort permanent est accompli pour l’amélioration des équipements et l’adaptation de la cavalerie aux contraintes de la formation professionnelle et aux exigences des diplômes préparés. Les enseignants sont régulièrement en formation continue afin de compléter leurs compétences et technicité. Un effort particulier est mis sur l’accueil des stagiaires, en prenant en compte leurs parcours, leurs attentes et les contraintes.

Depuis quelques années, il est même possible d’être logé sur place, suivant plusieurs formules en collectif ou individuel.

L’expertise, la permanence et la polyvalence de l’équipe pédagogique permet d’afficher des résultats enviés par d’autres centres de formation professionnelle. Chaque intervenant a à cœur de transmettre ses connaissances avec l’enthousiasme de partager sur un métier enrichissant.

Un bilan positif au bout de 20 ans d’activités : 85 % de réussite aux examens, un taux d’emploi à 6 mois de 100 % et sur trois années de 70 %.

Malgré un turn over important dans les métiers équestres, les personnes ayant été formées sur ce champ d’activités, développent des compétences transversales permettant une intégration professionnelle indéniable dans d’autres secteurs d’activités. Ce qui fait dire qu’une formation équestre est un gage d’insertion professionnelle.

Régulièrement, les brevets subissent des évolutions sur les contenus et les formes d’évaluation. Pour cette rentrée, on attend des modifications sur le brevet professionnel et l’accompagnateur de tourisme équestre.

Les idées directrices étant d’intégrer la notion « de formation tout au long de la vie » donc d’aménager des passerelles entre les différents diplômes et la reconnaissance des compétences antérieures avec le positionnement.

Le métier de la formation évolue et l’équipe d’Equiloisirs s’adapte : positionnement des élèves en début de formation, parcours de formation personnalisé, formation assistée avec les contenus théoriques de formation accessible sur le site, évaluation continue des stagiaires par des intervenants extérieurs et cadres de la Fédération Française d’Equitation.

Ce qui peut paraître comme un handicap pour notre petite région avec peu de personnes, a été transformé en avantage en proposant des formations avec de petits effectifs et une individualisation des parcours.

Seule ombre au tableau le désengagement des pouvoirs publics pour le financement de ces formations. A l’opposé du discours ambiant sur l’aide aux jeunes et les priorités d’insertion. Trouver le moyen de financer sa formation est déjà une compétence qui devrait être validée tant le parcours est semé d’embuches et très peu lisible.

Le contexte économique et les difficultés auxquelles sont confrontés les établissements équestres ( TVA, rythme scolaire, établissements sauvages, fréquentation touristique en baisse…), imposent aux dirigeants d’avoir des exigences en terme de recrutement de personnel : qualification , polyvalence et flexibilité sont les qualités recherchées pour obtenir le sésame vers l’emploi durable.

Dans les tiroirs :

FAE Equiloisirs, tél : 04 95 61 09 88, site web : http://www.fae-equiloisirs.com/

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Les pays notés sur le bien-être animal

par Laetitia Taillade-Maranichi

La World Animal Protection a décerné des notes aux pays pour leur implication dans le bien-être animal. Les notes, de A à G, sont attribuées selon 15 différents indicateurs, comme la reconnaissance de la sensibilité animale, la protection des animaux de ferme, de compagnie, en captivité, utilisés pour la recherche scientifique, sauvages, etc…

carte du monde

La France a obtenu la note moyenne de C. Elle obtient des B et des C dans presque tous les domaines, un A dans l'intégration dans la loi des standards de l'OIE (Organisation Mondiale de la Santé Animale) en matière de bien-être animal, un G en matière de sensibilisation : la protection animale ne fait partie d'aucun programme éducatif.

Les pays d'Europe ne sont pas tous notés. La Suisse, l'Autriche et le Royaume-Uni sont les seuls très bons élèves. Le bonnet d'âne est décerné à la Roumanie.

Le classement intégral : http://api.worldanimalprotection.org/

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La photo du mois

 

photo du mois

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Dans la presse

article publié par leplus.nouvelobs.com, le 20 février 2014.

Des lions enfermés pour être mieux chassés par de riches touristes : cruel et intolérable

Par Muriel Fusi, juriste

[…]

Une chasse aux trophées cruelle

La "chasse en boîte", également appelée chasse close ou chasse en cages, est une chasse aux trophées dans laquelle les animaux sont maintenus dans un enclos à la merci des chasseurs.

Cette chasse est dénoncée par les défenseurs des animaux pour sa cruauté. Mais elle est aussi décriée par la majorité des chasseurs, qui estiment qu’elle dévoie le véritable esprit de la chasse, en ôtant un élément fondamental : la possibilité pour l’animal de s’échapper.

En effet, outre le fait d’être tenues prisonnières, les proies ont souvent été élevées par l’homme et ne s’en méfient pas. Il est alors très facile de les abattre.

Cette chasse existe dans de nombreux pays et touche différentes espèces mais aujourd’hui, ce sont bien les lions qui en sont les grandes victimes, avec seulement 20.000 individus à l’état sauvage en Afrique.

Des lions vendus pour être abattus

Chaque année, de riches touristes venus d’Europe ou des Etats-Unis sont prêts à payer plusieurs milliers d’euros pour avoir la garantie de tuer un lion et de ramener chez eux une partie de sa dépouille.

Ces chasseurs de trophées sont attirés par la facilité de cette chasse et par son prix. Selon Patrick Barkham, parti enquêter dans une de ces immenses propriétés d’Afrique du Sud où sont élevés pour la chasse des lions, des springboks et des crocodiles, un lion sauvage abattu lors d’un safari en Tanzanie peut coûter 50.000 livres sterling (60.725 euros), contre 5.000 livres sterling (6.072 euros) pour un spécimen élevé en captivité en Afrique du Sud.

Pour répondre à cette demande et à celle de la médecine traditionnelle asiatique, friande d’os de lions depuis que la vente d’os de tigres est interdite – en 2009, "seulement" cinq squelettes de lions avaient été exportés d'Afrique du Sud au Laos, contre 496 en 2011 –, des fermes de plus en plus nombreuses font naître des lionceaux qui une fois adultes, seront vendus pour être tués.

Grossesses à la chaîne et séparations douloureuses

Ces jeunes animaux sont séparés de leur mère peu après la naissance afin que cette dernière puisse rapidement donner la vie à de nouveaux petits. Dans ces fermes, le but est d’obtenir jusqu’à cinq portées en deux ans pour "produire" un maximum de lions.

Les lionnes vivent donc le même calvaire que toutes les femelles reproductrices en élevage intensif : grossesses à la chaîne et séparations douloureuses rythment leur vie en cages.

Nourris au biberon par des mains humaines pendant les huit premières semaines de leur vie, les petits peuvent être loués quelques minutes à des touristes de passage, ravis de pouvoir embrasser et caresser un lionceau pour 3.50 livres sterling (4 euros). Ces touristes, ignorants du stress immense vécu par ces petits sans mère, et du destin funeste que les éleveurs leur préparent, ne sont pas les seuls à être trompés par les apparences.

Des bénévoles travaillent souvent dans ces élevages en pensant œuvrer à la sauvegarde des espèces sauvages. Certains sont même prêts à payer pour un séjour de plusieurs mois.

Des méthodes immorales et indignes

En réalité, il y a aujourd’hui en Afrique du Sud plus de lions en captivité – plus de 5.000 –, qu’à l’état sauvage – 2.000 individus – et cette tendance s’aggrave.

La baisse de 80% en 20 ans des effectifs dans la nature montre bien que la croissance des fermes ne protège en aucun cas les lions sauvages. Au contraire, des prélèvements réguliers de lions libres sont nécessaires pour éviter la consanguinité dans les fermes, et les chasseurs de trophées qui commencent par tuer un lion élevé en captivité souhaitent souvent chasser ensuite un véritable animal sauvage.

Parfois, ce sont même des lions nés dans des cirques ou des zoos européens qui sont vendus pour apporter de nouveaux gènes aux élevages. Leur crinière foncée en fait des spécimens très recherchés et payés à très haut prix.

Ainsi, en 2010, l’association Quatre Pattes a sauvé deux lions âgés de trois ans provenant du zoo français African Safari Parc Zoologique, à proximité de Toulouse. Ces derniers devaient être vendus à un acheteur sud-africain.

Interviewée par Patrick Barkham, la fille de l’éleveur Van Der Merwe pourrait presque faire rêver quand elle décrit son quotidien dans une famille d’"amoureux des animaux" : "Nous avons été élevés avec des lionceaux, c’est agréable. Ils sont comme des bébés et quand ils sont très petits, ils se promènent dans la maison et vous suivent".

Mais cajoler des bébés animaux, puis les vendre pour être tués par des chasseurs tranquillement installés dans leur camion est une pratique tout simplement immorale et indigne de l’humain. Malheureusement elle reste très lucrative, bien qu'elle soit totalement légale en Afrique du Sud.

Une pratique lucrative difficile à contrer

En 2007, une loi a été votée en Afrique du Sud pour enrayer le phénomène en exigeant notamment que les grands prédateurs et les rhinocéros puissent vivre libres pendant deux ans avant d'être chassés, limitant sévèrement les affaires des éleveurs et la rentabilité des chasses. La loi interdisait également que des tranquillisants soient administrés aux animaux avant les chasses.

Mais elle a été annulée en novembre 2010 par la cour suprême locale. Aujourd’hui, les initiatives contre la chasse close sont timides dans ce pays, alors que le nombre de ces chasses a grimpé en flèche.

Des associations spécialisées estiment qu’il suffirait d’interdire l’importation des trophées d’animaux sauvages dans l’Union européenne et aux Etats-Unis pour porter un coup fatal à cette industrie. Les manifestations qui auront lieu le 15 mars 2014 visent justement en partie à informer le public et les législateurs de cette nécessité.

Il y a quelques années à San Antonio, au Texas, un Américain a offert sur son site internet de pouvoir tuer un animal via un dispositif en ligne. Cette pratique a été interdite dans 34 Etats américains mais a encore cours illégalement, et n’en demeure pas moins un exemple glaçant de ce que pourrait devenir la chasse aux lions en boîte s’il n’y est pas mis un terme.

NDLR : Depuis le printemps 2015, Emirates, la plus grande compagnie aérienne internationale au monde, et South African Airways interdisent le transport de trophées de chasse d'éléphants, de rhinocéros, de lions et de tigres dans leurs avions.

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