n°72 - septembre 2015

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Editorial | Endurance Equitable-Corse | La carte d’immatriculation d’un équidé | La phrase du mois
Toutes les races équines et asines locales menacées de disparition | L'âne sauvage d'Afrique | La photo du mois | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Comme on peut le constater, des chevaux peuvent vivre (ou survivre) en liberté ou semi-liberté, à l'année ou en estive. Il existe plusieurs cas, qui ne respectent pas tous la législation.

Le cas le plus simple, mais non légal au niveau des responsabilités (cas classé dans la divagation animale), est celui des chevaux dits "sauvages", non référencés, sans propriétaire connu et sans organisme chargé d'effectuer leur suivi scientifique, administratif et sanitaire.

Ensuite, il y a les élevages extensifs, qui doivent, entre autres, suivre les conditions suivantes : surfaces de parcours déclarées (lieu de détention) et sous contrat privé ou public, chevaux référencés et propriétaires et/ou responsables connus.

Pour ces deux cas, la santé et l'état des chevaux sont en général "assez bon" car les chevaux sont adaptés à ces conditions de vie.

Cependant, l'objet de cet article est le reste des cas. Il y en a deux : des propriétaires "bien intentionnés" lâchent leur chevaux en milieu naturel, pour leur retraite, sans se poser la question de leur capacité à survivre à ce changement brutal. Ces propriétaires sont pour le moins inconscients et incompétents, et peuvent tomber sous le coup de l'infraction de maltraitance.

Le dernier cas est le plus scandaleux et est, en ce moment, en pleine recrudescence : des propriétaires pour le moins hypocrites se "débarrassent" de leur chevaux en "fin de vie" et on peut le dire, les envoient à la mort assurée, si possible dans coins isolés et reculés, où leur forfait a moins de chance d'être repéré !

Cela doit cesser, et l'on peut souhaiter que les recensements systématiques des équidés y aideront.

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Endurance Equitable-Corse

par Laetitia Taillade-Maraninchi

La 6ème édition de l'endurance Calvi-Calenzana se déroulera le dimanche 27 septembre 2015 au camping Paradella, route de l'aéroport.

Sur des parcours similaires à ceux de 2014, plusieurs épreuves sont inscrites au programme:

Le samedi soir, un repas des cavaliers est proposé au prix de 10 € par personne, sur réservation avant le 21 septembre.

L'organisation d'une telle manifestation requiert l'intervention de nombreux bénévoles : si vous êtres disponibles, venez nous aider !

Rappelons que la participation des cavaliers apporte une aide financière à l'action d'Equitable-Corse dans le sauvetage des équidés, en particulier dans une période où certaines subventions, annoncées attribuées en 2014, n'ont pas été versées... Et remercions le Conseil Général de Haute-Corse et la Ville de Calvi pour leur fidèle soutien.

Chacun peut d'ailleurs apporter une aide financière, même la plus modeste, en participant à la cagnotte Equitable-Corse mise en place sur Internet : http://www.leetchi.com/c/association-de-equitable-corse.

affiche endurance 2015

Toutes les infos : http://endurance.equitable-corse.com/

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La carte d’immatriculation d’un équidé

Extrait de "La lettre ressources n°51 du 12 mai 2015", publiée par la Fédération Française d'Equitation

Il s’agit de la carte sur laquelle figure le nom du propriétaire. Elle n’est qu’une présomption de propriété, c'est-à-dire que le détenteur de la carte est présumé être le propriétaire du cheval mais il est possible de prouver le contraire.

La propriété d’un équidé peut être prouvée par tout moyen, y compris des factures d’entretien (pension, vétérinaire, maréchal ferrant, etc… ). Par exemple, en cas de divorce, si le mari est le propriétaire inscrit sur la carte mais que c’est l’épouse qui entretient l’équidé à ses frais et le soigne, la propriété pourrait être reconnue à l’épouse. De même pour une personne qui prend à sa charge l’entretien et les soins d’un équidé abandonné pendant un temps suffisamment long pour que les frais dépassent la valeur de l’équidé.

carte d'immatriculation

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La phrase du mois

par le Colonel Loïc de la Porte du Theil, écuyer en chef du Cadre Noir de 2000 à 2006

"Le plus grand des pédagogues est le cheval, encore faut-il qu'il le sache"

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Toutes les races équines et asines locales menacées de disparition

par Laetitia Taillade-Maraninchi

L’Institut national de la recherche agronomique (INRA) a établi, à la demande du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, une liste de races locales menacées de disparition, auxquelles une aide financière peut être attribuée. L'appellation "race locale" s’entend au sens du Code Rural Français : "une race majoritairement liée par ses origines, son lieu et son mode d’élevage, à un territoire donné".

L'INRA a établi trois listes : la liste des races locales, celle des races menacées d’abandon pour l’agriculture et la liste des races pour lesquelles le recours au croisement de sauvegarde est autorisé.

Toutes espèces confondues, 179 races locales ont été retenues par l’Inra, dont 80 % sont menacées. Toutes les races de chevaux et d'ânes sont considérées comme menacées :

races equines

races equines

On notera que les races ovines et caprines corses ne sont pas menacées.

Pour télécharger la fiche de l'opération, cliquer ici.

Source : Semaine Vétérinaire n° 1634 du 12/06/2015

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L'âne sauvage d'Afrique

par Laetitia Taillade-Maranichi

L'âne sauvage d'Afrique, qui regroupe deux sous-espèces, l'âne sauvage de Nubie et l'âne sauvage de Somalie, est considéré par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) comme "en danger critique d'extinction". A l'état sauvage, l'âne sauvage africain, ancêtre de nos ânes domestiques, a disparu de près de 50% de son territoire.

Il peut atteindre un poids d’environ 275 kilos pour une hauteur au garrot comprise entre 1,25 et 1,45 mètre. Adapté aux conditions de sécheresse, cet herbivore est capable de survivre sans boire pendant plusieurs jours et supporter des pertes de poids pouvant atteindre 30% de sa masse corporelle totale. L'âne sauvage de Somalie est très rapide, il peut atteindre la vitesse de 65km/h.

L'habitat naturel de l'âne africain, constitué de régions semi-désertiques et désertiques, se limite maintenant à l'Érythrée et l'Éthiopie. Dans ce dernier pays, on estime que la population a diminué de 95% au cours des 35 dernières années. Seulement 70 individus ont été observés dans ces deux pays, et, par une large extrapolation, on estime que la population totale pourrait être de 600 individus, dont 100 ânes de Somalie.

Des programmes de reproduction en captivité ont été mis en oeuvre dans les parcs zoologiques et les réserves, à partir de 5 animaux capturés en 1970 en Somalie et 12 animaux capturés en 1972 en Éthiopie. On ne compte qu'une dizaine de naissances en captivité par an dans le monde, les ânesses ne mettent bas que tous les deux ans.

En France, la première naissance d'âne de Somalie a eu lieu en 1994, à la réserve Africaine de Sigean. Depuis, le parc a enregistré 11 naissances, la dernière datant de 2010.

Une petite ânesse de Somalie a vu le jour, le 5 juillet dernier, au parc zoologique de Thoiry. Baptisée Chébéli, elle est le produit de Zula, 16 ans, femelle arrivée en novembre 2013 en provenance de Suisse, et Shimo, 7 ans, mâle provenant du Portugal arrivé en mai 2014.

Chébéli et sa mère

Chébéli et sa mère

Sources : Wikipedia
liste rouge de l'UICN
www.zoonaute.net

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La photo du mois

 

photo du mois

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Dans la presse

article publié par www.sciencesetavenir.fr, le 7 août 2015.

La surprenante richesse des mimiques chez les chevaux

Par Louise Duclos

MIMIQUES. Récemment, quatre chercheurs en sciences cognitives et en psychologie de l’Université du Sussex (Brighton, Royaume-Unis)ont publié un article dans le journal PLOS One, dans lequel ils déterminaient la similitude des expressions faciales entre humains et chevaux. Jusqu'ici, aucune étude n'avait cherché à inventorier l'ensemble des expressions faciales dont peut faire preuve l'animal, affirment les chercheurs. Mais comment quantifier des expressions ? Pour ce faire l'équipe a utilisé une méthode bien connue des psychologues (animaliers ou non) appelée FACS (Facial Action Coding System). Celle-ci, mise au point en 1978, consiste à décrire des mouvements de groupes de muscles du visage et à leur attribuer des codes (ex : "1" pour "Remontée de la partie interne des sourcils") et des intensités (de "A" à "E" en fonction du degré de contraction des muscles). Toutefois, cette méthode n'avait jusqu'à présent jamais été appliquée à un animal possédant des yeux très écartés et une face aussi allongée que le cheval.

Le cas du cheval

L'équipe anglaise a donc adapté la méthode à la morphologie de l'animal. Notamment en ce qui concerne les muscles et tissus adipeux autour des oreilles, des lèvres et du nez sont particulièrement larges et complexes chez les équidés. Et grâce à cette technique baptisée "EquiFACS", ils ont pu identifier un panel d'expression riche de 17 mimiques différentes ! Plus que l'on en trouve chez le chien (16 mimiques identifiées) ou chez le chimpanzée (13 expressions seulement). Pour comparaison, la palette d'expression humaine en comporte 27. Les chercheurs notent d'ailleurs de nombreuses similitudes en matière d'expression entre le cheval et nous. Par exemple le haussement des yeux, le clin d’œil, l’augmentation du blanc des yeux en situation d’angoisse, ou encore la lèvre inférieure relâchée comme signe d’endormissement.

Similitudes avec l'homme : une question de domestication ? 

Selon les chercheurs, cette large palette d'expressions proviendraient du long rapport de domestication qu’entretient l’homme avec le cheval, soit une durée de 5000 ans. En effet, la phylogénétique n’est pas la seule responsable dans l’affaire. Pour le professeur de l’université de Sussex, Karen McComb, moins un animal interagit avec des êtres humains, moins il est expressif. Toujours d'après ces chercheurs, le lien homme-cheval aurait eu pour effet d’influer sur les caractéristiques sociales, cognitives et morphologiques du cheval, expliquant ainsi les similitudes faciales.

Comment dans ce cas expliquer la plus faible richesse d'expressions faciales du chien, alors que cet animal entretient 12 000 de bons et loyaux services aux côtés de l'homme ? La raison tient peut-être simplement à une question de méthodologie de mesure de la complexité des muscles faciaux du cheval, et leur plus grand nombre (15 contre 12 chez le chien).

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