n°75 - décembre 2015

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Editorial | Fête barbare | La phrase du mois | Equi-Ethic | Compétition hors cadre fédéral | La photo du mois | Fausse info
Innovation : éclairage pour chevaux | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Vendredi 13 novembre

Le samedi, je me suis réveillé et j'ai commencé une triste journée sous les sombres auspices de l'actualité. Mais la randonnée à cheval de 4 heures dans la montagne corse et un petit repas en pleine nature nous a isolés, pendant quelques instants magiques, de cette cruelle actualité.

Le dimanche, le week-end s'est prolongé avec un concours équestre qui a réuni des organisateurs, des écuries, des parents, des enfants. Là encore, une parenthèse de « vie normale » de week-end de compétition, mais une partie des conversations n’était pas orientée vers l'équitation et portait les nuages noirs de l'actualité.

Alors le dimanche soir, j'ai posté sur un réseau social : « nous devons vivre intensément chaque journée. Nous le devons à tous ceux qui meurent pour rien de par le monde, juste pour assouvir la folie de certains qui croient que tout leur est permis... "

Aujourd'hui, sous l'actualité traitant de la COP21, je ne pense pas à avoir à modifier ma pensée, car il y a toujours autant d’incertitudes quant à un avenir meilleur, la menace de la cupidité de beaucoup et de la folie de quelques uns pèsera encore longtemps sur notre planète.

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Fête barbare

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Au nord-ouest de l'Espagne, en Galicie, des petits chevaux vivent à l'état sauvage. Le poney galicien (Cavall de pura raça gallega) est considéré comme race en danger d'extinction et l’administration espagnole et l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle ont mis en œuvre un programme pour la préserver.

Descendant des chevaux introduits par les Celtes entre le VIIe et VIe siècles avant Jésus-Christ, ce poney appartiendrait au même tronc que le Garrano portugais, l'Asturcón des Asturies, le Monchino de la Cantabrie, le Pottok basque, le cheval de Mérens de l'Ariège, le poney landais, le Connemara d'Irlande, le poney Bardigiano d'Italie, les poney Dartmoor, Poney Exmoor, Welsh Mountain, Fell et New Forest de Grande-Bretagne. Résistant et robuste, très vigoureux, doté d'une grande force physique, il se contente d'une alimentation pauvre.

poney galicien

Ce petit cheval a d'abord été chassé pour l'alimentation puis été domestiqué pour être utilisé par les militaires en temps de guerre et comme cheval de trait en temps de paix. Tel quel, il est peu intéressant pour sa viande, les éleveurs ont donc eu tendance, au cours du XXe siècle, à introduire des étalons d'autres races dans les montagnes pour obtenir des individus aptes à la production de viande.

Lorsqu'il est reconnu comme étant de pure race et identifié, le poney galicien ne peut être abattu pour la viande, il ne peut alors être utilisé que pour les expositions, l'équitation de compétition et l'équitation de loisirs.

Les poneys vivant dans les montagnes sont au centre d'un évènement annuel, classé par le gouvernement espagnol "fête touristique d'intérêt international" : la Rapa das Bestas. Organisés dans plusieurs villes de Galicie, de juin à août, ces "festivals" durent 1 à 3 jours. La plus célèbre Rapa a lieu à Sabucedo.

L'office du tourisme décrit cela comme un "spectacle offert par cette noble lutte entre l'homme et l'animal".

Des cavaliers partent en montagne rassembler un grand nombre de poneys galicens, étalons, juments, poulains, qu'ils ramènent au village et font entrer dans un enclos fermé par des murs en pierre. Le "spectacle" peut débuter : par groupes de trois, les hommes expérimentés (les touristes ne sont pas autorisés à participer) doivent capturer un équidé, puis, à l'issue d'une véritable lutte au corps à corps, le coucher et l'immobiliser. Une fois à terre, l'animal est marqué au fer rouge et "toiletté", c'est à dire qu'on lui rase totalement les crins, crinière et queue.

rapa das bestas

rapa das bestas

Selon les organisateurs, ces rassemblements sont l'occasion de vérifier l'état de santé des chevaux !

Evidemment, dans cette arène surpeuplée, on assiste au passage à des combats d'étalons...

rapa das bestas

Une fois que les hommes ont bien prouvé leur virilité dans ce combat contre l'équidé, l'animal capturé est vendu et finit, en général, à l'abattoir. Certains sont relâchés.

Concession à la modernité dans cette "fête" pratiquée depuis 400 ans : les femmes peuvent maintenant participer.

Une pétition contre cette "fête touristique" est en ligne : https://11719.lapetition.be/

Sources : Wikipedia
www.chevalmag.com

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La phrase du mois

par Nuno Oliveira, écuyer portugais (1925-1989)

"C'est en travaillant son cheval avec l'idée qu'il soit heureux, qu'on devient moins égoïste et plus généreux."

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Equi-Ethic

 

Equi-Ethic est un laboratoire d’idée ("Think-tank") consacré à l’amélioration du bien être des équidés domestiques.

Association inter professionnelle, fondée récemment par Vincent Boureau, vétérinaire équin et comportementaliste diplômé, Equi-Ethic "a vocation d’être un laboratoire d’idées sur tous les sujets ayant lien avec le bien-être des équidés domestiques. Nous revendiquons un avis d’experts indépendants, issus d’horizons varies (vétérinaires, chercheurs, acteurs de la protection animale), au bénéfice des organismes professionnels ou non qui composent la filière équine, sur tous les sujets qui entrent dans notre champ d’application".

Toute personne physique ou morale peut solliciter l’avis du comité Equi-Ethic, gratuitement.

Equi-Ethic a, notamment, réalisé la grille d’évaluation du bien-être des équidés, basée sur des critères objectifs, à destination des délégués de la Ligue Française de Protection du Cheval, et constitué le premier réseau de vétérinaires sentinelles en bien-être des équidés.

L'association met en place des formation en bien-être destinées aux professionnels ou amateurs de la filière équine.

site web : http://www.equi-ethic.eu

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Compétition hors cadre fédéral

extrait d'un article publié dans la REF n°148, octobre 2013

Pour une compétition organisée en dehors du cadre fédéral, un concours interne, un concours d’entraînement ou une fête équestre par exemple, la déclaration en préfecture est obligatoire.

Cette obligation concerne également les épreuves d’entraînement organisées lors d’un concours fédéral mais qui ne sont pas inscrites au programme officiel.

Formalités

La déclaration s’effectue en préfecture au minimum un mois avant la tenue du concours. A défaut, l’organisateur risque un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

La déclaration précise la provenance des chevaux et leur écurie d’origine ainsi que les noms et coordonnées des propriétaires des chevaux.

De plus, un registre des équidés participant à la compétition est tenu et conservé pendant 5 ans. Un vétérinaire doit être présent sur le lieu de la manifestation afin de procéder au contrôle de l’identification et de la vaccination des équidés.

L’organisateur doit également recueillir les certificats médicaux d’aptitude à la pratique de l’équitation en compétition, les autorisations parentales pour les mineurs ainsi qu’une attestation d’assurance en responsabilité civile pour chaque participant.

De plus, si cette compétition organisée hors cadre fédéral est ouverte aux licenciés de la FFE et donne lieu à une remise de prix dont la valeur est supérieure à 3000 euros, l’autorisation préalable de la FFE est nécessaire.

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La photo du mois

 

photo du mois

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Fausse info

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Le mois dernier, sur Facebook, une actualité choquante a été relayée, reprise, diffusée... Un célèbre cheval de course allait être exécuté à cause de son homosexualité, en Arabie Saoudite.

Tous plus outrés les uns que les autres, les adeptes des réseaux sociaux se sont empressés de partager l'effarante nouvelle sans prendre la peine, évidemment, d'en vérifier l'exactitude. Ils se sont contentés de partager, sans plus : aucune pétition n'a été lancée...

Totalement fausse, cette histoire a été publiée pour la première fois sur le site satirique américain Worldnewsdailyreport. Le site explique notamment qu'il "assume toute responsabilité sur la nature fictionnelle de ses articles" que toutes les personnes citées "sont des inventions".

Source : www.franceinfo.fr

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Innovation : éclairage pour chevaux

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Afin de limiter les risque d'accident à la tombée de la nuit, Tail Lights, Inc. a mis au point un système de visibilité pour les chevaux, à LED, en deux parties : une à fixer sur la queue de l'équidé, l'autre au niveau du potrail, sur un collier de chasse par exemple.

L'éclairage est actionné par une télécommande, plusieurs couleurs et intensités peuvent être sélectionnées. Le système de sécurité est rechargeable.

eclairage chevaux

eclairage chevaux

La société américaine qui a mis au point ce système fait appel à un financement participatif sur Internet : le produit est finalisé (il équipe déjà plusieurs patrouilles équestres de la police aux Etats-Unis et au Canada), l'argent récolté servira à la mise en production. Le risque est minime puisque l'objectif de 18 500 $ était largement dépassé fin novembre. Plusieurs contributions sont proposées jusqu'au 10 décembre 2015, permettant d'acheter, en pré-commande, le Tail Lights à 155 $, prix bien inférieur à celui auquel il sera commercialisé.

Contribuer au projet Tail Lights : http://www.kickstarter.com

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Dans la presse

article publié par www.newsmada.com, le 24 novembre 2015.

(MADAGASCAR) Bête de somme : les ânes en voie de disparition

les derniers ânes

Les équidés ont été introduits à Madagascar à l’époque du règne de Radama I, au 19è siècle. Toutefois, «La population asine ne compte plus actuellement qu’une quarantaine d’individus dans la Grande île», a soutenu un Espagnol de Toliara, amateur de cette bête de somme. Pour dire que cette race d’équidé est réellement en voie disparition à Madagascar, à tel point qu’il a décidé d’en conserver quelques spécimens dans son ranch à Ifaty, pour son propre plaisir. D’ailleurs, il a intitulé «Les derniers ânes de Madagascar», cette insolite conservation de l’espèce, non encore répertoriée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Dans les années 70-80, ces animaux étaient surtout utilisés pour le transport d’eau dans le Sud où la sécheresse est quasi permanente, en particulier dans les régions d’Ambovombe-Androy et Amboasary-Sud. Mais pour des raisons non encore connues, ils n’ont pas survécu et ont été remplacés progressivement par les zébus, voire par des engins mécaniques comme les camions. Peut-être est-ce là une des raisons qui n’ont pas motivé les éleveurs de la région à protéger la survie de l’espèce.

Sera R.

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