n°78 - mars 2016

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Editorial | Traction animale | Formation Tourisme Equestre | La phrase du mois | Concours reportés | En Ethiopie, les ânes participent à l'éducation | L'image du mois | A l'étranger | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

En tant qu'officiel de compétition, je m'attache à veiller à l'application du règlement de la Fédération Française d'Equitation. Un règlement en constante évolution avec, parfois, des règles sur les terrains de concours dont la logique m'échappe, mais je constate que la sécurité de tous et la lutte contre la maltraitance des équidés prévalent.

Pour l'engagement d'un couple cavalier/cheval, l'officiel de compétition doit veiller, et cela me semble une évidence, à ce que :

La photo ne figurant pas sur la licence, le juge est en droit de vérifier l'identité du concurrent, l'identité d'un équidé, tout comme il peut interrompre un parcours s'il estime qu'il y a mise en danger.

Lorsque le couple enregistre son engagement sur Internet, la FFE procède à ces vérifications et d'autres encore. Elle bloque l'engagement lorsque la licence de compétition n'est pas valide. En revanche, elle n'empêche pas de faire plus d'engagements que la limite autorisée. Si le juge, souvent pris par le temps, ne s'en rend pas compte et laisse partir le concurrent ou l'équidé, ils seront disqualifiés sur l'ensemble des épreuves de la journée au moment de la saisie des résultats. La FFE a bien encaissé tous les engagements, c'était au cavalier de gérer sa journée en choisissant l'épreuve qu'il ne ferait pas.

Depuis 2015, la gestion des listes de compétition pour les chevaux, auparavant à la charge des Haras Nationaux, a été transférée à la FFE. Amusant quand on sait que l'IFCE (qui englobe les Haras Nationaux) est en sureffectif. La bonne nouvelle : c'est maintenant gratuit. Ou pas...

Dans le tutoriel du site de la FFE pour la démarche d'enregistrement d'un cheval, on peut lire : "Pour enregistrer un cheval en FFE, seule est nécessaire la prise d'une licence pratiquant". Jusque là, rien de bien choquant, le cavalier est forcément licencié. "Lors de cet enregistrement le déclarant doit être le propriétaire ou le mandataire du propriétaire du cheval et indiquer le nom de celui-ci". Il est donc encore possible d'enregistrer un cheval pour quelqu'un d'autre.

"La carte d'immatriculation du cheval doit être à jour (propriétaire enregistré au SIRE). Si ce n'est pas le cas le cheval pourra être interdit de compétition passé un délai de régularisation de 3 mois". Dommage pour les cavaliers qui ont adopté des chevaux réformés des courses, pleins papiers, pour lesquels l'ancien propriétaire a bien voulu remettre le document d'accompagnement mais pas la carte de propriétaire... Cela arrive très souvent.

En 2014, un article a été ajouté aux dispositions générales du règlement des compétitions : "Est considéré comme propriétaire d’un poney/cheval, la personne physique ou le gérant d’une personne morale titulaire d’un droit de propriété sur un équidé, enregistré comme telle dans le fichier SIRE de l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation."

En 2015, cet article a été complété par "La personne physique ou le représentant légal de la personne morale doit être titulaire d’une licence FFE en cours de validité". Bizarrement, sur mon exemplaire du règlement, téléchargé sur le site FFE, cet ajout n'est pas signalé, comme c'est le cas habituellement. Il avait donc échappé à mon attention.

Jusqu'à ce qu'une alerte apparaisse dans une fiche concours :

alerte FFE

Encore une fois, la FFE encaisse l'engagement mais si le propriétaire ne prend pas de licence avant le début du concours, le couple pourra concourir mais sera disqualifié.

En l'occurence, le propriétaire ne pratiquant plus l'équitation, par choix ou par obligation, de manière provisoire, qui a confié son cheval à un autre cavalier, est dans l'obligation de payer 36€ pour une licence qui ne lui sert à rien. Pour des raisons de responsabilité ? J'aimerais comprendre...

De plus, je nous vois mal, les officiels de compétition, avoir le temps de vérifier, lors des engagements terrain, la licence du propriétaire et, éventuellement, expliquer au concurrent qu'il sera disqualifié .

Jusque là, le cavalier était dans l'obligation de présenter le document d'accompagnement du cheval, pas la carte de propriétaire. A fortiori si le cheval n'est pas à lui. Et si le propriétaire est en liste rouge, nous n'avons pas accès à son nom sur le site de la FFE, donc la vérification est impossible. Et si le cheval a plusieurs propriétaires, doivent-ils tous être licenciés ? Jackpot !

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Traction animale

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Une vingtaine de personnes ont assisté dernièrement au premier stage "Technique d'attelage et de traction animale", organisé par FAE Equiloisirs à Corte. Maraîchers, viticulteurs, centres équestres : les professionnels issus de divers horizons sont venus s'essayer au travail de la terre avec un équidé.

La formation était animée par Bernard Michon, seul fabricant français de matériel de traction animale, qui a effectué de nombreuses démonstrations avec des outils récents, ou anciens rénovés, selon des conceptions astucieuses et ergonomiques permettant de faciliter le travail du meneur et de l’animal.

traction animale

traction animale

traction animale

L'utilisation de la traction animale s'inscrit dans une philosophie de vie de retour à la nature et de qualité : la terre travaillée ainsi est plus aérée, permettant d'améliorer la production. De plus, l'animal peut intervenir dans zones difficilement mécanisables.

Côté financier,si l'investissement est moindre par rapport à l'achat de matériel agricole mécanique, il n'est pas forcément justifié pour l'agriculteur qui n'aura l'usage de l'animal que ponctuellement. En revanche, pour Thierry Angot, responsable de FAE Equiloisirs, "l’intérêt, pour les établissements équestres, d’avoir un demi lourd doit être mis à l’étude. En effet l’utilisation pour le travail quotidien distribution d’aliments et fumier et un travail pour l’attelage de loisirs permet à l’animal de justifier sa place au sein de l’établissement". Le centre équestre pourrait proposer aux agriculteurs de la prestation de service en traction animale.

Thierry Angot précise : "l’utilisation de traction animale nécessite d’avoir un animal extrêmement bien dressé (merci à Jean-Claude Lorenzoni qui a mis ses mules à contribution) mais aussi d’ajuster le matériel d’une façon très précise, afin de bénéficier d’un maximum de traction en économisant l’énergie et la fatigue de l’animal. Il semble que la mule et le petit cheval de trait soient les animaux adaptés pour notre région, il faudrait utiliser l’âne pour le maraîchage mais cela nécessite un autre matériel.

Le prochain stage est prévu les jeudi 31 mars et vendredi 1er avril 2016, le débardage devrait être au programme.

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Formation Tourisme Equestre

 

Pour la première fois en 2016, le Haras de la Cense et Equiloisirs proposent une formation Tourisme équestre, unique en France. Deux centres de formation de référence s’associent pour donner aux futurs professionnels une double compétence, en phase avec la demande du secteur.

La formation de 7 mois, à cheval entre les Yvelines et la Corse, est sanctionnée par 2 diplômes fédéraux: ATE et BFEE I.

Une journée de sélection se déroulera le samedi 16 avril 2016, la date limite d'envoi des dossiers de candidature est le 31 mars 2016.

Pour en savoir plus, télécharger le programme :

miniature programme

Télécharger le dossier de candidature :

miniature du dossier de candidature

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La phrase du mois

par Rémy Largillière, co-fondateur de la Fédération de Dressage Artistique

"La pire des maladies du cheval est… un mauvais cavalier."

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Concours reportés

 

En raison des mauvaises conditions climatiques, les concours Pony Games et TREC organisés par FAE Equiloisirs à Corte, prévus le dimanche 28 février, sont reportés au dimanche 13 mars.

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En Ethiopie, les ânes participent à l'éducation

information transmise par Paule Schlemaire

Dans les zones rurales d'Ethiopie, les ânes sont nombreux mais les livres rares. L'alphabétisation doit être améliorée et l'accès à la culture est difficile. L'association humanitaire Plan International, en partenariat avec RATSON, une association pour les jeunes et les femmes, a créé la bibliothèque mobile.

bibliothèque mobile
Crédit photo : Plan International

Tirée par deux ânes, la bibliothèque s'arrête dans les villages et fournit à un millier de personnes des ressources pédagogiques, un théâtre de marionnettes et des livres, pour réinjecter culture et loisirs dans le quotidien.

Source : www.actualitte.com

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L'image du mois

 

photo du mois

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A l'étranger

 

En Angleterre, un jockey a été sanctionné pour ne pas avoir arrêté son cheval avant l'épuisement total. A bout de forces, le cheval a chuté à la dernière haie et a mis 10 minutes pour récupérer et arriver à se relever.

France Galop ne prévoit rien de ce genre sur les hippodromes de l'hexagone.

Source : www.paris-turf.com

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Dans la presse

article publié par www.lefigaro.fr, le 29 février 2016

Les pratiques douteuses de la Fondation Assistance aux animaux

Par Guillaume Errard

Des soins gratuits...facturés, un patrimoine immobilier constitué grâce aux legs ou aux dons...: la Fondation Assistance aux animaux (FAA) est dans le collimateur de la Cour des comptes, du fisc et de l'ordre des vétérinaires, selon Le Parisien-Aujourd'hui-en-France.

Créée en 1930, cette fondation (anciennement Brigade de défense des animaux) est censée soigner gratuitement les animaux, victimes de mauvais traitements ou dont les propriétaires ne peuvent s'occuper car eux-mêmes vivent dans la misère. Elle emploie environ 70 salariés et 435 bénévoles dans ses 18 refuges. Reconnue d'utilité publique depuis 1989, elle perçoit des dons et des legs qui bénéficient d'un avantage fiscal: les donateurs, 65.000 selon la fondation, peuvent en effet déduire 66% de leurs dons de leur impôt sur le revenu. Entre 2012 et 2014, l'organisme a perçu entre 10 à 16 millions d'euros par an de dons ou de legs. À titre de comparaison, la SPA a engrangé 32 millions de dons.

Selon Le Parisien-Aujourd'hui en France la Cour des comptes a mené l'enquête pendant un an. Dans son rapport, elle affirme que la fondation ferait payer des soins censés être gratuits à des personnes en difficulté financières. Une SDF de Nice, citée par Le Parisien-Aujourd'hui en France, explique ainsi qu'elle a été refoulée par la fondation parce qu'elle ne pouvait pas payer. «Quand je demandais à un SDF ses papiers prouvant qu'il était sans le sou, pour que tout soit gratuit, on m'en dissuadait», confirme un vétérinaire de la FAA. Mis au courant de cette tromperie, les vétérinaires libéraux ont attaqué leurs confrères de la fondation. En juin 2015, deux vétérinaires de Toulon ont été interdits d'exercice en appel pendant deux mois (dont un mois et demi avec sursis) pour ne pas avoir respecté la gratuité des soins. Sept affaires seraient en cours, reconnaît la présidente de la FAA, Arlette Alessandri.

Autre reproche fait à la fondation: sa mauvaise gestion financière. La Cour des comptes dénonce notamment les frais de la direction générale «en hausse» ou encore des «dépenses prises en charge indûment». Alors que la FAA est un organisme à but non lucratif, son activité serait en réalité commerciale, si l'on en croit un courrier confidentiel de décembre 2015 envoyé par deux inspectrices de la Direction nationale des vérifications des situations fiscales. La fondation pourrait ainsi perdre son agrément fiscal et risque un redressement de 10 à 15 millions d'euros.

Enfin, grâce aux legs et aux dons, la FAA aurait acquis environ 80 biens immobiliers qui lui auraient rapporté 211.000 euros nets en 2014. Des appartements censés accueillir les animaux qui seraient en réalité occupés par des salariés ou des enfants d'administrateurs... Quant au siège social, s'il est officiellement basé au 23, avenue de la République dans le XIe arrondissement de Paris, les salariés de la fondation travailleraient en réalité à Versailles, au cœur du Hameau de la Reine. Des malversations d'autant plus surprenantes que le Conseil d'administration de la FAA compterait...quatre ministères de tutelle (Intérieur, Agriculture, Finances, Écologie).

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