n°79 - avril 2016

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Editorial | Nouvelle discipline | Renaissance du quagga | La phrase du mois | Innovation | Apprendre à tomber | L'image du mois
2e Journée d'Information et d'Echanges autour du Cheval Corse | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Effet d'annonce

Depuis plusieurs mois, nous partageons les articles publiés régulièrement par Amélie Tsaag-Valren, qui a dévoilé les orientations des pouvoirs publics en faveur de l'abattage des chevaux au titre de gestion de la fin de vie et lancé une pétition pour s'y opposer.

Le 6 mars, la rédactrice du site www.cheval-savoir.com, a publié une mise à jour sur la page de la pétition :

Une "charte du bien-être équin" a été signée pendant le salon de l'agriculture (voir ce lien : https://youtu.be/fEc7BL5GgV8 ), paraît-il "en présence de tous les acteurs de la filière".

Curieuse conception de l'ensemble des acteurs de la filière, car aucune association de protection du cheval, aucun refuge, aucun représentant des propriétaires de chevaux de loisir n'en fait partie. Je doute que l'ensemble du monde équestre adhère à l'idéologie de la FNSEA ou de la FFE.

[...]

Il est surprenant d'entendre que "l'on va s'améliorer vers toujours plus de bien-être équin", de la part des mêmes personnes qui, en septembre dernier (pendant les secondes assises de la filière équine), laissaient éclater leur joie en voyant que "le scandale de la viande de cheval fait aller les gens chez le boucher chevalin", rappelaient que les pension-retraites pour chevaux ont une TVA à 20 % alors que la revente à l'abattoir est taxée à 5,5%, et avaient déclaré que "la fin de vie, pour un animal de rente, c'est le steak".

[...]

Reste que les huit mesures de cette charte sont, en elles-mêmes, une très bonne chose. Tout propriétaire équin, quelle que soit son obédience, gagnera à les appliquer :

Très vite, la Fédération nationale des éleveurs professionnels d’équidés réagissait à la signature de cette charte. Le 11 mars, lafranceagricole.fr publiait, sous le titre « La charte sur le bien-être est dangereuse » :

La Fédération nationale des éleveurs professionnels d’équidés, section du cheval de la Coordination rurale, s’inquiète au sujet de la signature par la filière équine d’une charte sur le bien-être, la semaine dernière lors du Salon de l’agriculture.

« Cette charte fait suite à des attentes sociétales, mais elle est extrêmement dangereuse », insiste le syndicat. Celui-ci craint que la charte aille dans le sens de diverses associations de défense des animaux qui souhaitent dans la majorité des cas que l’équidé soit libéré de tout travail ou astreinte.

L’organisation signale aussi que « tous les éleveurs de bovins, d’équins ou d’ovins, savent qu’il n’est pas possible de travailler dans de bonnes conditions économiques si les animaux ne sont pas élevés dans de bonnes conditions sanitaires et de bien-être. »

Les articles de la Charte me semblent une telle évidence que je suis surprise que sa signature soit un évènement dont se félicitent les acteurs de la filière et que, en plus, cela devienne sujet à polémique.

Quant aux associations de défense des équidés qui s'élèvent contre le travail du cheval, je n'en connais pas...

Signataires de la Charte : France Galop, Le Trot, la Fédération nationale du cheval, la Fédération française d’équitation, le Groupement hippique national ainsi que l’Association vétérinaire équine française.

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Nouvelle discipline

par Laetitia Taillade-Maraninchi

La Fédération Française d'Equitation reconnaît maintenant une pratique en tant que discipline : le travail à pied. Il ne s'agit pas d'éthologie, mais de travail du cheval à la longe et aux longues rênes.

Au XVIIIe siècle, les longues rênes permettaient de rassembler le cheval, afin de mieux dresser les chevaux de guerre. De nos jours, les longues rênes s'utilisent dans le débourrage, la préparation à l'attelage et, par la suite, le travail des déplacements latéraux. Le Cadre Noir propose des spectacles de travail aux longues rênes.

cadre noir
crédit photo : www.ifce.fr/cadre-noir/

Pour l'apprentissage de l'équitation, le travail à pied permet au cavalier de se concentrer sur la main, sans se soucier de son équilibre.

Qui dit discipline officielle dit enseignement, règlement et concours. Un brevet d'enseignant devrait être mis en place dans le courant du printemps. Le règlement a été publié par la FFE et les cinq premiers concours ont été organisés, en mars, dans toute la France.

Les concours de travail à pied sont organisés dans la catégorie Club, ouverts aux concurrents des catégories Amateur et Pro. Ils s'adressent à tous les cavaliers à partir de 6 ans et du galop 2 et à tous les équidés à partir des poneys A. Ils s'articulent sur trois niveaux.

Le niveau 1, ludique, s'adresse avant tout aux enfants et poneys et consiste à effectuer des parcours avec passages obligatoires.

Le deuxième niveau, Club 1, correspond à des reprises techniques simples avec un enchaînement de figures à réaliser. L'aisance dans le maniement des longues rênes et le liant avec le cheval sont notés.

Pour le troisième niveau, Club Elite, le couple est jugé sur des vraies reprises de dressage, avec du rassemblé et des exercices sur 2 pistes.

reprise de travail à pied
crédit photo : www.ecolewaldhof.fr

Site de Déborah Sokic, experte fédérale : http://www.longuesrenesalsace.fr/

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Renaissance du quagga

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Depuis 30 ans, des scientifiques travaillent, en Afrique du Sud, à recréer une race d'équidé dont le dernier représentant est mort dans un zoo en 1883 : le quagga.

Ce cousin du zèbre des plaines, dont la croupe n'est pas rayée, a été victime des chasseurs coloniaux.

quagga
crédit photo : Rodger Bosch/AFP

Le quagga nouveau, baptisé quagga de Rau pour le différencier du modèle original dont il n'est pas issu, est le fruit d'une sélection de zèbres de plaines peu rayés. Aujourd'hui, la ferme, installée dans une vallée du Cap Occidental, compte une centaine d'individus dont ceux de la cinquième génération peuventt être considérés comme similaires au quagga d'antan.

Les quaggas de Rau n'étant pas le fruit d'hybridations, ils peuvent se reproduire.

Source : www.lemonde.fr

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La phrase du mois

 

"Le cheval est la projection des rêves que l'homme se fait de lui-même : fort, puissant, beau, magnifique. Il nous offre la possibilité d'échapper à la monotonie de notre condition."

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Innovation

par Laetitia Taillade-Maraninchi

La startup française Equisense, regroupant 6 jeunes passionnés d'équitation et de technologie, a mis au point un objet connecté destiné à analyser les séances de travail du cheval.

Un capteur fixé à la sangle recueille et analyse, séance après séance, un large éventail de données transmises à un smartphone par Bluetooth : identification d'allure, rebond et propulsion, cadence, symétrie de l'allure, tracé et trajectoire de saut, vitesse, amplitude des foulées, symétrie de la locomotion... Toutes les disciplines de compétition sont concernées.

Le dispositif prévoit d'alerter en cas de boiterie.

écrans

Parallèlement à l'analyse des performances, cet outil objectif permet de suivre l'état de forme du cheval et d'adapter le travail pour favoriser le bien-être du cheval à l'effort et prévenir les pathologies.

Ce nouvel objet connecté est encore en phase d'essai, il est possible de postuler pour être testeur : equisense.com.

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Apprendre à tomber

 

Une responsable de centre équestre a décidé d'affronter un problème majeur pour les débutants en équitation : l'appréhension de la chute. Véronique Bretesché, propriétaire du club hippique de Boqueho (Bretagne), s'est donc associée à un professeur d’aïkido pour préparer les élèves à tomber de cheval.

Le professeur d'arts martiaux a ciblé des exercices pour que les cavaliers puissent bien se recevoir au sol, sans se faire mal. Après deux ou trois séances, les réactions des jeunes cavaliers après la chute sont beaucoup plus positives, ils n’ont plus peur de remonter tout de suite à cheval.

Source : www.ouest-france.fr

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L'image du mois

 

photo du mois

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2e Journée d'Information et d'Echanges autour du Cheval Corse

par Associu U Cavallu Corsu

L'Associu U Cavallu Corsu, Association Nationale de Race gestionnaire de la race du Cheval Corse, organise la 2e Journée d'Information et d'Echanges autour du Cheval Corse, le samedi 2 avril au restaurant U centu chiave à Corte, de 10h30 à 16h30*.

Tous les passionnés de chevaux, détenteurs ou pas de chevaux de race corse, sont invités à y participer. L'objectif est de rassembler, échanger et mettre en relation tous les acteurs de la filière équine en Corse et évoquer les perspectives offertes par U Paganacciu.

Le Cheval Corse, patrimoine vivant de la Corse, est une race menacée qu'il faut préserver et développer. C’est un marqueur identitaire fort qui peut contribuer au développement économique. Son élevage sera une des thématiques. Ce cheval polyvalent peut être valorisé en sport, en loisirs et dans le tourisme équestre.

Cette journée sera l'occasion de mettre en avant les qualités de ce cheval et inviter tous les amoureux de ce bel animal, qu'ils soient détenteurs ou non d'un cheval de race corse à connaître un peu plus cette race en présentant les plus beaux sujets de la race, mais aussi de présenter la Selle Corse Santu Petraccia de nouveau fabriquée en Corse grâce au partenariat du GAL Centre Corse. Un sellier harnacheur, diplômé du Haras du PIN, présentera 2 modèles de Santu Petraccia conçus d’après les selles corses traditionnelles.

V’aspettemu numerosi.

*Buffet offert, merci de confirmer votre présence au 06 58 20 21 69
www.chevalcorsesiteofficiel.com

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Dans la presse

article publié par www.lefigaro.fr, le 11 février 2016

Coûteux et inadapté, l'institut français du cheval est sur la sellette

Par Marie-Cécile Renault

Propriétaire de nombreux haras et d'un vaste parc immobilier, l'institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) est en déficit. Il souffre aussi de sureffectifs.

Coup de tonnerre dans l'univers de l'équitation! La Cour des Comptes préconise de fermer l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE), jugé trop coûteux au regard de la faiblesse des missions de service public qu'il assure.

Chargé de favoriser le rayonnement de l'équitation de tradition française, d'organiser des formations aux métiers de l'élevage et des sports équestres, ou encore de mettre à disposition des cavaliers de haut niveau des chevaux dotés des meilleures qualités sportives, l'IFCE connaît un déséquilibre financier structurel. Obligé de le soutenir, l'État a été contraint d'augmenter substantiellement les subventions: elles sont passées de 41,9 millions d'euros en 2014, à 49,1 millions d'euros en 2015 (soit + 17 % sur un an) puis à 50 millions d'euros en 2016. Et pour cause: «l'IFCE a perdu l'essentiel de son activité et de sa raison d'être sans que les ajustements nécessaires aient été effectués, tant pour ce qui concerne les ressources humaines que les implantations territoriales», note la Cour des Comptes.

Un patrimoine immobilier «d'une taille et d'un poids financier démesuré»

Né en 2010, de la fusion des Haras Nationaux et de l'École nationale d'équitation, l'IFCE employait alors un peu plus de 1 100 personnes. Il était prévu, qu'avec la fusion des établissements et la fin de l'étalonnage public (reproduction de chevaux), les effectifs soient fortement réduits, pour tomber à 650 emplois en 2018. Or, cet objectif ne sera pas atteint puisqu'il devrait encore y avoir 745 emplois en 2017. «Alors que les ministères de tutelles avaient demandé de mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences pour anticiper l'évolution des ressources humaines(...), rien n'a été fait sur ce point», note sévèrement la Cour.

Au regard de cette situation, le parc immobilier de l'IFCE, propriétaire de 2 000 hectares répartis sur 23 sites et de quelques 35 bâtiments représentant une surface de près de 200 000 m2, est jugé «d'une taille et d'un poids financier démesurés». Il était pourtant prévu que l'IFCE cède 8 haras et n'en conserve que dix , en sus de ses implantations historiques de Saumur et Pompadour. Mais, seuls deux haras ont effectivement été vendus (Annecy et Blois), un autre l'ayant été partiellement (Compiègne). Au-delà du déficit d'entretien chronique et de la dégradation de l'état général des bâtiments, la Cour dénonce une sous-utilisation très nette du patrimoine de l'IFCE avec un ratio de 20 m2 par agent et un taux d'occupation des boxes de chevaux de seulement 67%!

«Le maintien de l'établissement ne se justifie plus», conclut la Cour des Comptes, qui recommande de supprimer l'IFCE en confiant les activités de service public qui y subsistent au ministère de l'agriculture et au ministère des sports, d'organiser la réaffection des personnels, et d'organiser la cession du patrimoine immobilier.

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