n°80 - mai 2016

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Editorial | Stage de TREC | Une première mondiale pour la sauvegarde des races d’ânes sauvages et domestiques | La phrase du mois | USA : les ânes sauvages se sont reproduits | Nouveau sport de glisse | L'image du mois | Obligation de diplôme | Dans la presse

Editorial

par Daniel Guglielmacci

Protection des chevaux dans le sport

L'année 2015 a marqué la FEI (Fédération Internationale d’Équitation) et l'a obligée à réagir fermement face à la tempête médiatique de protestation contre la maltraitance des chevaux dans certains sports équestres. De nombreux et répétitifs cas de maltraitances, dont des dopages, ou autres tricheries portant préjudice aux équidés avaient été relevés par des témoins et portés devant les médias et devant les fédérations nationales.

Cela avait entraîné la suspension totale temporaire de la fédération des Émirats Arabes Unis, pour toutes les disciplines équestres relevant de la FEI, et obligé les Émirats Arabes Unis à promettre d'agir radicalement afin de modifier le contrôle du déroulement des épreuves sportives et l'application de tous les règlements en vigueur. Cela a suffit pour que les Émirats Arabes Unis réintègrent la FEI.

Mais, en 2016, devant une recrudescence de cas scandaleux, sur certains sites d’épreuves, la FEI a, à nouveau, été obligée d'intervenir. Cette fois, c'est le coup de tonnerre final mettant fin à tout arrangement diplomatique. La Fédération Internationale d’Équitation (FEI) a annoncé que les Championnats du Monde d'endurance 2016 ne se tiendraient pas à Dubaï comme cela était initialement prévu. Et donc un appel à candidature a été lancé pour trouver un nouvel organisateur. En espérant que tout se passe bien…

Et voici un extrait du communiqué de la FEI :

« La FEI reconnaît les efforts fournis par la fédération nationale des Émirats arabes unis en endurance depuis sa réinsertion en juillet 2015. Cependant, malgré le travail et les progrès, le bureau de la FEI est d’opinion que la fédération n’est pas en position de garantir que le bien-être du cheval sera garanti durant les championnats du monde. »

Source : Equidia

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Stage de TREC

 

Les Ecuries U Baladinu, à Tallone, organisent, les samedi 25 et dimanche 26 juin 2016, un stage de TREC.

Le stage sera animé par Jonathan Bausseron, un jeune cavalier au palmarès déjà bien fourni : champion de France Amateur 1 jeunes en 2014, vice-champion du monde par équipe en 2014 avec le groupe France Jeunes TREC, médaillé de bronze en individuel et par équipe aux Championnats d'Europe en 2015...

ptv, Jonathan Bausseron

Le stage est ouvert aux cavaliers licenciés, de tous niveaux (à partir du galop 2 pour les mineurs), au tarif de 70€ par jour, repas du midi compris. Les cavaliers ne pouvant se déplacer avec leur cheval auront la possibilité de louer un cheval du club.

Les places sont limitées, réservations et informations au 06 29 44 21 31.

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Une première mondiale pour la sauvegarde des races d’ânes sauvages et domestiques

Communiqué de presse de l'INRA

Des chercheurs de l’Inra, en collaboration avec l’IFCE, le CNRS et l’Université François Rabelais de Tours, viennent de développer pour la première fois une technique de collecte in vivo d’ovocytes d’ânesses qui peut désormais être utilisée en routine. Ils ont également étudié la chronologie de la maturation in vitro de ces ovocytes. Publiés dans Theriogenology, leurs travaux constituent des avancées cruciales dans la conservation du patrimoine génétique des races d’ânes en cours d’extinction.

La plupart des races d’ânes sauvages sont en voie d’extinction, comme l’âne sauvage d’Asie (Equus hemionus) ou l’âne sauvage d’Afrique (Equus asinus africanus), mentionnés dans la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). De nombreuses races d’ânes domestiques dans le monde sont menacées. En France, sur les sept races d’ânes, cinq sont en cours d’extinction avec moins de 100 femelles à la reproduction en 2015 (23 ânesses bourbonnaises, 34 ânesses Grand Noir du Berry, 40 ânesses normandes, 43 ânesses de Provence, 88 ânesses du Cotentin) et deux sont en danger d’extinction avec moins de 300 femelles à la reproduction en 2015 (136 ânesses des Pyrénées, 296 baudets du Poitou).

La préservation de ce patrimoine génétique est donc urgente, et passe notamment par la cryoconservation du sperme, des ovocytes et des embryons. La cryoconservation des ovocytes nécessite leur collecte sur des femelles vivantes. Celle des embryons nécessite leur production en grand nombre à partir de quelques femelles, ce qui n’est pas envisageable in vivo puisque ces animaux ne produisent qu’un embryon par cycle de 26 jours. Cette production en grand nombre est envisageable in vitro mais nécessite la collecte d’ovocytes sur des femelles vivantes. Cette collecte est donc une étape incontournable pour la conservation du patrimoine femelle.

Le personnel de la plateforme équine de l’UEPAO de l’Inra a réussi à mettre au point pour la première fois une technique de collecte d’ovocytes sur ânesses vivantes par ponction folliculaire transvaginale sous échographie, en accord avec le comité d’éthique en expérimentation animale Val de Loire. Au total, 92 ovocytes ont été collectés au cours de 22 ponctions, soit en moyenne 4,2 ovocytes par ânesse. Puis, les chercheurs de l’unité PRC ont adapté une technique de maturation in vitro d’ovocytes de jument aux ovocytes d’ânesses, permettant d’étudier pour la première fois la chronologie de la maturation des ovocytes d’ânesses. Il a pu être observé qu’il est possible d’obtenir 44% d’ovocytes d’ânesses matures après 34 heures de culture in vitro.

Ces travaux ont donc permis de développer une technique de collecte in vivo d’ovocytes d’ânesses par ponction folliculaire sous échographie et d’assurer leur maturation in vitro : deux étapes cruciales dans la conservation du patrimoine génétique des espèces en cours d’extinction. Les travaux se poursuivent actuellement avec la mise au point d’une technique de fécondation in vitro visant à obtenir des embryons aptes à la congélation ou au transfert dans une femelle receveuse qui assurera la gestation.

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La phrase du mois

par Pierre Durand, cavalier français

"Être homme de cheval, c'est traiter le cheval comme un autre soi-même et prétendre à la réciproque."

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USA : les ânes sauvages se sont reproduits

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Les Américains semblent sensibles au sort des ânes, beaucoup plus qu'à celui des mustangs sauvages. En 2009, au Nevada et au Colorado, des milliers de mustangs sauvages ont été capturés de manière brutale, poursuivis jusqu'à l'épuisement par des hélicoptères. Officiellement en raison d'une surpopulation qui ne permettait pas aux chevaux de manger à leur faim. Officieusement, peut-être pour libérer des terres pour les éleveurs.

Aujourd'hui, c'est l'Arizona qui doit faire face une surpopulation, celle des ânes sauvages. Ces troupeaux sont les descendants des ânes introduits par les premiers colons espagnols, utilisés par la suite, à la grande époque du Far west, pour travailler avec les mineurs ou les chercheurs d'or.

wild burros

Depuis 1970, ces ânes, les "wild burros", sont protégés par une loi fédérale : ils ne peuvent pas être approchés, ni, a fortiori, chassés. Ainsi protégés, ils se sont reproduits : on en recense environ 5000 en Arizona.

Les ânes se déplacent par troupeaux de plusieurs centaines d'individus, pratiquant la politique de la terre brûlée. Et cela pose problème.

Plusieurs solutions sont envisagées :

wild burros

Source : France Inter

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Nouveau sport de glisse

 

Dans notre numéro de mars 2015, nous vous présentions le ski joëring, le ski attelé. Aujourd'hui, c'est une variante de cette activité, qui peut se pratiquer en toutes saisons, qui est à l'honneur : le skat'âne. Comme son nom l'indique, ce sport se pratique avec un skateboard, attelé à un âne.

C'est l'Association Française de l’Âne Grand Noir du Berry qui a présenté le skat'âne, à l'hippodrome de Lignières, siège du Pôle du cheval et de l'âne. Une démonstration a également été offerte dans une carrière en sable lors du dernier salon de l'agriculture, cette fois sans les roues. Une façon originale de faire connaître la race.

skat'ane

En vidéo : Youtube

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L'image du mois

 

image du mois

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Obligation de diplôme

Extraits de l'article publié par FFE Ressources n°63 du 17 mars 2016

Toute personne exerçant l'activité d'animation, d'encadrement et d'enseignement contre rémunération doit être titulaire d'un diplôme. Cette obligation doit être respectée par la personne qui dispense l'activité mais aussi par la structure qui a recourt à ses services, sur laquelle pèse donc un devoir de vérification.

L'obligation de diplôme s'applique à tout éducateur sportif, que celui-ci exerce en tant que salarié ou enseignant indépendant. Une fois titulaire d'un titre professionnel lui permettant d'animer, encadrer ou enseigner une activité sportive, l'éducateur doit se déclarer auprès de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), qui lui remet une carte professionnelle valable 5 ans et renouvelable. [...] En cas d'absence de diplôme, l'éducateur et la structure faisant appel à lui encourent une peine d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. En outre, l'employeur qui n'a pas vérifié que son salarié est diplômé ne pourra pas licencier celui-ci pour absence de diplôme.

[...]

Une association peut être tentée de recourir occasionnellement à un bénévole afin de remplacer un éducateur absent. Attention, ce n'est pas parce que le bénévole n'est pas rémunéré que l'activité est exercée gratuitement. En effet, que la reprise soit dispensée par l'éducateur ou par le bénévole, cette dernière est payée par le cavalier, donc il s'agit dans les deux cas d'une activité exercée contre rémunération. Le bénévole remplaçant doit donc être titulaire du diplôme requis.

[...]

Une activité exercée gratuitement n'exige pas de diplôme. Toutefois, celui qui dispense l'activité ou la structure qui fait appel à ses services peut tout de même voir sa responsabilité engagée en cas d'accident.

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Dans la presse

article publié par www.sudouest.fr, le 11 avril 2016

Charente-Maritime : pourquoi l’âne de Ré est-il culotté ?

âne culotté
L’âne en culotte appartient au passé agricole de l’île. © DOMINIQUE JULLIAN

Pendant les vacances, une exposition permet aux touristes et autres visiteurs de découvrir que cet accoutrement n’avait jadis rien de folklorique.

Véritable mascotte, partout dans l'île, dans les magasins de presse, les boutiques de souvenirs, les savonneries, l'âne de l'île de Ré portant culotte se décline sous forme de cartes postales, de porte-clefs, de peluches et autres accessoires. Si ce port de la culotte n'est pas sans étonner les touristes et autres visiteurs, une nouvelle exposition du musée Ernest-Cognacq leur permet de découvrir que cet accoutrement n'avait jadis rien de folklorique.

L'âne en culotte appartient au passé agricole de l'île, à une époque où saliculture et viticulture faisaient vivre la grande majorité de la population insulaire.

Apprécié pour son pied sûr, sa rusticité, son calme, l'âne fut, pour le saunier ou le viticulteur, l'animal idéal pour assurer tous types de transport. Quant à la culotte, elle servait à protéger l'animal des diverses agressions extérieures (insectes, épineux, etc.) qui auraient pu le perturber dans la tâche qui lui était demandée.

Sauvé par des passionnés

Fin XIXe, début XXe siècle, avec le déclin des activités agricoles traditionnelles et l'essor de la mécanisation, l'homme délaissa subitement l'âne à un tel point qu'il s'en est fallu de peu pour qu'il disparaisse du paysage rétais. Devenu, aujourd'hui, une des images emblématiques de l'île, l'âne doit sa conservation à une poignée de passionnés qui ont su convertir l'animal à la nouvelle donne économique de l'île : le tourisme.

Par ailleurs, en créant dans l'île un élevage de baudet du Poitou uniquement destiné à la reproduction, la famille Léau a permis de sauver une espèce animale alors en grand danger de disparition. Des baudets qui peuplent les remparts de Saint-Martin-de-Ré et qui font la joie des enfants dans le parc de La Barbette.

Une scénographie ludique et de multiples illustrations humoristiques signées Bruno Delas renforcent l'intérêt que présente cette nouvelle exposition.

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