n°86 - novembre 2016

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Editorial | USA : les chevaux sauvages ne devraient pas être euthanasiés | Deux tiers des populations de vertébrés pourraient disparaitre d’ici 2020 | La phrase du mois | Animalost | Innovation | L'image du mois | Sushis au cheval | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Le bien-être à la une

Le bien-être animal semble être au centre des préoccupations en ce deuxième semestre 2016. Préoccupation sincère ou réponse publique rendue nécessaire par les scandales révélés par les associations de protection animale ? L'avenir le dira.

La Commission parlementaire d’enquête sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français a présenté un rapport de 255 pages, proposant 65 recommandations. A l'issue de la conférence de presse présentant le rapport, le ministère de l'Agriculture a publié un communiqué précisant que "Stéphane Le Foll a fait du bien-être animal et notamment de la protection animale en abattoir une de ses priorités d’action".1

Du côté des vétérinaires, les colloques se succèdent.

Le 13 octobre dernier, pour son 250ème anniversaire, l’École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA) a accueilli le colloque "Bien-être animal et société", à destination des vétérinaires, enseignants, scientifiques, chercheurs, éleveurs et politiques.

"René Carlson, présidente de la World Veterinary Association, a souligné que le bien-être animal était la clé de la santé animale, et que c’est le rôle des vétérinaires d’y veiller en éduquant les propriétaires des animaux et les professionnels, tout autant que les responsables politiques. Puis Françoise Demode, directrice de l’Association des anciens élèves de l’ENA, a rappelé que le bien-être animal est une forte demande sociétale, dont Michel de Montaigne avait tracé le contour, considérant que nous devions la justice aux hommes tout autant que la douceur et la bienveillance aux animaux, un véritable devoir de civilisation". 2

Du 15 au 18 novembre, le colloque scientifique annuel des associations ESLAV-ECLAM sera dédié au bien-être animal. L'ESLAV est l’association européenne qui regroupe les vétérinaires spécialisés dans le "domaine biomédical", soit, en français, spécialisés dans la recherche avec les animaux de laboratoire.

Ouvertes à tous, les interventions autour du thème "animaux de labo, de compagnie, de rente, de zoo, de loisir,... etc. Tous devraient avoir droit au même bien-être" seront complétées par des ateliers pour se former à l'évaluation du bien-être, suivis d'une mise en pratique sur le terrain.

Récemment, 23 personnalités ont lancé une pétition qui sera adressée au Premier Ministre, demandant au gouvernement la création d'un secrétariat d'Etat à la condition animale. "Pour que les évolutions scientifiques en faveur des animaux domestiques et sauvages soient prises en compte dans les décisions politiques, éducatives, économiques, sociales ; que des budgets dignes de ce nom soient consacrés au développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale ; que de nouvelles économies alternatives à l’exploitation animale soient encouragées et soutenues, favorisant ainsi la création d’emplois et de nouvelles entreprises ; que la place de l’animal dans l’éducation soit repensée ; que soit favorisé un enseignement du droit animalier dans les universités ; que les policiers et magistrats soient formés au bien-être animal ; que les contrôles pour lutter contre la maltraitance soient renforcés et que les actes de cruauté soient punissables ; que des médiateurs pour les animaux soient envisagés pour veiller à l’application des lois et du droit."3

1 source : http://www.lafranceagricole.fr/.
2 Extrait de l'article publié par La Semaine Vétérinaire n° 1692.
3 Signer la pétition : www.change.org.

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USA : les chevaux sauvages ne devraient pas être euthanasiés

 

Dans le dernier numéro d'ékilibre, nous reprenions un article de presse annonçant le projet d'euthanasie de 45000 chevaux sauvages aux Etats-Unis. Sous la pression internationale, initiée par les associations de protection animale, le Bureau of Land Management (BLM), en charge de la préservation de la nature, a fait machine arrière et a publié sur son site :"le BLM n’euthanasie et n’euthanasiera pas des animaux en bonne santé".

Une autre solution devra être trouvée pour faire face à la surpopulation des équidés sauvages, les associations restent vigilantes.

Source : www.lci.fr

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Deux tiers des populations de vertébrés pourraient disparaitre d’ici 2020

publié par WWF

Les populations de vertébrés - poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles - ont chuté de 58% entre 1970 et 2012. Et si nous ne faisons rien pour inverser la tendance, ce déclin pourrait continuer à s’aggraver jusqu’à atteindre 67% d’ici 2020. C’est sur ce nouveau constat alarmant que s’ouvre l’édition 2016 du Rapport Planète Vivante, analyse scientifique réalisée tous les deux ans par le WWF concernant la santé de notre planète et l'impact de l'activité humaine.

Pour mesurer l’évolution de milliers de populations d’espèces vertébrées partout dans le monde, le WWF s’appuie sur l’Indice Planète Vivante, indice reconnu de l’état écologique de la planète. Cette année, la Société zoologique de Londres qui le calcule a utilisé les données scientifiques collectées sur 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces vertébrées.

S’il était encore nécessaire de démontrer la responsabilité de l’Homme dans ce déclin de la biodiversité, le Rapport Planète Vivante 2016 s’appuie sur un second indicateur, l’Empreinte écologique, qui mesure l’aptitude de plus en plus limitée de la planète à subvenir aux besoins de l’humanité.

Lire la suite : www.wwf.fr

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La phrase du mois

par Nuno Oliviera, maître écuyer portugais (1925–1989)

"L'art équestre commence par la perfection des choses simples."

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Animalost

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Animalost est une application gratuite pour téléphone mobile dédiée à la recherche d'animaux perdus. Tout comme PetAlert sur Facebook, l'application permet de publier une alerte pour un animal perdu ou pour un animal vu en divagation.

La publication est simple (on voit un animal perdu, on le prend en photo et on publie la photo) et précise grâce à la géolocalisation .

L'application est encore jeune et ouverte aux suggestions, comme par exemple, l'ajout de catégories d'animaux autres que chats et chiens.

captures d'écran

Site web : www.animalost.fr

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Innovation

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Aujourd'hui, nous vous présentons un objet simple, que tous les cavaliers utilisent : un tapis de selle. Ce tapis, fabriqué par Tacante, n'est pas connecté à votre smartphone, n'est pas équipé de wifi ou de bluetooth, mais il n'en est pas moins innovant.

Dans son ergonomie, pour commencer : il est pensé pour favoriser un bon positionnement de la selle sur le dos du cheval, principalement grâce à un passage de sangle, breveté, intégré dans la couture.

tapis

Ensuite parce qu'il s'agit d'un produit éco-responsable. Constitué à 30% de tissu recyclé (issu des bouteilles plastiques), sa fabrication, en France, a une empreinte carbone réduite. Sa durée de vie est estimée à deux fois celle d'un tapis classique, et une fois usé, Tacante le récupère pour le recycler.

Le tapis, facile d'entretien, est construit à partir de quatre couches de tissus techniques permettant l'absorption puis la dispersion de l’humidité et la redistribution de la pression.

Site web : http://tacante.com

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L'image du mois

 

image du mois

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Sushis au cheval

 

Le 20 octobre, le Sénat a débattu sur les conclusions du rapport intitulé « Le monde du cheval : favoriser le rebond d'une filière d'excellence en difficulté » réalisé par Anne-Catherine Loisier, sénatrice de la Côte-d’Or.

Extrait du rapport :

"Le secteur de la viande de cheval est, pour sa part, soumis à une tendance baissière de long terme puisque sa consommation a été divisée par cinq depuis les années 1980. La viande chevaline, qui reste consommée par environ 20 % des foyers français provient essentiellement de l’importation tandis que la production française est exportée.
Ce marché nous réserve peut-être de bonnes surprises pour l’avenir. En effet, le groupe d’études s’est intéressé à la mise en place d’une filière d’exportation de viande de cheval vers le Japon. Elle connaît des difficultés initiales de définition et de vérification des normes sanitaires. Le plus frappant se situe dans la claire manifestation de volonté des acheteurs japonais de surmonter les obstacles administratifs et douaniers pour acquérir des produits français qui ont l’avantage de bénéficier d’une parfaite traçabilité et qui correspondent à une demande du consommateur nippon pour les sushis à la viande de cheval".

Rapport intégral : cliquer ici

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Dans la presse

article publié par www.maxisciences.com, le 6 octobre 2016

Les chevaux peuvent apprendre à communiquer avec l'homme

par Emmanuel Perrin

Une nouvelle étude menée par des chercheurs norvégiens affirme qu’il est possible de former les chevaux pour leur apprendre à communiquer avec les humains.

N'importe quel propriétaire de cheval pourrait vous le dire. Il est possible de tisser des liens forts avec un cheval. Certains n'hésitent même pas à affirmer qu'on peut communiquer étroitement avec lui. Aujourd'hui, une nouvelle étude semble donner raison à tous les amoureux des chevaux. Dialoguer avec un équidé serait bel et bien possible.

Publiée dans la revue Applied Animal Behaviour Science, l'étude en question a été menée par des chercheurs norvégiens et affirme que les chevaux peuvent être formés pour formuler des besoins simples par l’intermédiaire de symboles inscrits sur un panneau. Pour en arriver à de telles conclusions, l’équipe de l’université norvégienne des Sciences de la vie à Oslo, a étudié durant deux semaines le comportement de 23 chevaux de races et d’âge différents.

Communiquer autour du besoin de couverture

Au cours de cette période, les animaux ont appris à communiquer à l’aide de trois symboles différents. Leur apprentissage a été motivé par un système de récompenses (en l'occurrence des tranches de carottes) valorisant les progrès. Au cours de cette préparation, les équidés ont appris à distinguer le sens de chaque pictogramme pour formuler un besoin bien particulier : celui de la couverture.

Le premier dessin, représenté sous la forme d’une ligne horizontale, signifiait la volonté d’être couvert tandis que le deuxième, celui de la barre verticale, renvoyait à la demande d’être découvert. Quant au troisième symbole, celui du vide, il voulait tout simplement dire que la situation était très bien comme telle et n’avait pas besoin d‘être changée.

Les chevaux ont d’abord été encouragés à toucher le panneau avec leur museau, puis à le faire sur un symbole particulier pour obtenir la réponse appropriée à leur besoin. L’expérience a été répétée a de nombreuses reprises dans différentes conditions météorologiques. Les résultats suggèrent que la formation a été un succès pour l’ensemble des sujets.

Un choix non aléatoire

"Les chevaux ont été formés pendant dix à quinze minutes par jour en utilisant un programme comprenant dix étapes selon un ordre stratégique. Ils ont tous compris la signification des trois symboles", affirment les auteurs dans leur étude. Mais les conclusions sont allées au-delà.

Les scientifiques ont constaté que plutôt que de faire des choix aléatoires, les chevaux ont rapidement démontré qu’ils étaient davantage susceptibles de choisir l’option "couverture" les jours où le temps était humide et froid mais ne le faisaient pratiquement jamais lors de journées ensoleillées.

Autrement dit, ils ont parfaitement saisi le sens des pictogrammes et ont appris à les utiliser en conséquence. "Je pense que notre étude apporte de la connaissance sur la cognition du cheval - sur ce que les chevaux sont capables d'apprendre et comment ils pensent", a commenté pour BBC News, Cecilie Mejdell de l'Institut vétérinaire de Norvège et principal auteur de l'étude.

Des animaux qui peuvent communiquer et exprimer leur opinion

"Les chevaux sont souvent considérés comme n'étant pas très intelligents mais cela montre qu'en utilisant les bonnes méthodes, ils peuvent en réalité communiquer et exprimer leurs opinions, ils peuvent faire des choix qui nous paraissent même sensibles", a poursuivi la spécialiste.

Selon les chercheurs, n’importe quelle personne pourrait former son cheval de cette façon. Cet apprentissage pourrait leur permettre de mieux comprendre ce qu’il pense pour mieux répondre à leurs besoins et favoriser leur bien être. Par ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'une étude se penche sur les capacités de communication du cheval.

Début 2016, des chercheurs de l'Université du Sussex avaient déjà dévoilé des travaux concluant que les chevaux sont capables de décrypter une partie des émotions humaines et de se comporter en conséquence.

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