n°92 - mai 2017

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Editorial | Concours Equitable-Corse à Castirla | Championnats de Corse de dressage | La phrase du mois | La Communication Intuitive® Anna Evans | Voyager avec son cheval | L'image du mois | Le Hobby Horsing | Dans la presse

Editorial

par Laetitia Taillade-Maraninchi

L'interdiction des cirques avec animaux

Avec la saison et les touristes, arrivent les spectacles itinérants qui feront étape dans les villes de Corse, plusieurs fois, d'ici la fin de l'été. Parmi eux, on retrouve, chaque année, plusieurs cirques, de plus ou moins grande envergure. Tous avec des animaux.

On peut voir les fauves qui ne sortent de leur cage minuscule que pour travailler, les équidés attachés à longueur de journée en plein soleil, et parfois des animaux exotiques au sort aussi peu enviable.

Souvent, les gens du cirque viennent quémander quelques ballots de foin auprès des écuries locales. Si ces derniers ne peuvent pas leur en donner ou leur en vendre (on sait que l'approvisionnement n'est pas toujours facile dans l'île) , on peut se demander ce que mangent les animaux ...

Chaque mairie peut choisir d'interdire les cirques avec animaux sur son territoire, soit par arrêté pris par le maire seul, qui doit ensuite être approuvé par le Préfet, soit par délibération lors d’un conseil municipal.

En Corse, seules deux communes ont pris cette décision : Ajaccio et Prunelli. Les conseils municipaux de Furiani et Lecci n'ont pas adopté les délibérations qui ont été soumises au vote.

Dans son édition du 8 mars dernier, Corse-Matin salue le sauvetage de 2 fauves : "La mobilisation a porté ses fruits. En août dernier, à l'occasion de la tournée estivale en Corse d'un petit cirque familial venu du Continent, l'association de défense de l'environnement et de protection des animaux Global Earth Keeper avait attiré l'attention des pouvoirs publics et des médias et en l'occurrence de notre quotidien Corse-Matin, sur les mauvaises conditions de détention des animaux dans ce cirque. Ce dernier avait posé son chapiteau plusieurs semaines sur la commune de Lecci en Corse-du-Sud. Lors d'un reportage sur place, nous n'avions pu que constater la situation déplorable dans laquelle vivaient les animaux à la santé précaire, dans des espaces sous-dimensionnés et des conditions d'hygiène douteuses. La situation était tout particulièrement inquiétante pour deux fauves apathiques condamnés à rester dans leur camion-cage car inaptes à participer aux spectacles proposés par le cirque.

La priorité de l'association s'est donc focalisée sur ces deux animaux. Sa mobilisation et l'article de presse paru dans nos colonnes ont permis d'activer les contrôles des services de l'État et notamment de la direction des services vétérinaires. Un dialogue a été engagé avec les propriétaires du cirque en partenariat avec Global Earth Keeper. La famille propriétaire du cirque a concédé que le cirque traditionnel avec animaux n'avait plus le vent en poupe auprès du public. Un constat qui a mené le cirque à envisager une reconversion dans les spectacles avec engins motorisés et à se débarrasser de ses animaux à la fin de sa tournée nationale.

Ils ont tenu parole. Tous les animaux n'ont hélas pas pu retrouver un avenir loin des cages. La plupart d'entre eux ont été revendus à d'autres cirques encore en activité.

Seuls ont pu échapper à cette vie de captivité à des fins de divertissement le couple de fauves qui ne participait plus aux spectacles. Rebaptisés Jimmy et Lolita, ils ont été pris en charge, après avoir été rachetés au cirque par l'antenne corse de Global Earth Keeper, par l'association Tonga terre d'accueil située en Auvergne. Un refuge pour les primates et les félins sauvages abandonnés ou saisis, où ils seront soignés et remis sur pied avant d'être placés dans un parc zoologique pour une retraite bien méritée".

Je salue l'action menée par Global Earth Keeper, et je note, au passage, que le cirque n'a pas donné mais vendu des animaux devenus inutiles pour eux. Et je me demande si les pouvoirs publics seraient intervenus sans l'intérêt des médias pour cette cause...

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Concours Equitable-Corse à Castirla

par Laetitia Taillade-Maraninchi

Pour la deuxième fois, Equitable-Corse a organisé deux concours de différentes disciplines sur une même journée : Equifeel et épreuves spéciales PTV du TREC. C'était le 9 avril dernier, à Castirla, grâce à l'hospitalité de la famille Luciani.

Lors de la première édition, les cavaliers, majoritairement venus pour le TREC, découvraient l'Equifeel et semblaient se prendre au jeu de cette discipline basée sur la complicité avec son équidé.

Cette année, pour notre grand plaisir, en plus des amateurs de TREC, nous avons accueilli des compétiteurs qui avaient fait le déplacement uniquement pour l'Equifeel. Nous continuerons donc à développer cette discipline, que peuvent même pratiquer les équidés en pré-retraite. Et pourquoi pas les ânes ?

Prochain rendez-vous le 10 décembre, en Balagne.

Equifeel
photo Sandrine Querci

Grand merci à tous les participants, aux nombreux bénévoles et à Cavall'in Festa et FAE Equiloisirs, notamment pour le prêt et la manutention du rond de longe.

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Championnats de Corse de dressage

par FAE Equiloisirs

Pour les Championnats de Corse 2017 qui se dérouleront les 27 et 28 mai, le centre équestre Equiloisirs-Fae organise un repas spectacle (spectacle ouvert à tous les clubs) le samedi soir.

Tarifs :

Les espaces de logement pour chevaux sont limités, les premières réservations seront avantagées.

Pour le logement du samedi soir, nous pouvons avoir des tarifs intéressants sur des mobil-homes, qui se situent au camping Santa Barbara à 3 minutes du centre équestre, soit en hôtel en centre ville.

Bulletin d'inscription à télécharger et retourner rapidement :

miniature bulletin

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La phrase du mois

proverbe tibétain

"Un bon cheval doit savoir porter son maître dans une montée et un bon maître doit savoir mettre pied à terre dans la descente".

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La Communication Intuitive® Anna Evans

 

Nous avons souvent senti que "quelque chose" se passe entre les animaux ou les êtres que nous aimons et nous, "comme si" nous les comprenions au-delà des mots... De fait, certaines personnes font spontanément l'expérience d'une communication directe au quotidien avec leur entourage animal, d'un "dialogue intuitif", mais il n'est pas toujours facile de se faire confiance, ou de vivre cela quand on veut... Ce processus peut être développé et enseigné. Ainsi, avec un apprentissage approprié et un peu d'entraînement, tous peuvent accéder à cette capacité.

Grâce à elle, il est possible de mieux se faire comprendre d'un animal et de devenir capable de lui transmettre des messages qu'il comprendra facilement. La Communication Intuitive® est utile dans toutes sortes de situations concernant notre relation aux animaux : nous apprenons à percevoir finement ce que vit l'animal que nous côtoyons, et en fonction de nos motivations, nous pouvons alors approfondir à volonté notre relation avec lui. Cette approche, que nous avons souvent envie de découvrir pour vivre autrement avec nos chevaux, nos chiens, nos chats, etc., peut aussi être employée pour développer nos relations avec les animaux sauvages.

La Communication Intuitive® : pour qui ?

Les formations d'Anna Evans s'adressent à tous ceux qui cherchent à développer concrètement une relation plus éthique avec les animaux, dans un environnement dynamique et stimulant :

Anna Evans sera en Corse pour animer un stage sur la Communication Intuitive® du jeudi 25 au lundi 29 mai 2017 (de 9h30 à 17h30), week-end de l’Ascension, au Centre Equestre Equiloisirs à Corte.

Tarif : 115 euros par jour (possibilité de s’inscrire à 1 ou plusieurs ateliers). Acompte de 60 euros pour réserver votre place (par chèque non encaissé ou virement bancaire), règlement du solde au début du stage.

Hébergement possible sur place sur réservation, repas de midi facultatif 15 euros/jour, box pour vos chevaux 10 euros/jour.

Renseignements atelier : contactez Monica, ateliers@annaevans.org; renseignements repas et hébergements : contactez Blanche, blanche.lambardan@wanadoo.com 0680265095.

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Voyager avec son cheval

 

Grâce au site Internet staybler.com, il est désormais plus facile se déplacer en Europe avec sa monture. Ce service permet de rechercher et réserver en ligne des hébergements (box, pré ou paddock). Les cavaliers pourront choisir entre des écuries de compétition ou de transit, des centres de soin ou même des gîtes équestres où ils pourront séjourner tout près de leur équidé.

Le site étant français, le choix n'est pas encore très important à l'étranger, mais évolue régulièrement. On peut d'ores et déjà réserver un box en Espagne, dans un centre équestre situé en ville, à Salamanque, pour 30€ par nuit, ou résider avec son cheval au Nord d'Amsterdam au Horse Hotel Holland BV. Si votre cheval a besoin d'une remise en forme, il pourra séjourner en Belgique dans un centre de physiothérapie et d'ostéopathie équine, pendant que vous visiterez les alentours.

capure écran du site

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L'image du mois

 

image du mois

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Le Hobby Horsing

 

Hobby horsing

C'est la mode qui fait rage auprès des adolescentes finlandaises : l'équitation sur un faux cheval.

Le hobby horsing est d'ailleurs devenu un sport, avec des compétitions, qui compterait plus de 10 000 pratiquantes en Scandinavie.

En plus de l'aspect athlétique bien positif, les jeunes filles rivalisent d'imagination en fabriquant leur équidé et son harnachement.

Source : www.konbini.com

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Dans la presse

article publié par La nouvelle tribune (Maroc), le 25 avril 2017

Lettre ouverte au Ministre des Transports: SUPPLIQUE DE MULE

Une mule nous a fait parvenir cette lettre ouverte que nous publions bien volontiers.

Monsieur Le Ministre des Transports.

Je suis une mule et j’ai été désignée par les mules et les mulets à l’issue de notre récent congrès pour vous adresser une requête. Et comme il n’y a pas de ministère de la condition animale et que notre métier, c’est le transport, c’est donc tout naturellement à vous que je m’adresse. De quoi s’agit-il ?

Comme la plupart de mes congénères, j’habite et je travaille à la périphérie de Marrakech dans des conditions préfigurant l’enfer. Tirer sans arrêt des chargements très lourds ne nous fait pas peur ; nous sommes des travailleurs.

En revanche, nous ne comprenons pas pourquoi les muletiers nous frappent systématiquement et violemment alors qu’on ne refuse jamais d’avancer. Ils rythment les coups de cravache, de lanière de cuir ou de bâton selon leurs humeurs.

Et s’il nous arrive de caler à cause d’un chargement trop lourd, ils pensent nous faire avancer plus vite en cognant encore plus fort, quelquefois même avec des barres de fer, sur les mêmes plaies ankylosées, là où les poils ne repoussent plus depuis longtemps.

C’est la même cadence infernale de l’aube à la nuit tombée. Nous n’avons le droit ni d’être fatigués, ni d’être malades, ni de tomber en panne comme ces triporteurs importés de Chine.

Vous devez penser que telle est fatalement notre destinée et que vous n’y pouvez rien. Si telle est votre conviction, quid alors de toutes ces balivernes que vous vous échangez entre humains à longueur d’année, sur la miséricorde divine et sur ces prophètes et leurs compagnons qui recommandent d’aimer les animaux puisqu’ils sont des créatures divines ?

Accordez-moi l’audace de pointer ces petites lâchetés et permettez-moi de mieux nous faire connaître. Nous sommes mal nés parce que nous existons par accident, suite à l’accouplement grotesque d’un âne et d’une jument. Depuis toujours, nos petits naissent du hasard des rencontres manigancées aux marchés aux bestiaux, lors de sordides traquenards montés par les humains pour produire des bêtes de somme.

Cela se passe au cours de saillies furtives et de copulations volées dans des enclos à la sauvette, entre les juments et les ânes, là où rien n’inspire l’amour, ni la tendresse et où tout n’est que crottes, bouses, violence et odeurs pestilentielles.

Essayez d’expliquer à vos écoliers que nous sommes nés pour ne pas avoir d’enfants, que nous sommes des bêtes stériles et que cependant nous pouvons avoir des enfants qui ne sont pas de nous. Ils n’y comprendront rien parce que l’absurde se mêle à la quadrature du cercle ; c’est une mule qui vous le dit.

Mais ne leur dites pas que nos petits se font tout le temps traiter de bâtards, y compris par les ânes. Il est vrai que nous partageons avec les ânes et les ânesses, les mêmes fournées de coups quotidiens, mais ils restent néanmoins plus chanceux que nous puisqu’ils peuvent s’aimer et fonder une famille. L’amour chez les ânes reste toujours l’amour, avec des préliminaires d’ânes, différents des vôtres certes, même si – sauf votre respect – il vous arrive de vous vanter de faire l’amour comme des bêtes.

Privés d’accouplement, nous sommes donc interdits d’amour et d’affection. Les hommes nous disent que c’est écrit dans nos gênes. La belle affaire ! Parlez-en à votre épouse. Dites-lui qu’une mule vous a écrit pour se plaindre de n’être jamais courtisée et de n’avoir jamais entendu de mots d’amour. Je suis certaine qu’elle me comprendra.

Vous conviendrez, monsieur le Ministre, que tout ceci est injuste et anormal et vous devez savoir certainement que même le Prophète Salomon, un brave homme pourtant, n’a rien pu faire pour arranger les choses ; lui qui aimait tant les animaux.

Non seulement nous sommes mal nés mais nous ne sommes pas beaux non plus. Les mulets sont réputés tristes. Ils ont le poil terne et le teint terreux. Ils sont difformes, jamais alertes et même quand ils sont jeunes, ils ne gambadent pas comme les poulains et les ânons. D’autre part, nous savons qu’il n’y aura jamais ni de salon du mulet, ni de fête du mulet. Citez-moi un seul tableau de peinture représentant un mulet ; un seul poème à la gloire d’une mule. Avez-vous déjà pris la pose à côté d’un mulet ? Admettez que quand vous traitez quelqu’un de « mulet », ce n’est pas pour vanter son ardeur à la tâche mais pour le rabaisser et quand vous dites de quelqu’un que c’est une « tête de mule », ce n’est sûrement pas pour le complimenter. Bref, rien qui fasse envie et tout pour faire pitié, alors pourquoi ajouter le malheur à la malédiction ?

Voilà pourquoi nous haïssons les muletiers des villes. Savez-vous que lorsque l’un de nous est très malade ou qu’il est trop vieux pour travailler, l’homme le défait de la charrette et l’emmène finir sa vie loin de l’endroit où il dort habituellement pour ne pas avoir à s’occuper de son cadavre ? Il mourra dans la solitude et la poussière, comme les chiens errants. Ce jour-là, il n’y aura ni mule ni mulets pour le pleurer.

Si cela vous semble improbable, passez donc à la fin du jour à Souk Eddebbène sur le bord de l’oued Issyl, ou à la sortie de Chouhada, le long de la route qui mène vers Ouarzazate et arrêtez-vous un instant devant ces silhouettes d’animaux immobiles. Vous trouverez des vieux mulets exténués, la langue pendante, le souffle saccadé et l’œil presque clos.

Il y en a qui boitent, d’autres qui ont des plaies ouvertes. Leurs maîtres les ont abandonnés puisqu’ils sont devenus inutiles. Parfois une bête s’effondre devant vous, dans un dernier râle silencieux, comme pour ne pas déranger et comme pour s’excuser de vous encombrer de son cadavre. Elle soulève de petits nuages de poussière dans un dernier sursaut de ses pattes en fin de vie.

Les autres bêtes qui tiennent encore debout savent qu’elles n’en ont plus pour longtemps et que tout à l’heure, au petit matin, on viendra enlever le cadavre pour faire place nette sur les abords de cette route toute neuve qui mène vers les terrains de golfs et les belles résidences.

Enfin, pour revenir à l’essentiel, permettez-moi de vous préciser que nous ne demandons pas l’impossible. Dites seulement à vos hommes de nous éviter le martyr, de ne plus nous frapper sans raison et de nous laisser nous éteindre dans le calme.

Comme tous les travailleurs, nous avons notre dignité et nous n’attendons pas de faveur. Va encore pour une vie sans égards ni gloire, mais laissez-nous un peu de dignité quand vient la mort. Dites-le dans vos mosquées, dans vos écoles, dans les souks et dans tous les rassemblements des humains. Dites qu’on cesse de nous violenter inutilement puisque nous sommes nés pour travailler. Serait-ce trop vous demander après vous avoir tant donné ?

La déléguée des mules et des mulets.

Lettre traduite par Saad Khiari, Cinéaste – Auteur

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